Le refus inattendu d’Youcef Belaïli de signer son contrat avant le verdict du TAS a plongé le Mouloudia dans une crise sans précédent. Entre la colère noire des ultras à Zéralda et les menaces de démission du président Hadj Redjem, le Doyen vacille dangereusement en plein mercato estival.
L'ambiance est devenue électrique du côté de Bab El-Oued et l'incertitude plane sur l'avenir immédiat du club. Depuis la fin de la saison écoulée, le peuple vert et rouge trépigne d'impatience et exige un recrutement XXL pour aborder la prestigieuse Ligue des champions africaine. Pourtant, le temps passe, les jours filent, les grosses pointures du continent s'engagent ailleurs sous d'autres cieux et le Mouloudia se contente trop souvent de regarder le train passer. Certes, la direction algéroise n'est pas restée totalement inactive en officialisant les venues de quatre nouveaux éléments, à savoir Kohili, l'attaquant algérien Konaté, Abdelkader et Mehdaoui. Mais ces éléments de devoir ne suffisent pas à calmer l'immense appétit des supporters. Ces derniers réclament à cor et à cri des stars mondiales, des profils capables de faire basculer un match en Afrique comme Adam Ounas ou encore Youcef Belaïli. La gestion de ces dossiers prioritaires a mené droit vers l'explosion vécue en fin de journée d’hier.
Le pacte de Saint-Michel s'est écroulé
Tout avait pourtant commencé dans la discrétion et le respect des engagements mutuels lors d'un rendez-vous capital organisé à Saint- Michel hier. Autour de la table, le président Hadj Redjem s'est présenté avec des arguments financiers massifs. La direction du Doyen a accepté sans sourciller la totalité des exigences formulées par l'entourage du joueur. Dans l'esprit des dirigeants, cette entrevue devait impérativement sceller les retrouvailles officielles et déboucher sur la signature d'un nouveau contrat en bonne et due forme. Il faut dire que le temps pressait cruellement pour le Mouloudia. La concurrence s'intensifiait d'heure en heure avec les assauts répétés du MC Oran, prêt à toutes les folies financières pour récupérer le natif d’Oran, et l'intérêt très prononcé des Tunisiens de l'Espérance de Tunis. Tout le monde s'attendait à voir le joueur parapher son engagement mais le scénario a basculé.
Le clan Belaïli refuse de signer avant la levée de la sanction
La surprise fut totale pour l'état-major du MCA lorsque le clan de l'international algérien a opposé un refus catégorique à toute signature immédiate. Comme mentionné récemment, l'entourage du joueur attend avec optimisme le verdict du Tribunal Arbitral du Sport de Lausanne prévu vers la mi-juillet, s'appuyant sur un document capital de l'AC Ajaccio. Pour les représentants de l'attaquant, il est hors de question de signer le moindre document officiel tant que la suspension n'est pas levée par les autorités de Lausanne. Ils estiment qu'un accord verbal et une parole d'honneur suffisent amplement à matérialiser ce pacte en attendant la sentence finale. Youcef Belaïli a réitéré son attachement et son envie de porter à nouveau la tunique mouloudéenne, une volonté intacte depuis l'été dernier, mais ce blocage juridique a laissé le président les mains vides.
Les Green Corsairs prennent d'assaut le siège de Zéralda
La nouvelle de ce départ sans signature a fuité instantanément, provoquant une onde de choc immédiate chez les fans. Refusant de voir leur priorité leur échapper, soixantaine membres actifs du groupe d'ultras des Green Corsairs ont convergé en urgence vers le centre d'entraînement de Zéralda. L'ambiance est devenue lourde lorsque les supporters ont investi les abords du complexe pour manifester bruyamment leur mécontentement. Des banderoles aux messages poignants ont été déployées sur les grilles. Les ultras ont interpellé directement Hadj Redjem, lui ordonnant de faire son travail en garantissant le recrutement de haut niveau promis ou de céder immédiatement sa place à des dirigeants plus capables.
Le coup de sang de Hadj Redjem
Cette démonstration de force de la rue a profondément blessé le premier responsable du club. Ne supportant pas de voir son investissement contesté de la sorte, Hadj Redjem a lâché une véritable bombe en confiant à ses proches collaborateurs sa ferme intention de démissionner de son poste. Le président estime avoir consenti des efforts surhumains pour clore le dossier de la star oranaise. Seulement, la patience des fans est à bout. Dans l'esprit des supporters, le bilan du mercato est insuffisant car la direction a rencontré Adam Ounas sans réussir à lui faire signer un contrat, et le même échec s'est répété avec Youcef Belaïli. Depuis que le président-directeur général de Sonatrach a octroyé carte blanche totale et des fonds conséquents pour bâtir une équipe redoutable, le patron du club savait qu'il n'avait pas le droit à l'erreur. Cette menace de départ soulève désormais une question brûlante : s'agit-il d'un coup de bluff sous le coup de la colère ou d'une décision irrévocable. Le Mouloudia d'Alger se retrouve aujourd'hui face à un terrible champ de ruines et un avenir flou. Entre un président désavoué qui menace de partir et des cibles majeures qui glissent entre les doigts, le Doyen doit vite éteindre l'incendie avant que la saison africaine ne soit définitivement compromise.
A.Z.





