À l’approche de la Coupe du monde, le débat autour de l’équipe nationale s’intensifie, notamment au poste de gardien de but où aucune hiérarchie claire ne semble se dégager. Pour Moussa Saïb, cette situation n’est pas anodine. L’ancien international estime que le sélectionneur Vladimir Petković paie aujourd’hui un manque d’anticipation dans la gestion de ce poste clé. Il revient également sur la période délicate de Mohamed Amoura, tout en saluant la progression d’Ibrahim Maza.
On assiste à un débat autour du poste de gardien. Comment l’expliquez-vous ?
C’est un débat logique, parce que c’est un poste très sensible. Mais si on analyse bien la situation, on voit qu’aujourd’hui aucun gardien ne s’impose réellement comme un numéro un indiscutable. Et ça, ce n’est pas un hasard. À mon avis, c’est aussi lié au fait que certains gardiens n’ont pas eu suffisamment d’opportunités pour montrer ce qu’ils valent sur la durée. On ne peut pas juger un joueur sur un ou deux matchs seulement, il faut de la continuité.
Vous pensez que cette situation aurait pu être évitée ?
Oui, je le pense sincèrement. Quand on prépare une compétition aussi importante qu’une Coupe du monde, il faut anticiper les choses. Il faut essayer plusieurs options, donner du temps de jeu, voir les joueurs dans différents contextes, sous pression, dans des matchs importants. Si ce travail n’est pas fait dans la continuité, on arrive forcément à un moment où il faut faire des choix sans avoir toutes les réponses. Aujourd’hui, le sélectionneur se retrouve face à un manque de certitudes, et c’est ce qui rend la décision plus difficile.
Comment faut-il trancher dans ce cas-là ?
Il n’y a pas de secret. Le seul critère qui doit compter, c’est le mérite. Il ne faut pas choisir avec le cœur ou sous la pression. En Algérie, chacun veut voir le joueur de son club en sélection, mais ça ne doit pas entrer en ligne de compte. Celui qui doit être appelé, c’est celui qui est le plus performant, le plus régulier et le plus prêt mentalement. L’équipe nationale, c’est le très haut niveau, il n’y a pas de place pour les approximations. Avec la blessure de Luca Zidane, l’entraîneur se retrouve face à un vrai dilemme. On souhaite qu’il se remette sur pied rapidement.
Un mot sur la situation de Mohamed Amoura, qui a connu une CAN difficile et une période moins aboutie…
Oui, c’est vrai qu’il a traversé une période compliquée. Une CAN ratée, ça peut arriver, surtout à un joueur encore jeune. Mais il ne faut pas le juger uniquement sur ça. Il a déjà montré de belles choses, il a des qualités, de la vitesse, de la percussion. Ce n’est pas un joueur qu’on doit remettre en cause du jour au lendemain. Les mauvaises périodes, personne ne peut en échapper.
Quel message faut-il lui envoyer aujourd’hui ?
Il faut l’encourager. Dans ces moments-là, un joueur a besoin de confiance. Si on commence à le critiquer ou à le remettre en cause, on ne va pas l’aider à retrouver son niveau. Au contraire, il faut le soutenir pour qu’il revienne plus fort. Le football, c’est aussi le mental. S’il reste concentré et qu’il continue à travailler, il va revenir.
Pensez-vous qu’il peut rapidement retrouver son meilleur niveau ?
Oui, je pense qu’il en est capable. Mais comme je l’ai dit, le plus difficile, ce n’est pas de revenir, c’est de confirmer dans la durée. Il doit rester concentré, continuer à travailler et ne pas se relâcher. C’est ça qui fait la différence au haut niveau.
À l’inverse, Ibrahim Maza est en pleine progression…
Oui, et c’est très positif pour l’équipe nationale. Il est en train de franchir un cap important. On voit qu’il prend de la confiance, qu’il s’affirme dans son jeu. Ce genre de profil est intéressant pour l’avenir. Ses prestations sont stables, il s’impose et réalise de très belles parties. C’est vraiment important pour lui et pour la sélection.
Peut-il s’imposer durablement chez les Verts ?
Il a les qualités pour ça, oui. Maintenant, il ne faut pas brûler les étapes. Il doit continuer à travailler, rester sérieux et surtout garder la même mentalité. S’il fait ça, il a tout pour devenir un joueur important de l’équipe nationale dans les années à venir.
Comment voyez-vous la concurrence à l’approche du Mondial ?
Elle est ouverte, et c’est une bonne chose. Personne ne doit se sentir installé. Chaque joueur doit prouver à chaque rassemblement qu’il mérite sa place. Le sélectionneur observe tout, les performances, l’état d’esprit, l’engagement. Ceux qui répondront présents auront leur chance.
Un dernier mot pour les joueurs qui espèrent être retenus ?
Je leur dirais de rester concentrés et de ne rien lâcher. À ce niveau, chaque détail compte. Il faut être prêt physiquement, mentalement, et surtout être régulier. La Coupe du monde, c’est le plus haut niveau, et seuls les joueurs les plus constants et les plus sérieux seront au rendez-vous.
Said Djoudi





