Dans la continuité du bilan du dernier stage et du plan de réaction mis en place par le staff technique, Vladimir Petkovic affine progressivement ses choix en vue de la Coupe du monde. L’objectif est clair : corriger les lacunes observées et bâtir le groupe le plus compétitif possible pour le rendez-vous mondial.
Dans ce contexte, les chances de certains joueurs écartés lors du stage de mars évoluent, notamment celles de Nabil Bentaleb et Baghdad Bounedjah, désormais de nouveau en course.
Bentaleb, du recadrage à la réhabilitation
Non retenu lors du dernier rassemblement, Nabil Bentaleb avait payé un comportement jugé inacceptable par le sélectionneur. Le joueur de Lille avait exprimé son mécontentement après son remplacement face à la Somalie en octobre dernier, avant d’enchaîner avec une nouvelle attitude d’agacement contre l’Ouganda, où il avait mal vécu son statut de remplaçant. Un épisode qui avait poussé Petkovic à trancher, en l’écartant du stage de novembre puis de la Coupe d’Afrique des nations, dans une logique de discipline déjà appliquée auparavant, Chaibi en a même payé les frais…
Une discussion en vue
Mais la situation semble aujourd’hui évoluer. Le milieu de terrain aurait, par des voies indirectes, fait part de ses regrets, ouvrant la porte à un rapprochement. Surtout, ses récentes performances avec le LOSC, notamment lors du derby du Nord remporté 3-0 face à Lens, où il s’est illustré par son volume de jeu et son impact à la récupération, ont relancé son crédit. Conscient de l’importance du joueur dans son dispositif, Petkovic se montre disposé à passer l’éponge, tout en fixant un cadre strict. Une discussion est attendue entre les deux hommes, le sélectionneur souhaitant rappeler l’exigence d’un état d’esprit irréprochable, que le joueur soit titulaire ou non. Dans un groupe appelé à disputer une Coupe du monde, aucune place ne sera laissée aux comportements susceptibles de perturber le vestiaire.
Une concurrence accrue au milieu
Le retour potentiel de Bentaleb s’inscrit toutefois dans un contexte de concurrence renforcée. L’émergence de Titraoui, le repositionnement de Farès Chaïbi, la montée en puissance de Ramiz Zerrouki, sans oublier les efforts d’Ibrahim Maza dans le travail défensif, redistribuent les cartes dans l’entrejeu. Par ailleurs, l’incertitude entourant la condition physique d’Ismaël Bennacer, en manque de temps de jeu avec son club, pousse le staff à envisager des alternatives solides. Dans cette optique, le profil expérimenté de Bentaleb, champion d’Afrique et habitué des grands rendez-vous, apparaît comme un atout non négligeable.
Une seconde chance pour Bounedjah
De son côté, Baghdad Bounedjah, également écarté lors du dernier stage, reste dans le viseur du sélectionneur. Apprécié pour son engagement constant, son abattage sur le terrain et son influence positive dans le vestiaire, l’attaquant conserve des arguments importants aux yeux du staff. Cependant, certaines attitudes continuent de poser question. Ses réactions parfois excessives sur le terrain, que ce soit envers les arbitres ou même ses coéquipiers, ainsi que certains épisodes récents, comme son accrochage verbal avec Adil Boulbina lors de la dernière CAN, n’ont pas été du goût de Petkovic.
Malgré ces réserves, l’expérience et le profil combatif de Bounedjah pourraient peser dans la balance, surtout dans une compétition aussi exigeante qu’une Coupe du monde, c’est pour cette raison, que Petkovic a décidé de remettre le joueur dans ses plans, surtout que le dernier a préféré observer le silence depuis la CAN, il a continué à bosser et son dernier match contre Umm Salal où il a brillé avec un but et une passe D, l’ont remis sur scène, au bon moment.
Rappelons que, malgré un nombre de buts jugé insuffisant ces derniers temps, le joueur demeure une valeur sûre, encensée par des techniciens de renom. Eric Chelle, sélectionneur du Nigeria, avait notamment tenu des propos élogieux sur l’enfant d’Oran lors d’une récente interview, évoquant la facilité à transpercer la défense algérienne en l’absence de Baghdad en attaque. Une reconnaissance qui vient presser Petkovic et renforcer le crédit du joueur, lequel devrait, sauf surprise, réapparaître dans le groupe de l’EN au mois de mai prochain.
Au final, Bentaleb comme Bounedjah restent pleinement sélectionnables et pourraient bien réintégrer les plans du sélectionneur. À condition, toutefois, de répondre aux exigences strictes fixées par Petkovic, pour qui le talent ne peut être dissocié de la discipline et de l’état d’esprit.
S.M.A.





