L'ancien international algérien Mansour Boutabout a dressé un bilan sévère du parcours de l’EN à la Coupe du monde 2026, estimant que le sélectionneur Vladimir Petkovic porte une large part de responsabilité dans l'élimination des Verts dès les seizièmes de finale.
L'Algérie a quitté le Mondial vendredi dernier après sa défaite face à la Suisse (2-0), au BC Place de Vancouver, mettant un terme à une campagne conclue sur un bilan d'une victoire, un match nul et deux défaites.
Dans un entretien accordé à Foot Afrik, l'ancien attaquant des Verts (22 sélections, 6 buts) a qualifié le parcours algérien de « très très moyen », regrettant notamment les prestations affichées durant la phase de groupes.
Boutabout (47 ans) a surtout pointé du doigt les choix de Vladimir Petkovic, critiquant son manque de continuité dans la composition de l'équipe. « En quatre matchs, il a aligné quatre équipes différentes. Dans ces conditions, il est difficile de construire une équipe capable d'aller loin dans une Coupe du monde », a-t-il estimé.
L'ancien buteur de Sedan et du Mans a également rappelé qu'il nourrissait déjà des réserves sur le technicien suisse depuis la dernière CAN-2025 au Maroc.
« Nous n'avons pas retrouvé l'équipe nationale que nous connaissions. Les joueurs n'ont jamais affiché la détermination d'un groupe ambitieux, à l'image de leur entraîneur, que j'ai trouvé effacé et sans véritable énergie. Bien avant la Coupe du monde, les résultats étaient déjà mitigés, le projet de jeu manquait de clarté, on ne savait pas vraiment si l'équipe évoluait avec une défense à trois ou à quatre, sans compter des choix de joueurs qui ont suscité beaucoup d'interrogations », a regretté Boutabout.
Boutabout s'est également montré très critique envers l'attitude de Petkovic au coup de sifflet final contre la Suisse, lui reprochant d'avoir échangé avec les joueurs adverses.
« « On se dit que c'est une caméra cachée, que ce n'est pas vrai. Il rentre tranquillement aux vestiaires, il quitte le stade normalement, sans émotion. Je n'ai jamais vu ça de ma vie. Tu as le plus gros salaire des sélectionneurs africains et tu fais ça... », a-t-il déploré.
L'ancien international s'est aussi interrogé sur la décision de prolonger le contrat du sélectionneur jusqu'en 2028 avant le début du Mondial, estimant que cette décision complique désormais la situation de la FAF.
« Sa prolongation juste avant le Mondial était très surprenante. Est-ce que c'était un coup de pression ? Je ne sais pas, je n'y suis pas pour le savoir. On se sent piégé par rapport à ce contrat. Il faut trouver une solution pour se sortir de ça et repartir de l'avant. »
Concernant l'avenir du banc algérien, Boutabout n'exclut pas le recrutement d'un nouveau technicien étranger, à condition qu'il connaisse le football africain et maîtrise le français.
« Je ne suis pas opposé à la nomination d'un sélectionneur étranger, à condition qu'il maîtrise le français et qu'il connaisse le continent ainsi que le football africain. Un profil comme Hervé Renard ou Éric Chelle, quelqu'un de ce standing. Il pourrait ensuite être épaulé par un ancien international. Il faut repartir sur un nouveau cycle de quatre ans, lui laisser le temps de travailler en vue de la prochaine CAN et des qualifications pour la prochaine Coupe du monde », a-t-il conclu.
M.M





