EN : le pari Amoura

Publié le : 15 Juin 2026

 Longtemps considéré comme l’une des principales armes offensives de l’équipe nationale, Mohamed-Amine Amoura aborde le premier match de la Coupe du monde 2026 face à l’Argentine dans une situation paradoxale.

 

Toujours aussi précieux dans le jeu et dans les efforts qu’il consent pour le collectif, l’attaquant de Wolfsburg traverse néanmoins une longue période de disette qui suscite des interrogations à l’approche du grand rendez-vous de Kansas City. Il n’y a pourtant pas si longtemps, le natif de Jijel faisait figure de valeur sûre de l’attaque algérienne. Avec 13 buts inscrits en moins de 25 sélections, Amoura s’était imposé comme l’un des hommes forts des Verts grâce à sa vitesse, sa percussion et son efficacité devant le but. Des qualités qui avaient rapidement fait de lui un élément incontournable dans les plans de Vladimir Petkovic. Mais depuis plusieurs mois, la machine semble s’être grippée.

 

En difficulté avec son club de Wolfsburg durant une grande partie de l’année 2026, l’attaquant algérien peine à retrouver son meilleur niveau. Cette baisse de régime s’est progressivement répercutée sur ses prestations en sélection, où il apparaît moins serein et surtout moins efficace dans le dernier geste. Une situation d’autant plus frustrante que l’ancien joueur de l’ES Sétif continue de multiplier les efforts. Sur le terrain, Amoura ne ménage pas sa peine et reste l’un des attaquants les plus généreux du groupe. Ses replis défensifs, son pressing et sa disponibilité dans les phases sans ballon sont particulièrement appréciés par le staff technique.

Des qualités qui lui permettent de conserver la confiance de Petkovic malgré son manque de réussite. Car le principal problème se situe aujourd’hui devant le but. Là où il faisait autrefois preuve d’un réalisme redoutable, Amoura enchaîne désormais les occasions manquées. Au point que de nombreux supporters ne retiennent plus que ses ratés, parfois spectaculaires, oubliant souvent son activité et son apport dans le jeu collectif.  

Pourtant, l’international algérien n’a pas livré que des prestations décevantes ces dernières semaines. Face aux Pays-Bas puis contre la Bolivie, il s’est montré entreprenant, multipliant les appels et les courses qui ont mis en difficulté les défenses adverses. Seule l’efficacité lui a fait défaut.

 

Titulaire mardi ?

Conscient de l’importance du joueur dans son dispositif, le staff technique multiplie les échanges avec lui. À l’entraînement comme en dehors du terrain, Vladimir Petkovic et ses adjoints cherchent à redonner confiance à un attaquant dont le potentiel ne fait aucun doute. L’objectif est clair : libérer mentalement un joueur qui semble aujourd’hui davantage lutter contre lui-même que contre ses adversaires. Cette confiance pourrait d’ailleurs se traduire par une titularisation face à l’Argentine. Malgré sa période difficile, Amoura possède un profil particulièrement intéressant pour ce type de rencontre.  

Sa vitesse et ses appels en profondeur peuvent constituer une menace permanente pour l’arrière-garde argentine. Dans un match où les espaces risquent d’être rares, sa capacité à attaquer la profondeur pourrait représenter une arme précieuse pour les Verts.

En plus de son apport offensif, son rôle pourrait également être important dans le plan tactique élaboré pour contrer Lionel Messi et ses partenaires. Grâce à son volume de jeu et à ses efforts incessants, Amoura fait partie des attaquants les plus impliqués dans les tâches défensives. Une qualité qui pourrait peser dans la décision finale de Petkovic. À l’approche du choc face à l’Albiceleste, une question demeure donc en suspens : la Coupe du monde sera-t-elle le théâtre du renouveau de Mohamed-Amine Amoura ? Les Verts espèrent en tout cas que leur attaquant retrouvera son instinct de buteur au moment où l’équipe en aura le plus besoin. Car un Amoura en confiance peut changer le visage d’un match à lui seul. Et si son réveil intervenait justement au meilleur moment ?

O. M.