La JS Kabylie sombre d'une semaine à l'autre dans la tourmente. Éliminée de la Coupe d'Algérie dès les 1/16 de finale par l'USM El-Harrach, elle est sur le point de quitter la phase de poules de la Ligue des champions d’Afrique par la petite porte. Avec 2 points en 4 matchs, il faudra un miracle pour qu'elle se qualifie pour les 1/4 de finale.
Et en championnat, ses chances de remporter le titre sont très, très infirmes compte tenu de l'écart de 13 points qui la sépare du leader. C'est une cruelle désillusion pour les supporters qui pensaient que cette saison serait la bonne. Pourtant, les mauvais résultats enregistrés lors des premières journées, les coéquipiers de Belaïd avaient réussi à remonter la pente en enchaînant des performances en championnat et un parcours sans faute lors des deux premiers tours préliminaires de la Ligue des champions. Malheureusement, il a suffi qu'ils se fassent rejoindre au score à Béchar après avoir mené par 2 buts à 0 pour qu'ils sombrent dans l'incertitude comme en témoigne leur défaite face au CSC qui était sur une série de mauvais résultats. Et leur lourde défaite face à Al Ahly lors de la première journée de la phase de poules n'a fait que les plonger dans la crise.
La victoire face au CRB, de la poudre aux yeux
La preuve, ils avaient perdu une semaine plus tard face à l'ESS, une équipe largement à leur portée et le retrait du directeur général Hakim Medane n'a pas arrangé les affaires de l'équipe qui après une élimination précoce en coupe d'Algérie a collectionné les échecs tant au niveau national que continental et la victoire en déplacement face au CRB n'a été que de la poudre aux yeux. Les raisons de cette descente aux enfers sont multiples et la direction, le staff technique ainsi que les joueurs ont tous une part de responsabilité dans ce fiasco.
Pas d'analyste vidéo
Malgré les milliards dépensés cette saison, les dirigeants n'ont pas daigné recruter un analyste vidéo après le départ du Sud-Africain Tshepo Leuta rentré chez lui depuis près de deux mois. Ils ont fait appel à l'analyste vidéo des jeunes catégories que de recruter quelqu'un capable d'aider Zinnbauer dans son travail. L'absence d'un analyste vidéo pour un club dont le budget est considéré parmi les plus gros du championnat a laissé tout le monde pantois. Même le renforcement du staff de Zinnbauer a été évoqué à un moment donné. En effet, après le départ d'Omar Adlani, ce dernier a été remplacé par Marc Chervaz, qui a eu pour mission de servir comme interprète pour Zinnbauer. Ainsi, au lieu de renforcer le staff technique par un adjoint capable d'aider le coach allemand dans son travail, les dirigeants n'ont rien fait. Zinnbauer est un entraîneur qui a déjà fait ses preuves, mais il lui est arrivé de rater son coaching, mais s'il avait un staff élargi avec des assistants compétents, il aurait réalisé de meilleurs résultats.
Absence d'anticipation
Le départ de l'entraîneur Zinnbauer en Autriche pour renouveler son visa d'entrée en Algérie pour pouvoir bénéficier d'un nouveau contrat de travail au moment où l'équipe préparait un match décisif pour la qualification pour les 1/4 de finale face à l'AS FAR prouve que la direction actuelle n'a aucune stratégie ni sens d'anticipation. Tout le monde savait que la reprise de la Ligue des champions était prévue pour le 24 janvier et que l'équipe sera appelée à jouer chaque week-end jusqu'à la fin de la phase de groupes et au lieu d'attendre la fin de la troisième journée de la phase de groupes pour que l'entraîneur Zinnbauer renouvelle son visa, les dirigeants auraient pu prendre leurs devant en lui demandant de le renouveler juste après le dernier match de la phase aller face au CRB disputé le 9 janvier dernier. Dans un club qui se respecte, chaque détail est pris au sérieux et il n'y a pas de la place à l'improvisation.
Malheureusement, ce n'est pas le cas à la JSK et les dirigeants n'ont même pas daigné s'expliquer sur l'absence prolongée de Zinnbauer qui n'avait rejoint l'équipe que jeudi dernier à Rabat. Le secrétaire, le coordinateur, le manager général et le président devaient être au courant que le coach avait besoin d'un nouveau permis de travail, sauf si son départ chez lui est dû à d'autres raisons et dans ce cas-là, ils devront s'expliquer sur son absence.
Déchirements et salaires impayés
Malgré les lacunes qui existent dans l'équipe, la JSK dispose d'un effectif capable de se qualifier aisément aux 1/4 de finale de la Ligue des champions et de jouer les premiers rôles au niveau national, mais les luttes intestines entre les dirigeants et la non-régularisation de la situation financière des joueurs ont été fatales pour l'équipe. Au lieu de travailler la main dans la main pour permettre à l'équipe d'aller de l'avant, les dirigeants s'entredéchiraient. Cela a créé un climat malsain et avec les revendications des joueurs concernant le payement des salaires, la situation devenait intenable. Tout cela s'est répercuté négativement sur l'équipe qui aurait pu éviter toutes ces désillusions, s'il y avait une certaine confiance entre les joueurs et la direction. Dans tous les clubs, il y a eu des retards dans le payement des salaires, mais à la JSK, cela a poussé certains éléments à monter au créneau et même à envoyer des mises en demeure à la direction. Le président Ould-Ali a accordé un salaire à ses joueurs avant le déplacement à Rabat, mais les carottes étaient déjà cuites.
Transferts de joueurs
La JSK a été l'un des clubs les plus actifs sur le marché des transferts cette saison. Le blocage du compte bancaire n'avait pas empêché de s'offrir des joueurs d'expérience l'été dernier à l'image de Mahious, Belaïd et Messaoudi pour ne citer que ceux-là. Certains éléments n'ont pas donné satisfaction, mais les dirigeants avaient promis de rectifier le tir au mercato hivernal. Même s'il est encore tôt pour porter le moindre jugement sur les nouvelles recrues (Boulkaboul, Teixeira et Celestin Ecua) qui ont fait leur première apparition sous le maillot des Canaris samedi dernier face à l'AS FAR, le fait que la direction n'ait pas recruté un relayeur de qualité a laissé plus d'un perplexe.
Avant même le départ de Boudjemaâ pour le club saoudien Al-Wihda, Zinnbauer avait réclamé le renforcement de son effectif par un milieu de haut niveau, mais malgré ça, les dirigeants n'ont recruté aucun milieu au mois de janvier dernier. L'autre point qui a fait couler beaucoup d'encre et de salive est que certains agents de joueurs nous ont confié qu'ils ont décidé de ne plus travailler avec la direction actuelle sous prétexte qu'ils avaient proposé des joueurs et que ces derniers ont été contactés par d'autres agents leur promettant de les faire signer à la JSK. Pour eux, l'absence de confidentialité dans le dossier de leurs joueurs ne les encourage pas à vouloir travailler avec cette direction.
N. B.





