Dans notre édition d’hier, nous révélions l’intention du sélectionneur national Vladimir Petkovic de se passer des services de Baghdad Bounedjah. Un choix fort, presque osé, tant l’attaquant a longtemps incarné le poste d’avant-centre chez les Verts.
Mais aux yeux du technicien bosnien, le rendement du joueur et surtout son comportement jugé trop râleur, énergivore et contre-productif, ne correspondent plus aux exigences du projet en vue du prochain Mondial. Dès le stage de mars, l’EN devrait donc apprendre à composer sans Bounedjah. Reste une question centrale : Petkovic dispose-t-il de solutions crédibles pour assurer la succession ? La dernière CAN n’a pas vraiment apporté de réponses rassurantes. En plus de Bounedjah, le sélectionneur avait retenu Bakrar et Redouane Berkane. Le premier a bénéficié d’un match plein face à la Guinée équatoriale sans convaincre, tandis que le second n’a eu droit qu’à quelques minutes contre le Nigeria, sans réel impact.
Gouiri de retour, mais…
Faute d’options solides, Petkovic s’est rabattu sur Amoura en pointe face à la RDC et au Nigeria, un choix par défaut qui n’a pas porté ses fruits. L’idée d’exploiter sa vivacité dans la profondeur a rapidement été neutralisée par les adversaires, rendant le tournoi encore plus délicat pour l’attaquant et affectant son moral.
Ces ajustements étaient aussi liés à la blessure contractée par Amine Gouiri en octobre, qui l’a privé de la CAN. Depuis, l’attaquant de l’OM est revenu, plus affûté, et semble en mesure de reprendre une place centrale dans la hiérarchie, mais comme tout le monde le sait, le profil du joueur est spécial, car même si les entraineurs le mettent souvent en position d’attaquant de pointe, il est loin d’être un avant-centre de métier, lui qui est beaucoup plus performant en position excentrée gauche, pas comme ailier, mais plutôt dans un schéma à deux attaquants…
Benbouali attend sa chance
À l’approche de mars, Petkovic va donc devoir rebattre entièrement les cartes. Bakrar, comme Bounedjah, devrait payer une CAN non concluante. L’avenir de Berkane reste flou et s’il est reconduit, il ne pourra être qu’une option parmi d’autres. Le sélectionneur est ainsi contraint d’explorer de nouvelles pistes, conscient que les avant-centres de niveau international ne courent pas les rues. Dans ce contexte, le nom de Nadhir Benbouali s’impose avec insistance. Auteur d’une saison remarquable en Hongrie avec Gyor, meilleur buteur du championnat et leader offensif de son équipe, l’ancien du Paradou coche plusieurs cases chères à Petkovic : efficacité, régularité et temps de jeu. En refusant des offres étrangères pour privilégier la continuité sportive, Benbouali envoie aussi un signal fort au staff des Verts.
Le pari risqué des jeunes
Derrière lui, d’autres profils restent en observation. Amin Chiakha semble encore en construction, lui qui a choisi encore un championnat modeste pour relancer sa carrière, tandis que Petkovic pourrait être tenté de jeter un œil vers la jeunesse, avec Fynn Schenten (FC Cologne) ou Rayan Kolli, tous deux désireux de saisir leur chance en A, mais le risque de compter sur eux à présent est grand, vu que l’EN a besoin de joueurs aguerris et prêts à performer. À moins de cinq mois du Mondial qui se prépare dès maintenant, le chantier de l’avant-centre apparaît plus ouvert que jamais.
S. M. A.





