Les Verts : le mondial d'abord, le mercato après

Publié le : 31 Mai 2026

À quelques jours du début de la Coupe du monde, plusieurs joueurs de la sélection nationale sont susceptibles de changer de club cet été. Une situation qui les oblige à rester concentrés sur la compétition plutôt que sur leur avenir personnel.

 

L’enjeu et le caractère exceptionnel d’un Mondial, organisé seulement tous les quatre ans, constituent une source de motivation immense pour être prêt mentalement à ce grand rendez-vous. Il est évident que le poids du maillot national et la solidarité avec leurs coéquipiers prennent le pas sur les intérêts individuels.

 

Délégation à leurs agents

 

Lors des grandes compétitions telles que la Coupe du monde, la FIFA met parfois en place des fenêtres d’enregistrement exceptionnelles. Les joueurs auront ainsi le temps de statuer sur leur avenir même après le Mondial. Pour les internationaux algériens, la plupart ne sont pas pressés de s’engager avec un nouveau club. Leur objectif est de rester focalisés sur la compétition afin de réaliser un bon parcours. D’autant plus qu’une belle prestation durant le tournoi leur permettrait de négocier leur futur contrat dans une position plus favorable. Afin de ne pas perturber leur préparation mentale et physique, les joueurs délèguent les discussions relatives à leur avenir à leurs agents et intermédiaires.

 

Dans l’effectif retenu par Vladimir Petkovic figurent des joueurs libres cet été, à l’image de Mandi ou Bentaleb, tandis que d’autres, comme Ghedjemis, Boudaoui, Hadj Moussa, Bensebaïni, Zerrouki ou encore Hadjam, sont annoncés sur le départ. Ces derniers ne peuvent toutefois pas décider seuls de leur avenir. Une chose est sûre : réussir leur Coupe du monde demeure le meilleur moyen d’augmenter leur valeur marchande.

 

Leurs clubs bloquent les négociations

 

Si les joueurs libres peuvent s’engager avec leur futur club même durant le stage de préparation ou en pleine Coupe du monde, une simple signature électronique pouvant suffire, la situation est différente pour ceux qui sont encore sous contrat. Leurs clubs freinent volontairement les négociations afin de préserver leurs intérêts financiers. Une excellente performance au Mondial peut, en effet, faire grimper la valeur marchande d’un joueur. Il n’est donc pas rare que certaines directions repoussent les premières offres en espérant une surenchère après la compétition. D’autres fixent volontairement des prix élevés pour décourager les négociations et reporter les discussions à l’issue du tournoi.

 

Petkovic instaure un protocole d’isolement strict

 

Afin de préserver la concentration du groupe, Vladimir Petkovic, réputé pour sa gestion rigoureuse des stages de préparation, a décidé d’instaurer un protocole d’isolement strict avant le Mondial. Ainsi, les agents et intermédiaires n’ont pas accès au Centre technique national de Sidi Moussa. Le sélectionneur national exige que les discussions liées au mercato soient gelées ou gérées à distance par les représentants des joueurs, sans perturber le quotidien de l’équipe. Par ailleurs, l’utilisation des téléphones portables et des réseaux sociaux est strictement encadrée durant les périodes communes (repas, soins, réunions tactiques et entraînements). Les joueurs n’y ont accès que durant de courtes plages horaires en soirée. En clair, Petkovic applique une méthode fondée sur le principe de la « bulle hermétique de haute performance ». Cette forme d’autarcie vise à couper psychologiquement les joueurs de leur environnement de club afin de les plonger à 100 % dans leur objectif national.

M. S.