Motsepe annonce la fin du CHAN

Publié le : 18 Janvier 2026

Le Championnat d’Afrique des Nations n’existe plus. La Confédération africaine de football a acté, hier samedi 17 janvier à Rabat, l’arrêt définitif du CHAN, une compétition devenue au fil des éditions un poids financier insoutenable pour l’instance continentale. 

 

L’annonce a été faite par Patrice Motsepe en conférence de presse, mettant officiellement fin à un tournoi lancé en 2009 et longtemps présenté comme un levier de développement du football africain. Derrière la décision, un constat sans appel : le CHAN était un gouffre financier. Structurellement déficitaire, peu attractif pour les diffuseurs et les sponsors, coûteux en logistique et en primes, le tournoi ne rapportait quasiment rien à la CAF tout en mobilisant d’importantes ressources humaines et financières. Chaque édition se soldait par des pertes, sans réel impact économique ni sportif à l’échelle continentale. Patrice Motsepe n’a pas caché que la question de la suppression du CHAN s’était posée dès son arrivée à la tête de la CAF. «À mon arrivée, on m’a conseillé de le supprimer immédiatement», a-t-il reconnu.

 

Le dirigeant sud-africain a expliqué en conférence, hier, avoir résisté dans un premier temps, par solidarité avec les fédérations les plus modestes, pour lesquelles le CHAN constituait une rare opportunité de visibilité internationale. Mais cette résistance n’a pas suffi à inverser une tendance devenue irréversible. La dernière édition, organisée en Afrique de l’Est (Kenya, Tanzanie, Ouganda), aura agi comme un révélateur des limites du modèle. Programmée en plein été, elle a lourdement perturbé la préparation des clubs, privés de plusieurs éléments clés, et a exposé les joueurs à un calendrier surchargé, parfois sans véritable période de repos après une longue saison. Une situation dénoncée par de nombreux techniciens et dirigeants, qui voyaient dans le CHAN un frein plutôt qu’un soutien au développement du football local.

 

«Il n’a plus de raison d’exister»


Interrogé sur la cohérence globale de la réforme du calendrier africain, notamment avec le passage de la CAN à un rythme quadriennal et l’avenir des compétitions de jeunes, Patrice Motsepe a assumé un recentrage stratégique. «Notre travail consiste à prendre des décisions dans l’intérêt du football africain. Le CHAN est une compétition structurellement déficitaire. Avec l’arrivée de l’Africa Nations League, il n’aura plus de raison d’exister. Nous devons avoir moins de compétitions, mais de meilleure qualité, mieux financées et plus attractives», a-t-il expliqué.


Pour l’Algérie, la disparition du CHAN met un terme à une participation limitée mais marquante. La sélection nationale A’ a disputé trois éditions au total. En 2011, sous la direction d’Abdelhak Benchikha, elle avait atteint les demi-finales, terminant à la quatrième place. En 2023, à Alger, les Verts avaient frôlé le sacre avant de s’incliner en finale face au Sénégal. Lors de la dernière édition en Afrique de l’Est, l’Algérie avait quitté la compétition dans les quarts de finale, battue aux tirs au but par le Soudan.


Le CHAN s’éteint donc sans successeur direct, remplacé dans la vision de la CAF par des compétitions jugées plus rentables et plus attractives. Un symbole de plus du virage économique assumé par l’instance africaine, au détriment d’un tournoi qui, malgré ses intentions initiales, n’a jamais réussi à s’imposer durablement. Rappelons que la sélection marocaine A’, dirigée par Tarik Sektioui, restera ainsi dans l’histoire comme la dernière sacrée du CHAN, après sa victoire face à Madagascar (3-2), le 30 août à Nairobi.

S. M. A.