Celui qui a eu un jour l'idée d'instaurer le fair-play financier dans le grand business du football n'était sans doute pas un illuminé, et encore moins un utopiste, mais tout simplement un réaliste exténué par une certaine folie des grandeurs qui a fait voler en éclats les valeurs nobles du football professionnel. Et c'est précisément ce dont souffre notre football en ce moment avec une tendance compulsive de nos clubs à jeter l'argent par les fenêtres en recrutant à coups de milliards des joueurs quelques fois trentenaires et qui, plus est, sont ceux qui barrent la route aux jeunes talents infiniment moins coûteux, et sûrement moins problématiques à gérer. Évidemment, lorsque l'argent ne sort pas de la poche des recruteurs en question mais des caisses des pourvoyeurs de fonds publics, il n'y a pas de lézard, comme on dit. Sauf qu'il m'a bien semblé avoir entendu parler, il n'y a pas si longtemps, de régulation dans cette grande foire-fouille du mercato et que jusqu'à présent on n'en voit ni le concret ni les effets positifs dans le domaine technique.
Une récurrence devenue hélas chronique tant que l'argent coule à flots et qu'on ne se demande pas objectivement si cette prodigalité en vaut vraiment la chandelle.
R.B.