La présence de Luca Zidane dans la liste finale des Verts semblait pourtant envoyer un message clair. En le maintenant dans le groupe pour la Coupe du monde, Vladimir Petkovic donnait l’impression que le gardien de Grenade avait définitivement tourné la page de sa blessure à la mâchoire et au menton.
Les garanties médicales étaient là, le feu vert aussi. Mais depuis quelques jours, certains détails viennent sérieusement relancer le débat. Dimanche, lors de la séance ouverte au public au stade Nelson-Mandela de Baraki, le fils du légendaire ‘’Zizou’’ a vécu un moment révélateur. Pendant un exercice de frappes, une tentative puissante d’Anis Hadj Moussa a terminé sa course sur la zone touchée et protégée de son visage.
Un choc qui relance les doutes
Immédiatement, le gardien s’est arrêté, portant instinctivement la main à son menton avant de quitter momentanément l’exercice. La scène a provoqué un certain malaise au bord du terrain. Hadj Moussa s’est rapidement dirigé vers son coéquipier pour prendre de ses nouvelles, tandis que le staff observait attentivement la réaction du portier. Plus que le choc lui-même, c’est surtout l’attitude de Zidane qui a retenu l’attention. Son hésitation dans les sorties, sa prudence dans les duels et surtout sa difficulté apparente à évoluer avec un masque de protection ont confirmé que le gardien n’est pas encore totalement libéré mentalement. Le problème n’est donc pas forcément physique. Il est aussi psychologique et lié à la peur du contact, un élément extrêmement important pour un gardien appelé à affronter l’intensité d’une Coupe du monde.
Les Pays-Bas comme révélateur
Même si Vladimir Petkovic a assuré dimanche en conférence de presse que tous les joueurs blessés étaient aptes, y compris Luca Zidane, le staff technique semble aujourd’hui avancer avec beaucoup plus de prudence. En interne, les dernières séances ont servi de véritable période de test. Le sélectionneur a même retardé certaines décisions afin d’évaluer les réactions de son numéro un présumé, ce qui explique la présence de Ramdane dans les plans comme réserviste. Et plus les jours passent, plus les indices pointent vers un changement de hiérarchie. Le gardien de Grenade n’est clairement pas encore au sommet de sa forme.
Peu habitué à jouer avec un masque, gêné dans ses repères et dans les contacts, il semble encore loin d’une condition optimale pour débuter un rendez-vous aussi exigeant qu’un match face à l’Argentine et même face aux Pays-bas. Dans ces conditions, le staff des Verts a déjà commencé à préparer sérieusement le plan B. Et ce plan mène directement aux deux autres gardiens : à Melvin Mastil et surtout à Oussama Benbot. Le match amical prévu demain au Stadion-Feijenoord de Rotterdam face aux Pays-Bas sera donc riche en enseignements. Le gardien qui débutera cette rencontre aura de fortes chances d’être aligné ensuite contre l’Argentine lors de l’entrée en lice au Mondial, même si Petkovic aura encore un match face à la Bolivie pour avoir plus de certitudes.
Avantage
Tout indique désormais que Benbot est le mieux placé pour prendre les commandes de la cage algérienne. Revenu de très loin après sa retraite internationale annoncée au lendemain de la CAN, le portier de l’USMA arrive avec une dynamique totalement différente. Ses récents succès avec son club, sa confiance retrouvée et sa réhabilitation progressive au sein du groupe jouent clairement en sa faveur. À l’inverse, Melvin Mastil revient lui aussi d’une blessure et continue de souffrir d’un déficit de confiance lié à ses dernières performances et au nombre de buts encaissés en club. Certes, Benbot ne possède pas totalement le profil de relance et de jeu au pied tant apprécié par Petkovic. Mais aujourd’hui, le sélectionneur semble surtout rechercher un gardien prêt mentalement et physiquement pour le défi qu’est la Coupe du monde. Le Stadion-Feijenoord pourrait donc devenir le théâtre du choix final. Car si Luca Zidane a probablement remporté la bataille de la liste en s’accrochant à sa place dans les 26, il semble en revanche avoir perdu celle du poste de numéro un.
Mohamed Amokrane Smail





