À quelques jours du coup d’envoi du championnat, l’entraîneur de la JS Kabylie n’a toujours pas pris la parole publiquement depuis sa nomination.
Un choix qui interpelle, alors que les supporters attendent de connaître ses idées, ses ambitions et sa vision pour la nouvelle saison. Depuis son arrivée à la tête du staff technique de la JS Kabylie, Karim Belhocine a choisi une ligne de conduite pour le moins particulière : celle du silence. Nommé il y a un peu plus d’un mois, l’entraîneur de la JSK n’a, jusqu’à présent, tenu aucune conférence de presse et n’a accordé aucune véritable déclaration aux médias. Même durant le stage de préparation estivale effectué en Tunisie, il a préféré rester à distance des journalistes. Un choix que l’on peut évidemment respecter, chacun ayant sa manière de communiquer et de travailler. Mais à la JSK, club dont l’actualité suscite naturellement énormément d’intérêt, cette absence de parole commence forcément à interpeller. Car au-delà des journalistes, ce sont surtout les supporters qui attendent de l’entraîneur qu’il leur parle.
Les supporters veulent entendre leur entraîneur
À l’issue du dernier match amical disputé en Tunisie face au MSP Batna, Belhocine s’est finalement exprimé, mais en quelques mots seulement : « Tout ce que j’ai à dire, le stage a été une réussite. » Depuis sa prise de fonctions, il s’agit pratiquement de la seule réaction publique du nouvel entraîneur. Or, l’arrivée d’un nouvel entraîneur constitue généralement un moment important dans la vie d’un club. Une conférence de presse permet au technicien de se présenter, d’expliquer ses choix, de parler de sa méthode de travail et surtout de dévoiler, même dans les grandes lignes, les objectifs qu’il entend atteindre. À défaut, une intervention sur les canaux officiels du club peut parfaitement remplir ce rôle. Belhocine, lui, n’a encore emprunté aucune de ces voies. Et plus le temps passe, plus cette situation devient inhabituelle. Cette discrétion est d’autant plus surprenante que les sujets ne manquent pas à la JSK. La préparation estivale vient de s’achever, le championnat approche à grands pas et plusieurs questions entourent encore l’équipe. Le recrutement, la construction du groupe et, surtout, le dossier Gaya Merbah sont autant de sujets qui suscitent des interrogations. Dans ce contexte, le silence laisse inévitablement la place aux interprétations. Lorsque les principaux responsables d’un club ne prennent pas la parole, les réseaux sociaux finissent souvent par occuper cet espace. Informations invérifiées, rumeurs et commentaires se multiplient alors, parfois sans aucun lien avec la réalité. Il serait donc paradoxal de constater la prolifération des rumeurs sur les réseaux sociaux tout en laissant un espace aussi important sans communication officielle.
Zinnbauer et Benchikha avaient leur mot à dire
Les précédents entraîneurs de la JSK n’avaient d’ailleurs pas adopté une telle posture. Josef Zinnbauer et Abdelhak Benchikha s’adressaient régulièrement à la presse et, à travers elle, aux supporters. Ils pouvaient être plus ou moins discrets sur certains dossiers, mais ils acceptaient le principe du dialogue avec les médias. Prendre la parole ne signifie pas pour autant tout dévoiler. Pour un entraîneur, communiquer permet aussi de partager sa vision, d’expliquer certains choix et d’instaurer progressivement une relation de confiance avec les supporters. À la JSK, où la passion et les attentes autour de l’équipe sont particulièrement fortes, ce dialogue apparaît d’autant plus important.
Belhocine, mais aussi Mansouri et Boudedja
Le cas de Belhocine n’est d’ailleurs pas isolé. Depuis quelque temps, la communication de la JSK repose essentiellement sur les communiqués publiés sur la page officielle du club. Le nouveau directeur technique sportif, Yazid Mansouri, n’a pas davantage multiplié les interventions médiatiques, tandis que le président du conseil d’administration, Adel Boudedja, reste lui aussi très discret. La seule véritable interview diffusée récemment sur les canaux officiels du club a été celle de Kamel Yesli, en sa qualité de porte-parole officiel. En un mois et demi, cela paraît bien peu pour un club de l’envergure de la JSK, surtout durant une période aussi importante qu’une intersaison. Karim Belhocine possède pourtant l’expérience et le parcours pour porter son message. Au fil de sa carrière, notamment au KV Courtrai, au Sporting d’Anderlecht et au Sporting de Charleroi, il a occupé différents postes d’entraîneur et de responsable technique, forgeant une réputation fondée sur la rigueur et le professionnalisme. C’est justement pour cette raison que sa parole est attendue. Les supporters de la JSK ne demandent pas des promesses. Ils veulent connaître sa vision, comprendre ses choix et savoir quel visage il souhaite donner à leur équipe. Le silence peut parfois être une stratégie. Mais lorsqu’il se prolonge, il finit par susciter davantage de questions qu’il n’apporte de réponses. À quelques jours du coup d’envoi du championnat, le moment semble donc venu pour Karim Belhocine, Yazid Mansouri et la direction de sortir de leur réserve.
Ouenzar Riad.





