Un ancien responsable à la CAF : "Une CAN tous les quatre ans, c’est un suicide économique"

Publié le : 9 Février 2026

La décision de la CAF de faire passer la Coupe d’Afrique des nations (CAN) d’une périodicité biennale à une organisation tous les quatre ans à partir de 2028 continue de susciter une vive controverse au sein du football africain.

Loin de faire l’unanimité, cette orientation stratégique est largement contestée par plusieurs acteurs et anciens responsables de l’instance continentale.

Réagissant à cette décision, le Camerounais Junior Binyam, ancien responsable de la communication et ex-chef de cabinet du secrétaire général de la CAF, a exprimé de sérieuses réserves, allant jusqu’à qualifier cette réforme de « suicide économique » potentiel pour l’instance africaine, selon Le360 Sport.

« Sur la faisabilité, le débat ne se pose pas. Si la CAN peut se jouer tous les deux ans, elle peut aussi se jouer tous les quatre ans. La vraie question est celle du fondement de cette décision. Existe-t-il une étude démontrant que ce passage à quatre ans permettrait à la CAF de générer davantage de ressources ? », s’est-il interrogé dans les colonnes de Le360 Sport.

L’édition 2027, déjà attribuée, sera organisée conjointement pour la première fois de l’histoire par trois pays : le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda. Quant à l’édition 2028, elle demeure en attente de la désignation de son ou de ses pays hôtes et sera la dernière avant l’entrée en vigueur officielle de la nouvelle périodicité quadriennale.

Selon Binyam, la CAN demeure un pilier essentiel des finances de la CAF. « Il faut rappeler qu’il y a une dizaine d’années, la CAN représentait environ 40 % des revenus de la CAF. Et je ne suis pas certain que cette donnée ait fondamentalement changé. Un passage à quatre ans pourrait apparaître comme un suicide économique s’il n’est pas adossé à des sources de revenus alternatives clairement identifiées », a-t-il averti.

Pour compenser le manque à gagner induit par l’espacement de la CAN, la CAF a annoncé la création d’une Ligue des Nations africaine. Une compétition dont les contours restent encore « flous » et qui soulève, elle aussi, de nombreuses interrogations.

« Si l’on me présente une étude démontrant que cette compétition permettra de compenser le manque à gagner induit par le passage à quatre ans, le débat est clos. Mais pour l’instant, personne n’explique comment elle sera organisée, financée ou structurée », a conclu Binyam.

M.M