Guardiola et la Palestine: «Comment rester insensible ?»

Publié le : 4 Février 2026

Habituellement interrogé sur la tactique ou les blessures de son effectif, Pep Guardiola a profité de sa dernière conférence de presse pour livrer un plaidoyer humanitaire poignant. Le coach de Manchester City a dénoncé l'aveuglement collectif face au «génocide» en Palestine, tout en fustigeant le silence médiatique qui l'entoure.

Le technicien catalan ne s'en cache plus : les images qui défilent sur nos écrans le marquent profondément. Pour lui, l'ère de l'ignorance est terminée. « Avant, on ne voyait pas. Aujourd’hui, on voit », a-t-il martelé, évoquant une réalité impossible à occulter. Citant également les drames au Soudan et en Ukraine, Guardiola a insisté sur la détresse des civils, des familles et des enfants, victimes directes de ces violences. Pour l'ancien coach du Barça, ce constat dépasse les clivages traditionnels:

«Ce n’est pas une question de droite ou de gauche. Ce n’est pas une question idéologique, c'est simplement l'amour de la vie.» Refusant d'entrer dans une analyse géostratégique, Pep Guardiola a placé le débat sur le terrain de l'humain. Il a précisé que sa douleur ne dépendait ni de la nationalité, ni de l'origine des victimes. « Si c’était de l’autre côté, ça me ferait mal aussi », a-t-il affirmé avec gravité, ajoutant qu'aucune cause ne peut justifier la mort massive d'innocents.

Interrogé sur la rareté de tels sujets en conférence de presse, Guardiola a exprimé une certaine surprise mêlée d'ironie : « J'apprécie qu'on me pose cette question pour la première fois en dix ans. On dirait que vous [les médias] n'avez pas le droit de le faire. »

Un engagement de longue date pour la Palestine

Ce n'est pas la première fois que Pep Guardiola prend position. Déjà en juin dernier, il confiait souffrir « physiquement » de la situation à Gaza, s'indignant de voir des enfants mourir dans des hôpitaux dévastés. En novembre, il était allé plus loin en accusant la communauté internationale de passivité : « Le monde a abandonné la Palestine. Nous n'avons absolument rien fait. »

Face à ce qu'il qualifie sans détour de « génocide », Guardiola refuse de rester insensible. Malgré des amis aux opinions divergentes, il estime que le silence n'est plus une option face à des vies qu'il considère comme « brisées » de manière irréparable.

Ouenzar Riad.