Comme on le sait, au lendemain des deux quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, la Confédération africaine de football a officiellement annoncé l’ouverture d’une enquête disciplinaire, à la suite des scènes de tension et de violence relevées lors de certaines rencontres.
L’attention de la CAF s’est particulièrement portée sur le match ayant opposé l’équipe nationale au Nigeria, une rencontre marquée par une fin houleuse et des incidents jugés suffisamment sérieux pour nécessiter une réaction immédiate de l’instance continentale. Selon les premières informations communiquées, des images diffusées après la rencontre ont montré des joueurs, mais surtout des membres administratifs de la délégation algérienne, adressant des propos virulents à l’arbitre sénégalais Issa Sy. Si le contenu exact de ces échanges reste officiellement inconnu, des échos concordants au sein de la CAF indiquent que l’arbitre et le commissaire du match auraient consigné des éléments jugés «très négatifs», évoquant notamment des injures et des paroles déplacées. Le point le plus sensible du dossier réside dans le fait que la CAF considère ces faits comme une récidive.
En effet, lors de la fenêtre internationale du mois d’octobre dernier, à l’occasion du match face à l’Ouganda, comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2026, l’instance africaine avait déjà signalé une agitation inhabituelle le long de la main courante. Une rencontre pourtant sans véritable enjeu sportif, si ce n’est celui d’assurer un maximum de points, mais durant laquelle la pression était montée d’un cran face à une sélection ougandaise solide. Ce jour-là, l’arbitre mauricien avait été pris à partie par des administrateurs, un précédent qui pèse aujourd’hui lourd dans l’analyse disciplinaire de la CAF, laquelle a officiellement pris attache avec la Fédération algérienne de football.
Une pause-citron houleuse
Dans ce contexte, la commission de discipline de la CAF a adressé une correspondance à la FAF, lui demandant de répondre formellement et de fournir sa version des faits concernant les incidents ayant suivi le quart de finale. D’après des sources bien informées, le rapport disciplinaire fait état de l’implication de plusieurs dirigeants, ainsi que de certains joueurs, dans ce que la commission assimile à une tentative d’intimidation à l’encontre de l’arbitre Issa Sy et de son équipe, que ce soit à la pause ou immédiatement après le coup de sifflet final, car en plus des images relayées par les medias, il y avait une pause très chaude, où le camp algérien a tenu à faire des reproches au referee sénégalais, coupable d’avoir fermé les yeux sur un penalty ‘’flagrant’’.
Le dossier s’appuie sur des rapports officiels émanant du corps arbitral, du commissaire au match et du responsable de la sécurité, ainsi que sur différents supports vidéo, dont les images issues des caméras de surveillance du Grand Stade de Marrakech. À ce stade, la FAF n’a pas encore transmis sa réponse officielle, mais une réunion par visioconférence entre les deux parties est déjà programmée, avant que la CAF ne rende sa décision finale ; en cas de sanction grave, la possibilité de faire appel restera ouverte, mais l’on avance déjà qu’il y aura des éléments qui seront sanctionnés.
Rappelons que parallèlement à cette procédure disciplinaire, la Fédération algérienne de football a annoncé avoir déposé une plainte formelle contre le corps arbitral du quart de finale face au Nigeria. La FAF pointe des erreurs d’arbitrage majeures qui, selon elle, ont lourdement influencé le cours de la rencontre et «bousillé» le match. Le comportement de l’arbitre sénégalais Issa Sy est également mis en cause, notamment pour avoir menacé certains joueurs d’expulsion, il aurait aussi proféré des propos racistes envers d’autres éléments dans un contexte de forte tension.
La FAF reproche surtout au duo Sy-Atcho une gestion catastrophique de certaines phases décisives, en particulier le refus d’accorder le fameux penalty. À la VAR, le Gabonais Pierre Atcho est de nouveau au centre des critiques, lui qui traîne un passif polémique avec la sélection algérienne. Déjà dénoncé lors de la précédente CAN en Côte d’Ivoire pour avoir ignoré deux penalties flagrants face à l’Angola et au Burkina Faso, Atcho avait été sanctionné, cette fois il vient d’être récompensé en étant désigné pour le match de ce soir entre le Sénégal et l’Egypte.
S. M. A.





