Dans l’un de nos précédents articles, nous expliquions « la méthode Vlad », relatant quelques faits et exemples sur la manière dont le sélectionneur national a géré les conflits et les écarts disciplinaires survenus depuis qu’il a pris les rênes de l’équipe nationale. Nous avions notamment rappelé la gestion des cas Belaïli et Bounedjah, écartés pour de bon de la sélection.
Nous avons également évoqué la mésaventure de Maza ainsi que la sanction infligée à deux autres joueurs actuellement présents ici, à San Francisco. Dans ce qui suit, nous revenons sur le règlement intérieur imposé à l’ensemble des joueurs, sans exception, durant cette compétition. Lors d’une réunion tenue à Sidi Moussa, Vladimir Petković a exposé à l’ensemble de son groupe le code de conduite à respecter durant le séjour à Kansas City et à San Francisco. Ce règlement intérieur repose sur un programme minutieusement établi. Privilégiant une autorité tranquille mais inflexible, le « code Petković » s’articule autour de plusieurs piliers fondamentaux : sanction immédiate en cas d’écart de comportement, absence totale de traitement de faveur et refus de tout passe-droit.
La fuite sur la blessure d’Amoura a rendu Petković fou de rage
Petković contrôle strictement la communication autour de la sélection nationale. Afin d’éviter toute polémique et de préserver l’intimité ainsi que la concentration du groupe, il a demandé aux joueurs, mais aussi à tous les membres de la délégation, de ne rien révéler de la vie interne de l’équipe. Avant-hier, le sélectionneur était hors de lui en apprenant que l’information concernant la blessure d’Amoura circulait déjà dans les médias. D’ailleurs, en conférence de presse, Vladimir Petković a refusé de confirmer l’information, tentant ainsi de brouiller les pistes pour son adversaire et de maintenir le suspense quant à l’aptitude de Mohamed Amoura pour le match face à la Jordanie. Autre règle essentielle aux yeux du « Coach Vlad » : le respect du staff et du groupe. La cohésion interne prime sur les individualités et les ego. Les statuts de « star » ou l’ancienneté en sélection n’offrent aucun privilège ; cadres, binationaux et joueurs locaux sont tous logés à la même enseigne.
Attention : exclusivité aux sponsors de la FAF
Par exemple, l’attribution des chambres et des services est standardisée afin d’éviter toute jalousie au sein de la sélection nationale. Les repas en commun sont obligatoires et la présence de l’intégralité du groupe à des horaires fixes est non négociable afin de renforcer l’esprit d’équipe. Petković a également instauré des règles très strictes concernant la nutrition et le régime alimentaire de l’équipe. Il est strictement interdit de commander de la nourriture en dehors de l’hôtel ; tous les menus sont validés et préparés de manière uniforme par le staff médical et nutritionnel. Le port de la tenue officielle est également obligatoire à l’intérieur du camp de base. Le volet marketing est lui aussi pris très au sérieux. Aucun accessoire ou vêtement d’une marque personnelle n’est toléré durant les rassemblements. Par ailleurs, et c’est un aspect très important aux yeux du sélectionneur, des restrictions concernant l’utilisation des réseaux sociaux sont imposées aux joueurs. Ces derniers, tout comme les autres membres de la délégation, ont l’interdiction absolue de publier des images des coulisses de la vie du groupe, des détails concernant l’hôtel ou des informations tactiques sur Instagram, TikTok ou toute autre plateforme. D’ailleurs, les téléphones et les tablettes sont interdits durant les repas collectifs, les réunions et même les séances de soins, afin de préserver la concentration.
Il a passé l’éponge pour Maza et Zerrouki, mais…
Le seul incident ayant enfreint le code de conduite durant cette Coupe du monde s’est produit à Kansas City lors des premiers jours du séjour. Les auteurs de cette entorse étaient Ibrahim Maza et Ramiz Zerrouki. Les deux milieux de terrain avaient été aperçus dans les rues de Lawrence, détendus sur des trottinettes électriques. Le sélectionneur n’a pas du tout apprécié cette initiative et l’a clairement fait savoir aux deux joueurs. « Et s’ils se blessent ? Et si un accident survient ? Quelles conséquences pour eux, pour nous ? Qu’allons-nous dire à leurs clubs, à leurs familles, au peuple algérien ? », nous confiera un responsable de la FAF, ajoutant que le coach, tout comme les dirigeants de la Fédération, les avait sévèrement recadrés. Finalement, comme nous avons pu le constater, Petković ne s’est pas montré totalement intransigeant dans cette affaire. Compréhensif et privilégiant l’intérêt de l’équipe à l’application stricte de son règlement, il a décidé de passer l’éponge puisque Maza a débuté la rencontre et Zerrouki est entré en jeu en seconde période.
K. S.





