EN : Marrakech, de mauvais souvenir à effacer

Publié le : 8 Janvier 2026

C’est donc à Marrakech que l’EN va devoir débarquer pour tenter d’arracher son billet qualificatif pour les demis après avoir brillamment réussi son pari avec un 4/4 à Moulay Hassan de Rabat.  Marrakech n’est pas une ville comme les autres, pour l’équipe nationale. 

 

Elle est devenue, au fil des années, le théâtre de souvenirs douloureux, de tournants ratés et de frustrations accumulées. À chaque retour dans la ‘‘Cité ocre’’, les fantômes réapparaissent. Cette fois, l’EN arrive avec une idée claire : laver l’affront, rompre la malédiction et repartir sur de nouvelles bases. Il suffit de remonter au 6 septembre 2021 pour comprendre. Ce jour-là, Belmadi et ses hommes débarquent à Marrakech à bord d’un vol spécial, la veille du match face au Burkina Faso, délocalisé au Maroc en raison de la non-homologation du stade de Ouagadougou. Une seule séance d’entraînement, puis un nul (1-1) le lendemain au Grand Stade de Marrakech. Feghouli ouvre le score, Tapsoba égalise. Officiellement, rien de dramatique. Mais officieusement, ce fut le début d’une pente glissante.

 

Pente glissante

 

Rendement en baisse, fébrilité croissante, CAN au Cameroun ratée, non-qualification pour le Mondial qatari, puis une CAN 2024 à oublier. Beaucoup situent le point de rupture justement à Marrakech.
Ce n’est pas tout, les plus anciens, capables d’aller plus loin encore, retrouveront une autre cicatrice qui marque les mémoires: le 4 juin 2011. Sous la direction d’Abdelhak Benchikha, les Verts subissent un 4-0 face au Maroc. Gestion de match contestée, rumeurs d’indiscipline extra-sportive, climat délétère. Résultat : humiliation, retard dans la course à la CAN 2012 et, au final, une non-qualification qui laissera des traces profondes.

 

Deux chocs

 

Deux dates, deux chocs, une même ville. Marrakech n’a presque jamais porté chance aux Verts. D’où ce sentiment d’inachevé, presque d’affront sportif à réparer. Cette fois, le groupe de Petkovic débarquera également la veille de la rencontre, à l’image de ce qui s’était fait en 2021. Mais le contexte a changé. Le sélectionneur veut casser les symboles négatifs, imposer une nouvelle dynamique et montrer que cette EN n’a plus peur de ses souvenirs. En face, l’adversaire s’appelle le Nigeria, une machine à marquer, capable de punir la moindre erreur. Justement, c’est dans ce type de rendez-vous que se construisent les équipes qui comptent. L’EN devra transformer Marrakech, ville de traumatismes, en point de départ. Rompre avec les vieux démons et joindre l’utile à l’agréable en avançant dans la CAN, et en visant haut pour se replacer dans la hiérarchie. Marrakech a longtemps rappelé des échecs. Il est temps, enfin, d’y écrire une page    différente et laver l’affront.

S. M. A.