Ex-international algérien et vainqueur de la Coupe d’Algérie avec le CRB, ainsi qu’une fois avec l’USM Alger, Mustapha Kouici connaît bien les deux clubs et cette compétition. À la veille de la finale de la Coupe d’Algérie entre le CRB et l’USMA, Kouici incarne un lien rare entre les deux institutions qui s’affrontent aujourd’hui pour un nouveau trophée, qui donnera lieu à un nouveau record du nombre de Coupes d’Algérie gagnées. Il accepte, pour Compétition, de décrypter une affiche où, selon lui, tout se jouera sur des détails.
Le CRB dispute une nouvelle finale face à l’USMA, avec un bilan équilibré lors des dernières confrontations. Comment abordez-vous ce remake ?
Une finale reste toujours un match à part. Tous les pronostics sont possibles, parce qu’en football, et surtout dans ce type de rendez-vous, tout peut basculer sur un détail. On a deux équipes très proches en termes de niveau, en forme, et qui ont des arguments à faire valoir. Dans ce genre de contexte, ce n’est pas forcément la meilleure équipe qui gagne, mais celle qui réussit à saisir sa chance au bon moment.
Je pense vraiment que ce sera un match très équilibré. Il n’y a pas d’écart clair entre les deux équipes aujourd’hui. Donc oui, ça va se jouer sur des détails, sur une action, sur un moment de réussite… et souvent, c’est la chance qui fait la différence dans une finale.
Le CRB joue peut-être sa dernière chance de sauver sa saison. Est-ce un avantage psychologique ?
Oui, clairement. Il faut être lucide : le CRB a perdu la course au championnat, il est sorti en demi-finale de la Coupe de la CAF, donc cette finale représente une opportunité très importante. Si le CRB remporte cette Coupe d’Algérie, la saison ne sera pas considérée comme ratée. Les supporters seront satisfaits, il y aura un trophée au bout et, dans un club comme le CRB, c’est essentiel. Donc forcément, cela peut être une source de motivation supplémentaire pour les joueurs.
À l’inverse, l’USMA est engagée sur plusieurs fronts, avec une finale continentale. Cela peut-il peser ?
Oui, et je pense même que cela peut jouer en leur défaveur. L’USMA a un œil sur sa finale africaine, qui est une compétition très prestigieuse. Disputer une finale de la Coupe de la CAF est un objectif majeur pour un club.
Donc, inconsciemment, cela peut peser. La gestion de l’énergie, la concentration… tout cela entre en jeu. Pendant ce temps-là, le CRB peut être totalement focalisé sur cette finale de Coupe d’Algérie. Et dans un match aussi serré, ce genre de détail peut compter.
Le Chabab a aussi connu des changements en fin de saison, notamment au niveau du staff avec l’éviction de Ramovic. Cela peut-il être un facteur perturbateur ?
Honnêtement, je ne pense pas que ce soit un handicap majeur. Au contraire, je dirais même que le CRB a montré des choses intéressantes récemment, notamment lors de sa demi-finale contre le CSC. Si l’équipe reproduit le même contenu, la même solidité et la même organisation, elle a toutes ses chances. Je dirais même que, sur ce plan-là, le CRB peut partir avec un léger avantage. Mais encore une fois, dans une finale, il n’y a jamais de certitude. Tout peut basculer très vite.
Vous avez porté les couleurs des deux clubs, mais vous êtes un enfant du CRB. Votre cœur penche forcément…
(Rires) Oui, bien sûr. J’ai beaucoup de respect pour l’USMA, où j’ai passé trois très belles saisons. J’y ai connu une accession et une Coupe d’Algérie, même si je n’avais pas disputé la finale. Mais le CRB, c’est mon club formateur. C’est là que j’ai fait l’essentiel de ma carrière. Donc oui, naturellement, mon cœur est du côté du CRB. Et j’aimerais les voir gagner cette finale.
Cette affiche CRB-USMA rappelle aussi de grandes finales du passé…
Oui, bien sûr. Je me souviens notamment de certaines confrontations marquantes. Ce sont deux clubs historiques, avec une grande culture de la Coupe. À l’époque, certaines équipes comme l’USMA avaient la réputation d’être très fortes dans cette compétition, même si elles ont aussi perdu plusieurs finales. Mais avec le temps, elles ont acquis de l’expérience et ont su franchir un cap. Aujourd’hui, quand on regarde le palmarès, on voit que ces deux clubs font partie des plus titrés. Cela montre le poids historique de cette affiche.
Justement, vous avez vous-même disputé des finales. Un souvenir vous revient-il en particulier ?
Oui, forcément. Je pense à la finale de 1978 que j’ai remportée avec le CRB face à l’USMA. C’est un souvenir très fort. On avait un gardien exceptionnel cette saison-là, Abdallah Elam. Il avait réalisé un parcours extraordinaire. Je me rappelle qu’en demi-finale, face au grand MCO de l’époque, avec de très grands joueurs, il nous avait qualifiés pratiquement à lui seul, en stoppant notamment plusieurs tirs au but. Il avait remis le couvert en finale avec le même scénario. C’était vraiment la saison d’Elham. Il avait été déterminant du début à la fin. Et en finale, cette confiance qu’il nous donnait a été très importante.
Ces expériences vous font dire que le facteur individuel peut faire basculer une finale ?
Exactement. Dans un match aussi fermé, il suffit d’un joueur qui fait la différence, d’un gardien qui réalise le match parfait, d’un attaquant qui concrétise une occasion…
C’est pour cela que je parle de détails et de réussite. Une finale, ce n’est pas toujours le jeu qui fait la différence, mais les moments clés.
On termine avec votre pronostic…
Je pense que ce sera un match très serré. Mais si je dois me mouiller un peu, je dirais que le CRB va l’emporter. Le match pourrait aller jusqu’aux prolongations, voire aux tirs au but.
B. B.





