EN : Petkovic, la méthode qui a changé les Verts

Publié le : 9 Avril 2026

À mesure que la Coupe du monde approche, une certitude se dégage autour de l’équipe nationale : Vladimir Petkovic a réussi à imposer sa méthode.

Un cadre clair, une discipline assumée et surtout un message désormais parfaitement assimilé par les joueurs. Le dernier stage, jugé comme le plus abouti depuis son arrivée, a confirmé une tendance forte : le groupe a compris les exigences de son sélectionneur.

 

Une discipline au cœur du projet

 

Calme en apparence, loin des profils expansifs à la Mourinho, son compatriote Halilhodzic ou même son prédécesseur Belmadi, Petkovic n’en demeure pas moins un technicien rigoureux. Sa force réside dans des principes clairs, notamment en matière de sélection et de gestion du groupe. Le comportement est érigé en critère fondamental : pour entrer dans ses plans, le joueur doit adhérer autant au projet tactique qu’aux règles disciplinaires. Le Bosniaque ne cherche donc pas à sanctionner pour sanctionner, mais à préserver l’équilibre du vestiaire. Il récompense les profils stables, investis et n’hésite pas à écarter ceux qui risquent de perturber le groupe. Une ligne de conduite assumée, sans compromis.

 

Des décisions fortes, sans céder à la pression

 

Les cas récents en sont la parfaite illustration. La mise à l’écart de Farès Chaïbi, malgré la polémique qu’elle a suscitée, n’a jamais fait dévier Petkovic de sa trajectoire. Le technicien suisse n’écoute ni la pression médiatique ni la vox populi : seul compte son projet. Même logique avec Nabil Bentaleb, sanctionné après des écarts de comportement, ou encore avec Baghdad Bounedjah, temporairement mis de côté. Des décisions fortes, prises dans un seul objectif : asseoir une autorité et rappeler que personne n’est au-dessus du groupe.

 

Mahrez, un message fort pour le groupe

 

Le cas de Riyad Mahrez résume à lui seul la méthode Petkovic. Dès son arrivée, le sélectionneur avait tenu à rencontrer son capitaine pour lui exposer clairement ses attentes. Résultat : une adhésion totale du joueur, devenu un relais essentiel sur le terrain, pourtant le joueur avait manqué les 2 premiers stages de l’ancien coach de la Nati… Ryad est revenu et a été promu capitaine, mais cela n’a pas empêché Petkovic de l’envoyer sur le banc lors du dernier stage. Un choix fort, hautement symbolique. Même le capitaine, malgré son statut et son aura, n’échappe pas aux règles. Mahrez a accepté, envoyant un signal fort au reste du groupe : personne n’est intouchable.

 

Une concurrence relancée avant le Mondial

 

Aujourd’hui, les effets de cette méthode sont visibles. Le groupe vit mieux, la discipline est installée et les joueurs sont rentrés dans le rang. La preuve : certains éléments écartés, comme Bentaleb ou Bounedjah, sont désormais en voie de réintégration après avoir revu leur position et affiché publiquement leurs regrets. À l’approche de la Coupe du monde, la concurrence est plus ouverte que jamais. Certes, l’aspect sportif prime, puisqu’il déterminera la réussite ou l’échec du projet, mais la qualité du groupe a également un poids non négligeable. Une base de joueurs semble déjà se dégager, notamment parmi ceux ayant participé au dernier stage et au match face à l’Uruguay. Il reste toutefois plusieurs places à prendre, et Petkovic sera le seul juge. Dans ce contexte, les signaux envoyés par le sélectionneur sont clairs : la porte est ouverte, mais à ses conditions. Une gestion «main de fer dans un gant de velours» qui, aujourd’hui, porte ses fruits. Le message est passé et semble avoir été reçu cinq sur cinq.

S. M. A.