EN : Marciniak et la VAR au cœur de la polémique

Publié le : 18 Juin 2026

Désigné par la FIFA pour l’un des chocs de la première journée du Mondial 2026, Szymon Marciniak était censé apporter toutes les garanties nécessaires à une rencontre de très haut niveau entre l’Algérie et l’Argentine.

 

Au lendemain de la victoire argentine (3-0), c’est pourtant de son arbitrage que l’on parle le plus. Le Polonais, considéré comme l’un des meilleurs arbitres du monde et déjà au sifflet de la finale de la Coupe du monde 2022, se retrouve aujourd’hui au centre d’une polémique qui dépasse largement les frontières algériennes. Plusieurs décisions prises sur le terrain, mais aussi dans le camion de la VAR, sont fortement contestées.

 

Le rouge oublié de Messi


L’action qui concentre toutes les critiques est survenue à la 32e minute. Alors que l’Argentine menait 1-0, Lionel Messi a écrasé ses crampons sur la jambe d’Aïssa Mandi lors d’un duel. Une intervention dangereuse au niveau du tibia qui a immédiatement suscité de nombreuses réactions.
Marciniak a sifflé la faute mais n’a distribué aucun carton, tandis que la VAR n’a même pas jugé utile de l’inviter à revoir les images. Pour beaucoup d’observateurs, cette décision constitue le principal tournant du match. Sur ESPN, Alejandro Moreno a estimé qu’il s’agissait d’un « carton rouge à 100 % », alors que Nedum Onuoha a également jugé que l’octuple Ballon d’Or aurait dû être expulsé. En Espagne, plusieurs spécialistes de l’arbitrage ont partagé le même constat. L’ancien défenseur portugais Pepe a dénoncé un arbitrage « catastrophique », tandis que Zlatan Ibrahimović a lui aussi considéré que le geste de Messi méritait un carton rouge.

 

Les hors-jeu qui interrogent


Les deux buts refusés par la VAR, l’un à Lionel Messi et l’autre à Farès Chaïbi, continuent également d’alimenter les discussions. Si la technologie a finalement invalidé les deux réalisations, les images diffusées pour justifier ces décisions sont loin d’avoir convaincu tout le monde.
Plusieurs analystes ont relevé que le point de départ du ballon utilisé pour tracer les lignes de hors-jeu semblait discutable. Selon eux, si ce repère était ajusté avec davantage de précision, ni Messi ni Chaïbi ne se retrouveraient en position illicite au moment de la passe. Ces interrogations ont relancé le débat sur l’interprétation des images et sur la marge d’erreur qui subsiste malgré l’utilisation de la technologie.

 

Réaction


L’ancien arbitre international égyptien Djamel El Ghandour s’est montré particulièrement sévère dans son analyse pour WinWin. Selon lui, le corps arbitral dirigé par Marciniak a commis plusieurs erreurs importantes qui n’ont pas leur place à ce niveau de compétition. Cette accumulation de décisions contestées nourrit désormais les interrogations autour de l’avenir du Polonais dans ce Mondial. Du côté algérien, certains rappellent la démarche entreprise après le quart de finale de la dernière CAN contre le Nigeria au Maroc, lorsque la FAF avait dénoncé plusieurs erreurs arbitrales.
Reste à savoir si l’instance fédérale choisira cette fois encore de saisir officiellement la FIFA. Une chose est certaine : les polémiques arbitrales ne suffisent pas à expliquer la défaite de l’Algérie. Sur l’ensemble de la rencontre, les hommes de Vladimir Petković ont été dominés par une sélection argentine supérieure dans la maîtrise, l’efficacité et la gestion des temps forts. Les Verts étaient loin du niveau affiché par les champions du monde. Cela n’empêche toutefois pas de s’interroger sur l’impact qu’aurait pu avoir une expulsion de Lionel Messi dès la première période. Auteur des trois buts argentins, le capitaine de l’Albiceleste a une nouvelle fois démontré à quel point son équipe reste dépendante de son génie. Son absence aurait considérablement compliqué la tâche des Argentins, non seulement dans cette rencontre, mais également lors des deux matches suivants de la phase de groupes.


C’est d’ailleurs ce qui alimente certaines interrogations chez les observateurs. Au fil des années, la FIFA a souvent été accusée, à tort ou à raison, de faire preuve d’une certaine bienveillance envers les plus grandes stars de la planète, à l’image de Messi ou de Cristiano Ronaldo. Dans le cas présent, un carton rouge direct aurait entraîné une suspension automatique et privé le tournoi de l’un de ses principaux ambassadeurs pendant une partie importante du premier tour. Une telle situation aurait inévitablement réduit l’engouement médiatique autour de l’Argentine, championne du monde en titre, dont une grande partie de l’attractivité repose encore sur la présence de son numéro 10. Sans constituer une preuve de quoi que ce soit, ce contexte contribue aujourd’hui à alimenter les débats autour d’un arbitrage qui, malgré la réputation de Marciniak, laisse derrière lui plus de questions que de certitudes.
S. M. A.