Mahrez remplaçant : test ou option définitive ?

Publié le : 3 Avril 2026

L’apparition du capitaine Riyad Mahrez comme titulaire face au Guatemala n’avait rien d’étonnant. Tout semblait bien engagé lors de ce stage de mars pour le pensionnaire d’Al-Ahli Djeddah, avant que le doute ne s’installe à l’annonce du onze de départ contre la Celeste.

 

La dernière CAN, très mitigée pour l’ancien joueur de Manchester City, avait déjà semé des interrogations sur son avenir en sélection. Après un début encourageant, Mahrez a manqué de constance, au point d’être pointé du doigt par certains observateurs, notamment après la lourde défaite (3-0) face au Nigeria.

Pour ce retour en mars, peu imaginaient le voir écarté du onze face à l’Uruguay. D’autant que contre le Guatemala, Petkovic avait aligné une équipe proche de ses standards. Mais les plus attentifs y ont vu un premier signal : le sélectionneur n’allait pas forcément dévoiler ses véritables intentions face à une équipe classée 94e au monde.

 

Réaménagement tactique

 

Mais voilà que Vladimir Petkovic a décidé de franchir un cap en lançant un match de haut niveau sans son capitaine habituel. Sur les réseaux, les observateurs avertis ont immédiatement interprété ce choix comme une décision forte. Au-delà du cas Mahrez, c’est toute l’animation offensive qui se retrouve bouleversée.

Habituellement critiqué pour son manque de vivacité, le couloir droit pouvait espérer gagner en dynamisme. Mais le véritable changement réside dans le système adopté : avec trois défenseurs axiaux, Petkovic s’éloigne du classique 4-3-3. Dans ce schéma, le rôle des ailiers devient secondaire, voire inutile, ce qui explique en grande partie les choix du staff.

 

Argentine

 

Un match face au champion du monde en titre ne se prépare pas à la légère. Petkovic l’a bien compris et semble déjà anticiper ce rendez-vous. Le renforcement du bloc défensif apparaît comme une priorité, notamment après les lacunes affichées lors de la dernière CAN. La claque reçue contre le Nigeria a laissé des traces, et certains cadres pourraient en faire les frais. Dans cette logique, la mise à l’écart ponctuelle de Mahrez s’inscrit dans une réflexion plus globale autour de l’équilibre de l’équipe face à des adversaires de très haut niveau.

 

Départ en retraite

 

Avec le 3-4-2-1 mis en place, ce sont désormais les latéraux qui occupent un rôle clé, transformés en pistons et chargés d’animer les couloirs. Dans un système sans véritable avant-centre fixe, Petkovic privilégie la densité dans l’axe, avec des profils comme Maza et Aouar en soutien de Gouiri.

Ce dispositif ne nécessite pas d’ailiers traditionnels. D’ailleurs, même des joueurs comme Amoura ou d’autres doublures offensives n’ont pas été utilisés. Les arguments tactiques sont donc cohérents, mais ils soulèvent une question : pourquoi ce virage maintenant ?

 

Certains y voient une anticipation en vue de la Coupe du monde, où le niveau sera nettement plus élevé. Mahrez ayant lui-même évoqué une possible retraite internationale après le Mondial, Petkovic pourrait déjà préparer l’après. En parallèle, le sélectionneur, sollicité pour prolonger, semble prêt à s’inscrire dans la durée et à lancer un nouveau cycle.

La mise à l’écart progressive de cadres comme Belaïli, Bounedjah ou Bentaleb va dans ce sens. Et Mahrez, moins influent ces derniers mois, notamment depuis son départ en Arabie saoudite, n’échappe pas à cette logique de renouvellement.

 

Nouveau rôle

 

La question se pose désormais clairement : Riyad Mahrez est-il devenu un remplaçant à part entière ou son statut dépendra-t-il des choix tactiques ? Beaucoup estiment que l’Algérie pourrait évoluer durablement avec trois défenseurs centraux, rendant l’utilisation d’ailiers classiques plus compliquée. Toutefois, son apport reste indéniable en cours de match.  

Comme face à l’Uruguay, son entrée peut faire la différence grâce à sa qualité technique, sa conduite de balle et sa gestion du tempo. Dans ce contexte, il n’est pas improbable de voir une nouvelle fois un onze de départ sans Mahrez lors du prochain grand rendez-vous face à l’Albiceleste, le 16 juin.

S. M. A.