La balle est désormais dans le camp du Collège technique national. À l'issue de la réunion du Bureau fédéral, la FAF a officiellement lancé le processus d'évaluation de la participation de l'équipe nationale à la Coupe du monde 2026.
Dans son procès-verbal, l'instance évoque une « évaluation globale et objective » portant sur les volets sportifs et organisationnels afin d'identifier les insuffisances et les mesures à mettre en œuvre pour renforcer durablement la compétitivité des Verts. La FAF, qui avait dans un premier temps enclenché le processus de mise à l’écart de Petković, a finalement chargé, à travers son BF, le directeur technique national de convoquer, dans les meilleurs délais, une session extraordinaire du Collège technique national afin de participer à l'évaluation de l'évolution de la sélection et de formuler les recommandations qu'il jugera utiles. Reste désormais à savoir quelle orientation prendra cette instance consultative, appelée à se prononcer sur un dossier aussi sensible que celui de Vladimir Petkovic.
Une analyse technique très attendue
Sur le papier, la mission du Collège technique paraît claire : analyser le rendement de l'équipe nationale sous l'angle purement sportif. Dans les faits, cette réunion s'annonce particulièrement délicate. Depuis l'élimination face à la Suisse, les analyses se sont multipliées et, qu'elles proviennent de techniciens algériens ou d'observateurs étrangers, ou simplement des médias, elles convergent largement vers le même constat : le système mis en place par Vladimir Petkovic a montré ses limites. Les difficultés dans l'animation offensive, le manque de maîtrise collective, les erreurs défensives récurrentes ainsi que les choix tactiques du sélectionneur ont été largement pointés du doigt. Le Collège technique devra donc se prononcer sur un bilan qui, au-delà des résultats bruts, soulève de nombreuses interrogations sur le contenu proposé par l'équipe.
Une lourde responsabilité
La pression sera énorme sur les membres du Collège technique présidé par Rabah Saâdane. Leur avis pourrait peser lourd dans la décision finale de la FAF. S'ils estiment que le bilan technique de Petkovic est satisfaisant et recommandent son maintien, ils devront également assumer les conséquences d'un éventuel nouvel échec. Car un maintien du technicien suisse signifierait, sauf surprise, la poursuite du même projet sportif, avec la même ossature, le même staff et les mêmes principes de jeu. Or, tout laisse penser que ce groupe a perdu une partie de sa confiance envers son entraîneur et son encadrement technique, une situation qui est apparue au grand jour lors du Mondial américain et même après. Dans ce contexte, valider la continuité reviendrait à prendre le risque de prolonger une dynamique qui suscite déjà de fortes réserves.
Le facteur financier au cœur du dossier
À l'heure actuelle, le principal argument en faveur du maintien de Vladimir Petkovic semble davantage financier que sportif. La FAF pourrait choisir de poursuivre l'aventure jusqu'à la prochaine Coupe d'Afrique des nations, à condition bien sûr que les Verts décrochent leur qualification. Le contrat du sélectionneur prévoit en effet un objectif précis : atteindre au minimum les demi-finales de la CAN. En cas d'échec, la Fédération disposerait alors d'une base contractuelle pour mettre un terme à leur collaboration sans les pertes prévues en cas de rupture unilatérale du contrat dès maintenant.
En attendant cette échéance, une séparation immédiate apparaît beaucoup plus complexe. Selon des indiscrétions, Walid Sadi aurait expliqué aux membres du Bureau fédéral que Petkovic refuse de quitter son poste de son propre chef et entend aller au bout de son contrat, qui court jusqu'en juillet 2028. Le président de la FAF aurait également évoqué une clause permettant une rupture contre une indemnisation équivalente à trois mois de salaire, une disposition qui ne serait applicable qu'en cas d'accord à l'amiable entre les deux parties…
Une décision décisive
L'avis du Collège technique sera donc scruté avec la plus grande attention. Officiellement, il ne s'agira que de recommandations destinées à éclairer la décision de la FAF. Mais leur portée dépassera largement le simple cadre consultatif. Si les experts valident le travail de Vladimir Petkovic malgré les nombreuses critiques formulées depuis la Coupe du monde, ils engageront également leur crédibilité sur la suite du projet sportif. À l'inverse, un avis défavorable ouvrirait clairement la voie à une réflexion sur un changement de sélectionneur, ou peut-être juste sur un renforcement du staff, une option déjà évoqué, ces derniers jours par des cercles proches de la fédé. Une chose est certaine : au-delà de l'aspect contractuel et financier, c'est bien l'avenir sportif de l'équipe nationale qui se joue désormais.
Mohamed Amokrane Smail




