Mostefa: «On ne peut pas sortir contre la Suisse et rigoler»

Publié le : 13 Juillet 2026

L'ancien international algérien Mehdi Mostefa n'a pas caché sa déception après le parcours de l'équipe nationale à la Coupe du monde 2026.

Invité du podcast de la chaîne YouTube « Capté », l'ex-milieu des Verts a livré une analyse sans détour de la participation algérienne, pointant notamment le manque d'attitude affiché par certains joueurs. Il a également dressé le portrait du sélectionneur idéal pour les Verts, tout en évoquant les pistes Madjid Bougherra et Hervé Renard.

 

«Il faut un sélectionneur qui connaisse l'environnement»

Pour Mehdi Mostefa, le principal chantier de la sélection dépasse largement les considérations tactiques. L'ancien milieu estime que l'EN a besoin d'un technicien capable de comprendre le contexte particulier qui entoure les Verts et de gérer un environnement souvent complexe.

S'il cite Vladimir Petkovic avec respect, il rappelle surtout l'exemple de Vahid Halilhodzic, qu'il considère comme une référence. Selon lui, le technicien bosnien avait rapidement assimilé les spécificités du football algérien et su imposer son autorité.

 

« Il faut quelqu'un qui connaisse un petit peu l'environnement. Je ne dis pas forcément un pur Algérien, mais un sélectionneur qui a de la poigne, parce qu'il faut de la poigne pour avoir cette équipe d'Algérie en main. »

Mostefa estime que Djamel Belmadi avait lui aussi trouvé cet équilibre, notamment lors du sacre continental de 2019, avant que la dynamique ne se brise.

 

«Il faut s’appuyer sur les anciens joueurs»

Au-delà du profil du sélectionneur, l'ancien international insiste sur l'identité même de la sélection nationale. Pour lui, représenter l'Algérie ne peut être comparé à une simple expérience en club : « L'équipe nationale, ce n'est pas le club. Il y a quelque chose d'autre. On représente un pays, on représente un peuple. Dans ma conception, aller en sélection est un devoir. » Il plaide ainsi pour une implication plus importante des anciens internationaux dans le fonctionnement de la sélection afin de transmettre cette culture aux nouvelles générations : « On devrait s'appuyer sur des anciens joueurs qui ont connu cette équipe nationale pour faire ressentir à la nouvelle génération ce devoir que nous avons connu. »

Dans cette logique, Mehdi Mostefa voit en Madjid Bougherra un candidat crédible pour l'avenir. Sans forcément l'imaginer immédiatement seul aux commandes, il estime que l'ancien capitaine possède les qualités humaines et la connaissance du terrain nécessaires pour accompagner la sélection vers une nouvelle étape : « Je le vois bien. C'est quelqu'un qui a de grandes capacités. Ce sont des joueurs qui connaissent parfaitement ce qui s'est passé et qui peuvent transmettre cette culture. »

Il cite également Karim Matmour et Anthar Yahia parmi les anciens internationaux qui pourraient apporter leur expérience à différents niveaux de l'encadrement de la sélection.

 

«Les attitudes, c’est le sélectionneur qui les donne»

C'est toutefois en évoquant la Coupe du monde américaine que Mehdi Mostefa se montre le plus sévère. Sans remettre uniquement en cause le plan de jeu de Vladimir Petkovic, il pointe surtout un problème d'attitude : « Petkovic, je ne le connais pas personnellement. Je sais qu'il a fait de belles choses. Quand on n'est pas à l'intérieur, c'est compliqué d'avoir une analyse complète. »

Mais pour lui, le constat est ailleurs : « Au-delà du plan de jeu, ce sont les attitudes. Les attitudes, c'est le sélectionneur qui les donne. Avec Vahid, nous étions peut-être moins talentueux que cette génération, mais quand on rentrait sur le terrain, on voulait se dépouiller les uns pour les autres. » L'ancien milieu d’Ajaccio fait alors clairement référence aux images ayant circulé après l'élimination face à la Suisse en seizièmes de finale : « On ne peut pas sortir contre la Suisse et rigoler. On peut rigoler en dehors ou en off, mais j'ai vu des sourires. Quand on est Algérien et qu'on joue pour l'Algérie, on doit au minimum avoir un comportement digne. » Pour Mostefa, cette attitude traduit une perte de l'état d'esprit qui faisait la force des précédentes générations : « J'espère qu'on retrouvera ce cœur qu'on mettait à l'ouvrage quand on rentrait sur le terrain, parce que je pense qu'on l'a un peu oublié. »

 

«Hervé Renard a beaucoup d'arguments»

Interrogé sur l'hypothèse Hervé Renard, Mehdi Mostefa ne cache pas son admiration pour le technicien français : « J'adore sa personnalité. J'aurais aimé l'avoir comme entraîneur à Sochaux. J'aimais voir son attitude, la rage qu'il mettait et la manière dont il se comportait avec ses joueurs. »

Il estime que son expérience sur le continent africain constitue un véritable atout : « Il a connu plusieurs sélections, remporté des titres avec des équipes africaines. Il a beaucoup d'arguments et de critères qui pourraient faire de lui un bon successeur. » En conclusion, Mehdi Mostefa rappelle que le succès passe avant tout par une organisation cohérente : « Comme sur le terrain, il faut mettre les bonnes personnes aux bons postes. »

Mohamed Amokrane Smail