USMA : Ndiaye pour mettre fin à l’instabilité du banc 

Publié le : 16 Février 2026

En Algérie, la stabilité à la barre technique demeure un luxe que peu de clubs peuvent s’offrir. L’USM Alger n’échappe pas à cette réalité. Le club algérois traverse depuis trois ans une zone de turbulences marquée par une succession rapide d’entraîneurs et des résultats loin des attentes de ses supporters.

 

L’histoire récente rend pourtant ce contraste saisissant. En 2023, sous la houlette d’Abdelhak Benchikha, les Rouge et Noir ont signé un exploit historique en remportant la Coupe de la CAF puis la Supercoupe d’Afrique. L’ancien sélectionneur national semblait alors avoir posé les bases d’un cycle durable. Mais à la surprise générale, il quitte son poste en octobre de la même année, à peine un mois après l’affiche mémorable face à Al-Ahly du Caire, laissant un vide difficile à combler. Pour lui succéder, la direction fait appel à Juan Carlos Garrido.

 

Le technicien espagnol réalise un parcours irrégulier, alternant prestations convaincantes et contre-performances. Malgré une saison correcte sur le plan comptable, il n’a pas eu droit à un nouveau contrat, signe que la confiance n’était pas totale au sommet du club. Le changement de gouvernance, avec l’arrivée du président Athmane Sahbane entraîne une nouvelle orientation sportive. Le nouveau dirigeant nomme alors Nabil Maâloul, dont le salaire estimé à 50 000 euros mensuels suscite autant d’espoirs que de débats. Mais l’expérience tourne court : les résultats ne suivent pas et l’entraîneur tunisien est limogé en février 2025.

 

Son successeur, Marcos Paqueta, ne parvient pas non plus à relancer la machine. L’équipe peine à retrouver son efficacité et sombre progressivement dans le doute. Dans l’urgence, la direction confie les rênes à Mohamed Lacete, chargé de sauver ce qui peut l’être d’une saison compromise. L’objectif devient alors minimaliste : tenter d’arracher la Coupe d’Algérie pour éviter un exercice totalement blanc. L’été suivant, le retour de Benchikha nourrit l’espoir d’un renouveau sentimental et sportif.

 

Mais l’idylle tourne court. Contesté par une partie des tribunes et cible de critiques récurrentes, il finit par quitter le club au début du mois, bien que les résultats plaident largement en sa faveur, avec une place sur le podium en championnat, premier du groupe A en phase de poules de la Coupe de la CAF et qualifié pour les quarts de finale de la Coupe d’Algérie.

 

C’est désormais Lamine N’Diaye, attendu demain à Alger, qui hérite d’une mission délicate : redonner une identité de jeu et stabiliser un vestiaire fragilisé. En comptant toutes ces transitions, sept entraîneurs se sont succédé en un laps de temps très réduit, une instabilité qui explique en grande partie l’absence de trophée depuis trois saisons. Mais la venue de N’Diaye suscite l’optimisme des supporters car il s’agit quand même d’un entraîneur d’envergure. Si l’effectif possède toujours le potentiel pour viser un sacre d’ici la fin de saison, seule une stabilité à la barre technique pourra permettre au club de renouer avec la culture de la victoire qui faisait sa force il y a encore peu.

A.S.