EN: l’inexplicable absence de grinta

Publié le : 4 Juillet 2026

Après une défaite, comme c’est souvent le cas, l’entraîneur et les joueurs sont sévèrement critiqués par les supporters.

Après le revers contre la Suisse, beaucoup estiment que le manque d’engagement et de combativité (« grinta »), souvent reproché aux joueurs sous Vladimir Petkovic, découle d’une instabilité tactique permanente, d’une communication parfois jugée distante et de choix de composition déroutants. Tous ces facteurs empêchent les Verts de s’approprier un style de jeu fédérateur et rassurant.

 

Instabilité tactique

L’actuel sélectionneur est souvent critiqué pour ses changements fréquents de schéma de jeu et de onze de départ. Ces modifications répétées empêchent l’équipe d’acquérir les automatismes nécessaires, ce qui peut donner l’impression que les joueurs évoluent avec moins de repères et de hargne sur le terrain.

En outre, contrairement aux systèmes de jeu plus rigides ou plus expressifs auxquels l’équipe était habituée, la méthode de Vladimir Petkovic repose sur une approche plus fluide en attaque. Si cela fonctionne dans certaines configurations, cela peut parfois paraître désordonné et brouillon, diluant ainsi l’agressivité collective.

 

Barrière de communication

En revanche, pour d’autres observateurs et anciens internationaux, il existerait un fossé dans la compréhension des consignes et dans la transmission de l’identité de jeu. Sans cette flamme et cette connexion émotionnelle forte avec le groupe, la grinta naturelle des joueurs algériens peine à s’exprimer collectivement, note-t-on.

 

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Vague de colère et désillusion au pays

L’élimination des Fennecs, hier face à la Suisse en seizièmes de finale à Vancouver (Canada), a provoqué une immense frustration. La rue algérienne, déçue par un parcours jugé en-deçà des attentes, exprime sa colère face aux choix tactiques et à la prestation globale de l’équipe.

La désillusion est particulièrement palpable chez les Algériens, qui s’attendaient à un meilleur visage de la sélection nationale après les espoirs suscités lors de la phase de groupes. Beaucoup pointent du doigt les choix de Vladimir Petkovic, auquel est reproché son manque d’audace offensive face à une formation suisse solide, mais prenable.

 

La FAF et des cadres dézingués

Sur les réseaux sociaux, le mécontentement se traduit par de vives réactions ciblant plus particulièrement la FAF, le sélectionneur national et certains cadres de l’équipe. Le président de la FAF, Walid Sadi, n’a pas été épargné par les critiques. Beaucoup lui reprochent le maintien et la récente prolongation du contrat du coach, désormais lié à la sélection jusqu’en 2028.

Après cet échec, il est demandé à la FAF de publier un communiqué transparent ou d’organiser une conférence de presse de son président afin de dresser un bilan complet de cette participation à la Coupe du monde 2026 et tracer une feuille de route claire.

Sur les réseaux sociaux, l’opinion publique algérienne exige également le lancement d’un véritable projet de réforme des championnats de jeunes et des infrastructures locales, une demande récurrente des supporters et des observateurs sportifs.

Par ailleurs, les critiques visent aussi certains cadres de la sélection. Jugés trop peu investis ou en méforme, ces joueurs chevronnés sont accusés d’être passés à côté de leur tournoi, illustrant un creux générationnel au sein du groupe.

Pour de nombreux observateurs, cette élimination sonne la fin d’une génération dorée, Riyad Mahrez ayant d’ailleurs confirmé sa retraite internationale à l’issue de cet échec. Comme lors des précédents revers, les cadres visés par les critiques devraient publier, dans les jours à venir, des messages d’excuses et assumer leurs responsabilités sur les réseaux sociaux.

Enfin, après l’annonce de la retraite internationale de Riyad Mahrez, il faudrait que les autres cadres historiques de la sélection nationale clarifient leurs intentions. D’autant que, pour beaucoup, le moment est venu d’opérer une transition générationnelle saine en intégrant de jeunes espoirs dans la dynamique de l’équipe en vue des prochaines échéances, à commencer par la CAN 2027.

M. Stitou