CAN-2025 – Motsepe : « J'ai remis la médaille d'or à Sadio Mané, mais je dois.... »

Publié le : 8 Avril 2026

Dans un climat particulièrement tendu autour de l’issue de la CAN-2025, le président de la CAF, Dr Patrice Motsepe, a tenu mercredi soir une conférence de presse à Dakar, au Sénégal. Sa visite intervient quelques semaines après la décision du Jury d’appel de la CAF d’attribuer la victoire finale au Maroc sur tapis vert (3-0), au détriment du Sénégal, pourtant vainqueur sur le terrain le 18 janvier dernier après prolongation (1-0).

Contestant fermement cette décision, la Fédération sénégalaise de football a décidé de saisir le TAS de Lausanne afin de récupérer son titre continental. Face à cette crise sans précédent, Motsepe a tenté de calmer les esprits en insistant sur son attachement au Sénégal et à l’unité du football africain.

« La principale raison de ma présence ici est d’exprimer mon engagement envers la Fédération Sénégalaise, ainsi que la communauté africaine, dans l’optique de contribuer au développement du sport sur notre continent », a déclaré le patron de la CAF.

Le dirigeant sud-africain a également annoncé qu’il poursuivrait sa tournée au Maroc après son étape sénégalaise : « Je vais visiter le siège de la FSF avant de prendre un avion pour le Maroc, où je rencontrerai les acteurs du football marocain. Le message que je porterai sera un message d’amour, d’unité et d’engagement. Nous sommes tous appelés à travailler ensemble pour faire progresser le football africain. Notre objectif principal est de bien préparer les prochaines compétitions afin de permettre aux nations africaines d’obtenir de meilleurs résultats. » 

Interrogé sur le contentieux autour de la finale de la CAN-2025, Motsepe a rappelé que l’affaire était désormais entre les mains du TAS : « Concernant les différends et les problèmes liés aux finales, ils sont actuellement entre les mains du TAS. Quelle que soit la décision rendue, nous la respecterons. Le TAS est l’instance compétente pour trancher ces questions. »

Et d'enchaîner : « J’ai remis la médaille d’or à Sadio Mané et à Kalidou Koulibaly… J’ai remis le trophée à Kalidou Koulibaly. J’ai remis les 10 millions de dollars à Sadio Mané… Mais je dois respecter les lois et règlements en vigueur.»

Le président de la CAF a également insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance du football africain : « Les 54 pays africains doivent travailler d’arrache-pied pour développer notre football. La gestion du football sur le continent doit être conforme aux règles de la FIFA, qui inspirent nos lois et nos règlements. Nous y veillerons avec la plus grande rigueur. Nous travaillons également sur des réformes visant à améliorer les textes et la gouvernance de notre football. Ce processus est déjà engagé et nous continuerons à le renforcer. »

Sur la question sensible de l’arbitrage, Patrice Motsepe a reconnu la nécessité d’accompagner davantage les officiels : « Notre ambition est aussi d’accompagner les arbitres dans la prise de décisions, afin qu’ils soient en adéquation avec les exigences du football moderne. Les réformes initiées permettront de dissiper les difficultés existantes. Nous sommes convaincus que ces réformes permettront au football africain de retrouver toute sa compétitivité à l’échelle mondiale. Nous prônons une tolérance zéro face à la corruption, afin que les 54 nations africaines évoluent dans un environnement sain et équitable. »

« Les 18 supporters arrêtés au Maroc ? c’est une question sensible »

Souhaitant rassurer les différentes fédérations africaines, Motsepe a conclu sur un message de fermeté : « Je tiens à dire que nous sommes déterminés à redonner au football africain toute sa crédibilité, dans le respect des peuples africains qui nous font confiance. Au sein de la CAF, nous veillerons à ce que tous les pays soient traités avec équité, dignité et respect. »

La conférence de presse a également été marquée par la question des 18 supporters sénégalais toujours détenus au Maroc depuis la finale de la CAN. Arrêtés à l’intérieur du stade à l’issue de la rencontre, ils cumulent désormais près de 80 jours de détention, une situation qui suscite une vive émotion au Sénégal.

Sur ce dossier, Patrice Motsepe a reconnu la part de responsabilité de la CAF : « Nous respectons la souveraineté du Sénégal et celle du Maroc. Je suis totalement d’accord quand vous dites que ces personnes ont été arrêtées dans un stade, dans une compétition que nous avons organisée, c’est donc aussi notre responsabilité. »

Tout en qualifiant cette préoccupation de « légitime », le président de la CAF a toutefois souligné la sensibilité du dossier : « Ce sont des discussions au niveau diplomatique pour résoudre ce problème. C’est une question importante pour nous. Mais, vu sa sensibilité, ce n’est pas un sujet dont on peut parler publiquement », a-t-il conclu.

 M.M