Encore une saison blanche pour la JSK, et cette fois, le constat dépasse largement le cadre sportif. Portée par une deuxième place lors de l’exercice précédent et une qualification à la Ligue des champions, l’équipe semblait avoir toutes les cartes en main pour franchir un cap. Mais à trois journées de la fin, tout s’est effondré.
Éliminée prématurément de la Coupe d’Algérie, sortie sans relief sur la scène africaine et distancée en championnat, la JSK a tout simplement tout raté. Mais réduire cet échec à un simple problème d’effectif ou de mercato serait une erreur. Le mal est bien plus profond. Depuis plusieurs mois, et notamment après les départs de Josef Zinnbauer, Medane et Ould-Ali, le club avance sans véritable cap. Aucun directeur technique sportif n’a été nommé, aucun entraîneur confirmé n’a été installé dans la durée et la direction semble avoir choisi d’attendre. Une stratégie qui s’est révélée perdante.
Un immobilisme qui coûte cher
Trois ans après l’arrivée de Mobilis, la JSK ne progresse pas. Pire, elle régresse. L’absence de décisions fortes a plongé le club dans une forme d’immobilisme inquiétant. Le mercato hivernal, censé corriger certaines carences, a été un échec, avec des recrues étrangères comme Teixeira et Ecua très loin des attentes. Dans le même temps, des signes de relâchement inquiétants sont apparus. Cartons rouges à répétition, retards, joueurs mécontents ou en retrait, autant d’indices qui traduisent un manque d’autorité au sein du vestiaire. Aujourd’hui, une évidence s’impose, personne ne dirige réellement sur le plan sportif. Au-delà du terrain, c’est aussi le lien avec les supporters qui s’effrite. Une grande partie du public ne comprend plus la stratégie globale du club, oscillant entre promesses d’ambition et décisions contradictoires. Dans un club comme la JSK, cette perte de repères devient rapidement un facteur aggravant. Et dans ce contexte, le choix de maintenir Bensafi jusqu’à la fin de saison illustre parfaitement cette gestion attentiste. Pensant gagner du temps, la direction a au contraire perdu un temps précieux. Résultat, une équipe sans repères, sans continuité et sans véritable leader.
Le chantier dépasse le mercato
Oui, l’effectif doit être renforcé. Oui, plusieurs joueurs doivent partir et d’autres arriver. Mais croire que le mercato suffira à redresser la situation relève de l’illusion. Même avec quatre ou cinq recrues de qualité, rien ne changera sans une réorganisation profonde. La priorité aujourd’hui est ailleurs, structurer le club, clarifier les responsabilités et installer une véritable direction sportive. Le recrutement d’un DTS ne doit pas être une décision tardive ou improvisée. S’il arrive en retard, il subira la pression du temps et sera contraint de bricoler, comme cela a trop souvent été le cas. La JSK doit repartir sur des bases solides, avec un projet clair, une vision à moyen et long terme et, surtout, une discipline irréprochable. Le vestiaire doit être repris en main, et les règles doivent s’appliquer à tous. La JSK se trouve à un tournant. Ce n’est pas seulement un effectif qu’il faut reconstruire, mais tout un organigramme. Sans cela, même les meilleures recrues ne feront que masquer, temporairement, des problèmes bien plus profonds. Le message est clair, sans rupture avec cette gestion attentiste, la JSK risque de revivre encore les mêmes désillusions. Et cette fois, les supporters n’accepteront plus l’immobilisme.
Said Djoudi





