EN : Petkovic prêt à partir si...

Publié le : 21 Juillet 2026 Par : Mohamed Amokrane Smail

Le maintien de Vladimir Petkovic à la tête de la sélection nationale ne signifie pas pour autant que le dossier est définitivement refermé. Derrière la décision de la FAF de poursuivre l'aventure avec le technicien suisse, les interrogations demeurent nombreuses quant à la suite de la collaboration entre les deux parties. 

 

Comme nous l'évoquions dans notre précédente édition, lors de la reprise du travail prévue au début du mois d'août rien ne sera plus comme avant pour le coach en sélection. Cette fois, l'enjeu ne sera plus seulement sportif. Il sera aussi humain. Car l'attitude de la Fédération, du staff et de l'environnement de la sélection pèsera lourd dans la décision que prendra Petkovic quant à la poursuite de son mandat.

 

Certitude

 

Selon des échos recueillis auprès de l'entourage du sélectionneur, Vladimir Petkovic reste, à ce stade, déterminé à honorer son contrat. Dans son esprit, il n'a pas échoué. Le technicien suisse continue de considérer qu'il a rempli les objectifs qui lui avaient été assignés par la FAF. Qualification à la Coupe du monde, seizième de finale du Mondial après un quart de finale à la CAN : il estime avoir respecté, voire dépassé, les engagements fixés lors de son arrivée. C'est d'ailleurs cette conviction qui l'avait conduit à écarter l'idée d'une démission après son retour en Suisse, alors qu'il s'était montré beaucoup plus ouvert à un départ au lendemain de l'élimination face à la Nati. Aujourd'hui encore, son intention est de poursuivre son travail. Mais cette volonté pourrait rapidement évoluer en fonction du climat qu'il découvrira à son retour en Algérie.

 

Le test du retour

 

Toujours selon son entourage, Petkovic veut avant tout prendre la température. Le sélectionneur observera les conditions dans lesquelles il sera accueilli, la nature de ses relations avec les responsables de la Fédération ainsi que l'environnement dans lequel il sera amené à travailler. Il sait que son contrat l'oblige à passer plusieurs semaines en Algérie chaque mois et chaque année afin d'assurer le suivi de son projet sportif. Cette disposition ne lui pose aucun problème en soi. En revanche, si son retour devait s'accompagner d'une atmosphère de défiance permanente ou d'un sentiment de rejet, son état d'esprit pourrait évoluer. Autrement dit, Petkovic ne partirait pas de son propre chef aujourd'hui, mais il pourrait reconsidérer sa position s'il venait à comprendre que sa présence n'est plus réellement souhaitée.

 

Le jugement du Collège technique

 

Un autre épisode continue de peser dans ce dossier : la réunion extraordinaire du Collège technique national. Toujours d'après les mêmes sources, le sélectionneur suisse a très mal vécu cette initiative. Il estime avoir atteint les objectifs qui lui avaient été fixés et considère donc que la remise en question publique de son travail constituait une forme de désaveu. Dans son entourage, plusieurs personnes parlent même d'une véritable humiliation. Non pas parce que son bilan a été discuté, mais parce qu'après avoir rempli sa mission selon les critères contractuels, il s'est retrouvé soumis à une évaluation technique dont l'issue pouvait remettre en cause son avenir. Même si le Collège a finalement recommandé son maintien, cette séquence aurait laissé des traces dans son esprit.

 

Environnement hostile = départ

 

La suite dépendra désormais largement de l'attitude de la Fédération. Si Petkovic retrouve un cadre de travail apaisé, un dialogue constructif et des conditions lui permettant de préparer sereinement les prochaines échéances, il devra poursuivre normalement sa mission. En revanche, si les changements annoncés au sein du staff s'accompagnent d'une volonté de réduire progressivement son champ d'action ou de lui imposer un environnement qu'il jugerait hostile, le scénario d'un départ pourrait rapidement revenir sur la table. L'ère Petkovic II est donc loin d'avoir commencé dans la sérénité. Officiellement, le sélectionneur est confirmé. Mais en coulisses, chacun semble désormais attendre le premier face-à-face entre le technicien suisse et la FAF. C'est probablement à ce moment-là que l'on saura si les deux parties souhaitent réellement poursuivre leur chemin ensemble, ou si elles ne font que repousser une séparation devenue inévitable.

 

Mohamed Amokrane Smail