Au-delà de la qualification, le but d’Adil Boulbina face à la RD Congo a déplacé des lignes invisibles, mais décisives, celles du classement FIFA. Et s’il y a bien un paramètre qui hante Vladimir Petkovic, c’est celui-là.
Le sélectionneur considère que le potentiel de son équipe mérite mieux que la modeste 34e place occupée avant la CAN. Pour lui, avancer dans la hiérarchie mondiale n’est pas un luxe statistique, c’est un objectif stratégique. Avant le tournoi, l’Algérie totalisait 1517,68 points. Les trois victoires du premier tour ont fait grimper le total virtuel à 1546,01, permettant déjà d’entrer dans le top 30. Mais tout allait encore se jouer face à la RD Congo. La FIFA applique, pour une phase finale de CAN, un indice élevé : 35. Autrement dit, chaque détail compte, chaque scénario change tout. Si la rencontre était allée au bout des prolongations pour se décider aux tirs au but, l’EN n’aurait gagné que 6,15 points.
L’EN surclasse le Canada
Dans la logique FIFA, une séance de penalties est assimilée à un match nul avec un léger bonus pour le vainqueur. Or le missile de Boulbina est arrivé avant que la partie ne bascule dans cette zone neutre. Résultat : la victoire dans le temps réglementaire a rapporté 14,9 points (contre 6,15 points si l’EN s’était qualifiée aux TAB). Le but vaut donc à lui seul un “bonus” d’environ 8,75 points par rapport à une qualification arrachée aux tirs au but. Concrètement, le total algérien grimpe virtuellement à 1560,91 points, contre 1552,16 seulement en cas de penalties. Cet écart n’est pas anecdotique, il déplace l’EN à la 27e place mondiale, juste derrière le Canada (1559,15), et devant plusieurs nations mieux installées dans les grandes compétitions.
Le coup de pouce mathématique
Sans ce but, l’Algérie serait restée scotchée à la 30e position, malgré sa bonne phase de groupes. Depuis le début de la CAN, le gain cumulé atteint 28,33 points, preuve que la compétition pèse lourd. La prochaine mise à jour officielle, prévue le 19 janvier 2026 (au lendemain de la finale), pourrait confirmer cette progression si la dynamique se poursuit (une défaite dans l’un des prochains tours ferait perdre des points, selon le poids de l’adversaire) C’est précisément ce que vise Petkovic : réduire l’écart avec le très haut niveau, sécuriser de meilleurs tirages à l’avenir et replacer l’Algérie là où il estime qu’elle doit se situer.
Dans cette logique, le but de Boulbina contre la RDC n’est donc pas simplement une frappe venue d’ailleurs. C’est un coup de pouce mathématique, un saut stratégique qui nous rappelle que l’EN avance et se positionne en prévision de son aventure prochaine : la Coupe du monde 2026.
S. M. A.





