EN : Sévèrement critiqué, Petkovic imperturbable

Publié le : 25 Juin 2026

Alors que l’Algérie poursuit son parcours en Coupe du monde 2026 avec des ambitions intactes après une victoire maîtrisée face à la Jordanie à San Francisco (2-1), le climat autour de la sélection nationale s’est brusquement tendu.

 

Le sélectionneur des Verts, Vladimir Petkovic, se retrouve au centre d’une polémique qu’il juge à la fois disproportionnée, mal ciblée et surtout malvenue à l’approche d’un rendez-vous important face à l’Autriche.

 

Un contexte sportif favorable… parasité par le bruit extérieur

 

Sur le plan comptable, les Verts avancent. La victoire face à la Jordanie a permis à l’Algérie de faire un pas gigantesque vers les seizièmes de finale. Pourtant, au lieu de capitaliser sur cette dynamique positive, la sélection se retrouve au cœur d’une séquence de critiques publiques nourries par des analyses médiatiques et des interventions d’anciens internationaux. Une situation que certains au sein du staff jugent déconnectée du contexte réel de la compétition. Parmi les prises de parole les plus commentées figurent celles de plusieurs internationaux algérien, dont Mehdi Lacen, Anthar Yahia, Islam Slimani et Khaled Lemmouchia. Leur regard critique, relayé dans différents espaces médiatiques, porte notamment sur les choix tactiques du sélectionneur et la gestion de certains temps forts du match face à la Jordanie.

 

Surpris par le timing et l’intensité des critiques

 

 

Selon des informations recueillies dans l’entourage de la sélection, le technicien bosniaque aurait fait part à son staff d’une incompréhension profonde face au moment choisi pour ces critiques. À quelques jours d’un match important contre l’Autriche, il s’interrogerait sur l’utilité d’un tel emballement médiatique. Pour Petkovic, la question n’est pas celle de la critique en elle-même. Le sélectionneur accepte que ses choix puissent être discutés. Mais il distingue clairement la critique constructive du procès public qu’il estime excessif dans le contexte d’une Coupe du monde. Surtout, il considère que cette pression ne touche pas uniquement sa personne, mais l’ensemble du groupe. Dans une compétition où la gestion émotionnelle est essentielle, la multiplication des débats extérieurs est perçue comme un facteur de perturbation inutile. À cette tension s’est ajoutée une nouvelle couche médiatique avec les révélations du journaliste français Romain Molina. Ce dernier soutient que les joueurs des Verts auraient été déstabilisés par des changements de système à la veille de la Coupe du monde, notamment l’abandon d’une défense à trois travaillée en préparation au profit d’un schéma plus classique à quatre défenseurs. Des éléments que le sélectionneur considère, en interne, comme exagérés, voire infondés et déconnectés de la réalité du travail quotidien du staff technique.

 

Un débat tactique amplifié par le contexte médiatique

 

Il est indéniable que certains choix de Petkovic depuis le début du tournoi suscitent des débats légitimes. La gestion des systèmes de jeu, les ajustements en cours de match ou encore l’utilisation de certains profils font partie des discussions classiques dans toute grande compétition. Mais au sein du staff, on estime que ces débats ont pris une ampleur disproportionnée au regard des résultats et du contexte global. Le match face à la Jordanie est notamment cité comme exemple. Face à un bloc bas compact et discipliné, les Verts ont dû faire preuve de patience, de maîtrise et d’adaptation pendant 90 minutes avant de renverser la situation. Une performance qui, en interne, est perçue comme la preuve d’une capacité d’adaptation collective. Ce qui inquiète davantage Petkovic, ce n’est pas uniquement la critique en elle-même, mais son intensité à un moment important du tournoi. Il estime que la sélection est devenue une cible facile dans un contexte où chaque détail est amplifié. Le timing, à l’approche d’un match potentiellement décisif contre l’Autriche, interroge particulièrement. Imperturbable en apparence, Vladimir Petkovic considère enfin que la réponse la plus forte ne viendra ni des plateaux télé, ni des réseaux sociaux, mais bien du terrain.

O. M.