Serge Romano: «Le grand chantier des Verts est en défense»

Publié le : 11 Juillet 2026

Ancien bras droit de Djamel Belmadi sur le banc de la sélection nationale jusqu'au départ du staff technique en 2024, Serge Romano continue de suivre avec attention l'évolution des Verts.

Le technicien français est revenu sur le parcours de l'Algérie lors de la Coupe du monde 2026. Son constat est sans détour : malgré un potentiel offensif indéniable, les lacunes défensives ont lourdement pesé sur le rendement des Fennecs et expliquent en grande partie leur élimination face à la Suisse en seizièmes de finale. 

«Travailler le bloc défensif pour passer un cap»

Pour Serge Romano, la priorité absolue du futur sélectionneur est clairement identifiée. L'ancien adjoint de Belmadi estime que l'Algérie ne pourra prétendre rivaliser durablement avec les meilleures nations sans une profonde refonte de son organisation défensive.

« Le premier grand chantier se situe au niveau du bloc défensif, où beaucoup de choses restent à revoir », affirme-t-il. Selon lui, l'effort défensif doit devenir collectif afin d'offrir davantage de solidité à une équipe qui possède déjà de nombreuses qualités balle au pied.

Le technicien rappelle que l'identité de jeu de l'Algérie restera naturellement portée vers l'offensive, mais insiste sur la nécessité de trouver un meilleur équilibre. « On ne peut plus négliger la défense. Si le staff et les joueurs parviennent à stabiliser ce bloc défensif, l'Algérie passera un cap immense au niveau mondial. » 

«Une page va se tourner après Mahrez»

Romano considère également que l'après-Coupe du monde ouvre une nouvelle étape pour la sélection nationale. Avec la retraite internationale de Riyad Mahrez et le départ annoncé d'autres cadres, le chantier ne concernera pas uniquement le secteur défensif : « Il faudra reconstruire de manière équilibrée sur les trois lignes, en offrant des fondations solides à la nouvelle génération », explique-t-il. Selon lui, le futur sélectionneur devra adapter son projet de jeu au potentiel de son effectif afin de permettre aux Verts de retrouver leur place parmi les meilleures sélections. 

«Des lacunes évidentes dans la construction du jeu»

En revenant sur l'élimination face à la Suisse, le technicien français reconnaît que le simple fait d'avoir franchi la phase de groupes constitue déjà une performance respectable. Mais il estime que les insuffisances sont apparues dès que le niveau d'exigence a augmenté. « Beaucoup d'équipes ont choisi de défendre bas et d'avancer grâce à cette stratégie », observe-t-il. À l'inverse, l'Algérie a voulu conserver un football ouvert, un choix qui s'est révélé coûteux contre des adversaires très disciplinés.

Son verdict est sans appel : « La sélection souffre d'un déficit défensif et de lacunes évidentes dans la construction globale du jeu. » En revanche, Romano refuse de remettre en cause le potentiel offensif des Verts. « L'Algérie est suffisamment armée pour bousculer n'importe qui », assure-t-il à La Patrie News. 

 Les «Africains» manquent d'expérience face à l'Europe

Pour expliquer les difficultés des équipes africaines en Coupe du monde, Romano estime que le manque de confrontations régulières face aux grandes sélections européennes reste un handicap. « Le niveau européen reste un cran au-dessus », rappelle-t-il, tout en soulignant les progrès réalisés par le football africain. À ses yeux, le constat reste le même pour l'Algérie : sans une assise défensive plus solide, il sera difficile de franchir un nouveau palier sur la scène mondiale.

Mohamed Amokrane Smail