Ancien joueur de l’USM El-Harrach, Kheireddine Layadi, suit toujours de près l’actualité de son ancien club, actuellement engagé dans la course à l’accession en Ligue 1 professionnelle. Aujourd’hui reconverti dans la formation des jeunes, il évoque dans cet entretien son parcours actuel, son regard sur l’USMH et les chances du club de retrouver l’élite du football algérien.
Où se trouve actuellement Kheireddine Layadi ?
Je suis actuellement dans le domaine de l’entraînement. J’occupe un poste d’entraîneur au niveau des catégories de jeunes du club Ligue communale Sidi M’hamed (LCSM) à Alger. Après avoir mis fin à ma carrière de joueur, j’ai choisi de me tourner vers le coaching, et plus précisément la formation. C’est un domaine qui me passionne, car il permet de transmettre son expérience aux nouvelles générations.
Donc vous êtes toujours dans le monde du football…
Oui, je suis toujours dans le football, mais cette fois en tant qu’entraîneur et non plus comme joueur. Notre objectif est de former de jeunes talents capables d’atteindre le haut niveau et d’apporter une contribution au football algérien à l’avenir, inch’Allah.
Votre ancien club, l’USM El-Harrach, lutte pour l’accession pour la deuxième saison consécutive. Que pouvez-vous dire à ce sujet ?
J’ai passé quatre années magnifiques dans ce club, entre 2001 et 2005. Ce fut l’une des plus belles périodes de ma carrière. L’USMH est un club historique qui possède une grande tradition dans le football algérien. Sa place naturelle n’est pas en deuxième division. C’est un club qui possède également un public exceptionnel, l’un des plus fidèles et passionnés du pays. J’espère sincèrement que cette saison sera celle du retour en Ligue 1 professionnelle après l’échec de la saison dernière.
Comment évaluez-vous l’équipe et ses chances d’accéder ?
L’accession est toujours un objectif difficile à atteindre pour tous les clubs. L’USMH vit cette expérience pour la deuxième saison consécutive. Jusqu’à présent, je dirais que le parcours de l’équipe est très honorable. Les résultats montrent que l’équipe réalise un parcours digne d’un champion, tout comme la saison dernière. Le fait de rester invaincu pendant 16 matchs prouve la solidité et la valeur de cette équipe. Cependant, il ne faut pas oublier que la JS El-Biar réalise également une saison exceptionnelle. Elle occupe actuellement la première place avec six points d’avance sur l’USMH. Les chances d’El-Harrach restent intactes, car il reste encore huit journées de championnat. Mais la mission s’annonce difficile face à un concurrent aussi solide.
Pensez-vous que l’équipe peut rattraper l’écart de six points avec la JSEB?
Dans le football, tout reste possible tant que le championnat n’est pas terminé. L’USMH peut très bien combler cet écart et reprendre la tête du classement. Toutefois, la tâche sera compliquée et très difficile, surtout que l’équipe a perdu l’avantage devant la JSEB dans les confrontations directes en cas d’égalité de points. Malgré cela, l’espoir demeure. Les joueurs doivent continuer à croire en leurs chances et à se battre jusqu’à la dernière journée. Tout peut encore se décider lors de la 28e et ultime journée du championnat.
Selon vous, que manque-t-il à l’équipe pour atteindre son objectif ?
Je pense que la question financière reste le principal problème. Depuis l’époque où j’étais joueur dans ce club, l’USMH a toujours souffert de difficultés financières. Malheureusement, la situation s’est encore compliquée ces dernières années. Le club a besoin d’un véritable soutien financier pour retrouver sa place naturelle parmi l’élite. Si on compare la situation de l’USMH avec celle de la JSEB, on remarque que ce dernier dispose de moyens bien supérieurs. C’est logique qu’il soit en tête du classement. Si l’USMH avait bénéficié des mêmes conditions, je pense que l’accession aurait pu être assurée bien plus tôt.
Cette année, il y a la possibilité de jouer le play-off en terminant deuxième ou troisième. Est-ce une opportunité ?
Oui, c’est une excellente opportunité pour maintenir l’espoir. Cette formule permet aux équipes de continuer à croire en leurs chances même si elles ne terminent pas premières. Je pense que l’USMH peut au minimum terminer à la deuxième place. Je vois même le club comme un sérieux candidat à la montée. Si l’accession directe ne se concrétise pas, elle pourra très bien être obtenue à travers le play-off.
Quel conseil donneriez-vous aux joueurs ?
Les joueurs donnent tout sur le terrain, et cela se voit. Ils dominent souvent leurs adversaires, contrôlent les matchs et récoltent les points, malgré l’absence de soutien financier. Il ne faut pas oublier qu’avant l’arrivée du président Salim Rebbah, l’équipe avait réussi à enchaîner les victoires sans véritable direction. Je lui souhaite d’ailleurs beaucoup de réussite dans sa mission. Mon conseil aux joueurs est simple: se concentrer uniquement sur le terrain et sur leur travail. Ils doivent aborder chaque match séparément et chercher à obtenir le meilleur résultat possible. Lorsque les résultats suivent, tout le reste finit par s’arranger: les finances, les primes et la stabilité. Je tiens aussi à saluer le travail du staff technique dirigé par Abderrahmane Osmane. Depuis son arrivée, il a su redonner de l’énergie au groupe et raviver l’ambition des joueurs. L’équipe souffrait auparavant d’un blocage mental, mais les choses se sont nettement améliorées.
Quel message adressez-vous aux supporters ?
J’ai passé quatre belles années à l’USMH et j’ai toujours entretenu une relation respectueuse avec les supporters. Je les apprécie énormément, et je sais qu’ils me rendent cette affection. Je leur demande de continuer à soutenir leur équipe jusqu’au bout de la compétition. L’accession est un objectif difficile, surtout dans un contexte marqué par des problèmes financiers et administratifs. Pourtant, malgré toutes ces difficultés, l’équipe est toujours dans la course. Cela montre la détermination des joueurs à réaliser quelque chose de grand pour ce club historique. Les supporters méritent de voir leur équipe évoluer à nouveau parmi les grandes formations du football algérien. Je profite de cette occasion pour saluer chaleureusement les fans harrachis et leur souhaiter de voir leur club retrouver très bientôt sa place naturelle parmi l’élite du football national.
F. Ch.





