Le président de l’Association des Comités Nationaux Olympiques d’Afrique (ACNOA), Mustapha Berraf, a annoncé vendredi soir à Alger une possible visite du président de la FIFA, Gianni Infantino, en Algérie avant la prochaine Coupe du monde.
Une visite qui reste liée à une audience que pourrait lui accorder le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Cette conférence de presse intervient dans un contexte favorable pour le dirigeant algérien, dont le mandat à la tête de l’ACNOA a été renouvelé par ses pairs. Ce plébiscite confirme le poids de l’Algérie au sein du mouvement olympique africain et sa capacité à porter la voix du continent à l’international.
Trois jours d’échanges au CIO
Berraf a révélé avoir longuement échangé avec Gianni Infantino lors de la dernière session du Comité international olympique (CIO). «Nous étions ensemble pendant trois jours. Il était assis en face de moi. Nous avons discuté de plusieurs sujets», a-t-il expliqué. Le président de l’ACNOA affirme avoir abordé «des choses inacceptables», rappelant qu’Infantino est «le premier responsable» en tant que président de la Fédération internationale. Les deux hommes se sont entendus sur le principe d’une invitation officielle de l’Algérie. «Il a lui-même demandé à venir. S’il obtient une audience auprès du président Tebboune, il viendra en Algérie avant la Coupe du monde», a précisé Berraf.
L’objectif affiché est clair : «régler les choses» avec la FIFA et la Confédération africaine de football (CAF).
Les centres Olympafrica et la situation du football africain
En marge de la conférence, Berraf a indiqué que leurs discussions ont également porté sur les centres «Olympafrica». L’Afrique compte 50 centres destinés à accueillir des jeunes issus de milieux modestes. Selon lui, la FIFA aurait décidé de soutenir ces structures en prenant en charge 50 stades et centres.
Les deux responsables ont aussi évoqué la situation du football africain. Berraf assure qu’Infantino se dit attentif aux problèmes actuels qui touchent le continent.
Un contexte marqué par des tensions
Cette rencontre s’inscrit dans un contexte sensible. L’Algérie estime avoir été lésée, ces dernières années, par certaines décisions de la CAF et, dans une moindre mesure, de la FIFA. Les récentes polémiques autour de la CAN et d’autres dossiers ont alimenté un sentiment d’injustice et terni l’image du football africain. Dans ce cadre, Berraf aurait porté les doléances de l’Algérie, dénonçant un acharnement et l’influence de certains lobbys opposés au repositionnement du pays sur la scène continentale et mondiale.
Des précédents et une coopération affichée
Ce n’est pas la première rencontre entre les deux hommes. Berraf avait déjà échangé avec Infantino à Milan, en marge d’un événement international, pour évoquer la gouvernance de la CAF et l’organisation de la CAN.
Pour rappel, le président de la FIFA avait été reçu le 13 janvier 2023 par le président Tebboune, en marge du déroulement du CHAN, en présence de Patrice Motsepe. Il avait salué «le travail extraordinaire» de l’Algérie et rappelé que «l’Algérie est un pays de football». Une nouvelle visite d’Infantino à Alger pourrait ouvrir une nouvelle étape dans les relations entre l’Algérie, la FIFA et la CAF. Notons que si cette visite venait à se confirmer, Gianni Infantino en profiterait pour inaugurer officiellement le Centre de préparation des équipes nationales de Lalla Setti, à Tlemcen. Cette infrastructure, entrée en activité à la fin de l’année dernière, a été réalisée grâce au soutien précieux de la FIFA dans le cadre de son programme «Forward», destiné à accompagner le développement du football à travers le monde.
S.M.A.





