Comme révélé hier, la Confédération africaine de football a définitivement arrêté le calendrier de ses compétitions sélections et clubs pour l’année 2026. Une année très particulière, puisqu’elle sera rythmée par la Coupe du monde, mais surtout par un enchaînement de dates qui ne laisse pratiquement aucun répit aux sélections africaines.
Entre la fin obligatoire des championnats en mai pour permettre aux clubs de préparer le Mondial, les compétitions africaines intercalées, les éliminatoires des JO et surtout la reprise internationale dès septembre, le calendrier est tout simplement étouffant. Et c’est précisément ce point qui met aujourd’hui la FAF sous pression. Car entre la fin de l’aventure américaine en juillet et la reprise avec le début des éliminatoires de la CAN 2027 en septembre, il n’y a même pas deux mois pleins. Un laps de temps trop court pour se permettre un changement de sélectionneur. Voilà pourquoi, en coulisses, le dossier Petkovic est devenu prioritaire.
Walid Sadi n’a pas attendu. Présent au Maroc durant la CAN, il avait déjà entamé des discussions avec le technicien suisse. Elles avaient été mises en pause pour se concentrer sur la compétition. Le moment est désormais venu de rouvrir officiellement le dossier. Rien n’a encore été signé. Le contrat initial, paraphé en février 2024, court toujours avec son objectif clair : atteindre le deuxième tour du Mondial. Mais le contexte a changé. Le calendrier de la CAF oblige la FAF à anticiper.
Anticipation
Petkovic sort d’une CAN 2025 globalement réussie. Un premier tour convaincant qui a redonné de l’enthousiasme, avant ce quart de finale perdu face au Nigeria dans un match très contesté sur le plan arbitral et dont la gestion technique a suscité des débats. Malgré cela, le bilan du Suisse reste solide : 25 matchs, 19 victoires, 3 nuls, 3 défaites et surtout une qualification à la Coupe du monde après 12 ans d’absence.
Le sélectionneur a d’ailleurs reçu les félicitations du président de la République par l’intermédiaire du ministre des Sports Walid Sadi en marge d’un récent Conseil des ministres. Un signal fort qui confirme qu’il bénéficie du soutien des autorités.
Mais au-delà du bilan sportif, c’est le facteur temps qui dicte tout.
Facteur temps
La FAF ne veut surtout pas revivre le scénario de 2014. Après le Mondial brésilien, la cassure entre Halilhodzic et la FAF avait obligé l’Algérie à attaquer les éliminatoires de la CAN 2015 avec Gourcuff. La qualification avait été obtenue, mais la fracture était réelle et ses effets se sont ressentis par la suite avec un chantier tactique rouvert mais qui n’a jamais été mené à bon port… Cette fois, et selon des échos, la FAF veut éviter toute rupture. Sadi compte ouvrir les négociations dès la prochaine arrivée de Petkovic à Alger pour lui proposer un nouveau contrat à objectifs, avec un horizon clair : CAN 2027, CAN 2028, voire peut-être une partie des éliminatoires du Mondial 2030.
Nouvelles bases
Le technicien suisse sait qu’un nouveau cycle s’annonce. Il devra composer sans plusieurs cadres de l’ère actuelle. Mahrez, Mandi, Bounedjah, Belaïli et d’autres ne seront probablement plus là. La CAN 2027, prévue en Afrique de l’Est en juillet, se jouera avec un groupe largement renouvelé. Petkovic a également été transparent avec Sadi. Durant la CAN, il a reçu des approches de certaines sélections (la Pologne serait toujours d’actualité). Il a choisi de ne pas y répondre et en a informé le président de la FAF par souci de clarté. Un geste apprécié en haut lieu. Le futur contrat devrait être court, assorti de conditions et d’objectifs précis. Et surtout, une éventuelle prolongation ne signifiera pas qu’il continuera automatiquement après la Coupe du monde. En cas d’échec, des clauses permettront de réévaluer la situation.
Échéances
Mais pour la FAF, l’urgence est ailleurs. Les prochaines dates FIFA tombent très vite : du 21 au 30 septembre, du 1er au 6 octobre, puis du 9 au 17 novembre. Ce sont les fenêtres annoncées pour lancer et terminer les éliminatoires de la CAN 2027, et entre la fin de l’aventure en Amérique et la reprise, le temps sera très court, d’où l’importance d’en finir dès ce printemps. Le compte à rebours est donc lancé. Cette fois, c’est le calendrier de la CAF qui impose le rythme. Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour clarifier l’avenir de Petkovic au-delà de la Coupe du monde.
S. M. A.





