L’EN impuissante face aux équipes du Vieux Continent

Publié le : 4 Juillet 2026

Après la défaite contre la Suisse, hier (2-0), le constat est sans appel : en six participations à la phase finale de la Coupe du monde, l’EN a toujours rencontré des difficultés face aux nations européennes, hormis, bien entendu, la victoire historique contre l’Allemagne de l’Ouest (2-1).

En dix matches disputés, l’EN a concédé six défaites : Autriche (2-0) en 1982, Espagne (3-0) en 1986, Slovénie (1-0) en 2010, Belgique (2-1) et Allemagne (2-1) en 2014, puis Suisse (2-0) en 2026. Elle a également enregistré trois matches nuls : contre l’Irlande du Nord (1986), l’Angleterre (0-0) en 2010 et la Russie (1-1) en 2014.

D’après les observateurs, plusieurs facteurs expliquent cette impuissance face aux équipes européennes. Ils sont principalement d’ordre tactique, physique et structurel. Les sélections européennes sont généralement réputées pour leur organisation tactique, leur discipline collective et leur capacité à fermer les espaces. L’Algérie, qui s’appuie historiquement sur l’explosivité, le talent individuel et un jeu créatif, éprouve souvent des difficultés à contourner ces blocs défensifs très bien structurés. 

Rythme intense

Par ailleurs, pour expliquer ces difficultés auxquelles l’EN est confrontée face à des adversaires européens, il faut souligner qu’il lui a souvent manqué l’efficacité athlétique ainsi qu’une meilleure gestion du rythme. Les équipes européennes mettent toujours un accent très fort sur le défi physique, l’intensité durant les 90 minutes et le replacement rapide. Face à l’Allemagne en 2014 et la Suisse lors de ce Mondial, la sélection nationale a péché physiquement en seconde période, encaissant des buts décisifs à la suite d’erreurs de concentration ou d’un essoufflement.

On a également constaté que les Verts manquent souvent de réalisme dans ce type d’adversité. Au plus haut niveau, la moindre erreur individuelle ou occasion manquée se paie cash face aux équipes européennes. Historiquement, les Verts ont souvent manqué du réalisme clinique nécessaire pour faire douter leurs adversaires, ce qui a conduit à des scénarios frustrants lors des grands tournois.

 

Comment y remédier à l’avenir

Avec leur propre style de jeu, les équipes européennes imposent un pressing constant et un jeu direct qui exploitent souvent le manque de maîtrise physique des Fennecs, notamment en seconde mi-temps. La page de la Coupe du monde 2026 étant tournée, après cette élimination en seizièmes de finale, il faudra tirer les enseignements nécessaires afin de remédier à ce syndrome face aux équipes européennes.

À l’avenir, la FAF doit orienter sa politique de matches de préparation vers des nations du Vieux Continent. Cela permettra à l’équipe de s’habituer au rythme et à l’intensité tactique européens, comme ce fut le cas avant le voyage aux États-Unis avec un bon test contre les Pays-Bas (1-0).

Par ailleurs, après chaque échec dans un tournoi majeur, le débat sur la formation des joueurs en Algérie revient systématiquement sur la table. Il est grand temps d’améliorer la qualité de la formation en insistant sur l’endurance, la discipline tactique et la préparation athlétique afin de fournir à l’EN davantage de joueurs issus du championnat national capables d’apporter un véritable plus à la sélection.

En 1982, l’Algérie a battu l’Allemagne de l’Ouest avec un onze composé à 90% de joueurs issus du championnat national, en plus d’être la seule équipe de son histoire, en cinq participations au Mondial, à avoir remporté deux matches lors d’une même édition (contre l’Allemagne et le Chili, 3-2). Pour ne pas connaître d’autres désillusions en Coupe du monde, il est temps de revenir à cette politique de formation qui avait porté ses fruits, tout en renforçant l’effectif avec les meilleurs joueurs binationaux, afin de disposer, à l’avenir, d’une équipe capable d’aller loin en Coupe du monde.

M. Stitou