Dans notre édition précédente, nous avions évoqué la polémique née autour du choix de ménager Luca Zidane. Le gardien numéro 1 de l’équipe nationale, qui n’a pas encore accumulé beaucoup de matchs avec les Verts, semblait avoir besoin de temps de jeu pour gagner en confiance et en repères.
Finalement, c’est Anthony Mandrea qui a disputé la rencontre face à la Guinée équatoriale, sans pour autant en sortir avec un réel bénéfice sportif, étant donné qu’il est déjà bien installé dans la rotation. Plusieurs spécialistes ont estimé que reconduire Zidane aurait été plus logique pour consolider sa progression et préparer la phase à élimination directe. Dans cette même rencontre, Vladimir Petkovic a procédé à une large revue d’effectif. Belaïd, Tougaï, Zerrouki, Abdelli, Bakrar ou encore Hadj Moussa ont été lancés d’entrée. Cette décision a rassuré une partie du public, heureux de voir enfin se montrer des joueurs longtemps restés sur le banc.
Mais derrière cette gestion se cache une autre réalité : entre le match face au Burkina Faso, disputé le 28 décembre, et le choc contre la RDC de demain, neuf jours se seront écoulés. Autrement dit, plusieurs cadres ménagés lors du troisième match sont restés sans compétition durant toute cette période.
Pour des éléments comme Amoura ou Bennacer, souvent sollicités en club et exposés au risque de suspension (ils ont écopé d’un avertissement au premier tour), ce repos pouvait s’expliquer. En revanche, pour des joueurs comme Bensebaïni, Mahrez ou Bounedjah, notamment pour les deux derniers, la situation est plus délicate. Les championnats du Golfe s’étant arrêtés pendant la Coupe arabe, Mahrez avec Al-Ahli et Bounedjah avec Al-Shamal ont déjà connu une période prolongée sans rythme compétitif. Un programme spécifique leur a été imposé pour maintenir la forme, complété par un travail intense au CTN. Mais malgré ces efforts, le manque de match reste un paramètre difficile à compenser.
D’un point de vue scientifique, le corps d’un joueur a besoin d’une alternance mesurée entre charge et récupération. Au-delà de sept à dix jours sans compétition, on observe souvent une baisse du “rythme interne” : vitesse d’exécution, prise de décision, coordination fine et synchronisation avec les partenaires. Ce ne sont pas forcément les muscles qui décrochent, mais les automatismes. Or, dans une compétition comme la CAN, chaque détail compte. Le début du tournoi n’a pas révélé de signes inquiétants. Mahrez a été juste techniquement et influent dans le jeu, tandis que Bounedjah, même moins inspiré, a beaucoup travaillé pour peser sur les défenses adverses.
Cependant, neuf jours sans opposition réelle peuvent, à ce stade de la compétition, créer de petits retards dans les réflexes, la précision et la lucidité devant le but. Les observateurs estiment d’ailleurs qu’il aurait peut-être été préférable d’accorder quelques minutes à ces cadres lors du dernier match, ne serait-ce que pour préserver leur niveau d’aptitude compétitive.
Le staff de Petkovic assure toutefois suivre de très près les données physiques des joueurs : fréquence cardiaque, fatigue neuromusculaire, charge perçue et vitesse de récupération. Tout semble rassurant de ce côté-là. La seule inconnue réside désormais dans l’aspect technique et le rythme de match. Reste à savoir si cette longue coupure ne laissera aucune trace, surtout que Mahrez et Bounedjah demeurent deux pièces essentielles dans l’animation offensive des Verts.
Mohamed Amokrane Smail





