EN: une 3e place aux allures d'une bonne affaire

Publié le : 29 Juin 2026

Au terme d'un match complètement fou face à l'Autriche, l'équipe nationale a validé son billet pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde. Les dernières minutes de la rencontre ont fait passer les supporters algériens par toutes les émotions.

Il y a d'abord eu l'euphorie du troisième but de Riyad Mahrez, synonyme, à ce moment-là, d'une deuxième  place et d'un choc face à l'Espagne. Puis est venue l'égalisation autrichienne, qui a finalement replacé les Verts à la troisième position. Une issue qui, avec un peu de recul, apparaît loin d'être défavorable. Au-delà de la revanche sportive prise sur l'Autriche, après les souvenirs douloureux de 1982, le classement final offre surtout à Vladimir Petkovic un parcours plus favorable sur plusieurs plans.

 

Une récupération plus précieuse

Le premier bénéfice est celui du calendrier. En terminant deuxièmes du groupe, les Verts affronteront la Suisse à Vancouver dans la nuit du 3 au 4 juillet (4h00, heure algérienne). Ce rendez-vous leur laisse près de cinq jours complets de récupération après l'intense bataille livrée contre l'Autriche. Si l'Algérie avait conservé sa seconde  place, elle aurait dû rejoindre Los Angeles pour y défier l'Espagne, dans une rencontre programmée plus tôt, réduisant sensiblement le temps de récupération. Dans une compétition où l'enchaînement des matches pèse énormément sur les organismes, ces heures supplémentaires peuvent faire une réelle différence, notamment pour permettre au staff médical de remettre sur pied les joueurs les plus sollicités.

 

Un contexte plus favorable

L'autre avantage concerne les conditions de jeu. Le 16e de finale entre l'Espagne et le deuxième du groupe B est programmé à midi, heure locale, à Los Angeles. Une rencontre disputée en pleine chaleur, dans des conditions plus exigeantes physiquement, même si l'horaire aurait été plus confortable pour les téléspectateurs algériens.

À Vancouver, les Verts évolueront dans un climat beaucoup plus tempéré. Les prévisions annoncent une température ne dépassant pas les 18 degrés au moment du coup d'envoi, des conditions proches de celles rencontrées à San Francisco lors de la victoire face à la Jordanie. Un environnement nettement plus favorable pour une équipe qui base une grande partie de son jeu sur l'intensité et les efforts répétés.

L'Algérie évite également d'affronter immédiatement l'un des grands favoris de l'épreuve. L'Espagne reste une nation habituée aux grands rendez-vous mondiaux, tandis que la Suisse, solide et disciplinée, apparaît comme un adversaire plus accessible sur le papier, même si aucune rencontre à élimination directe ne peut être considérée comme facile.

 

Un soutien qui ne disparaîtra pas

Le scénario aurait également pu envoyer les Verts face au pays organisateur. Jusqu'à la dernière journée, le Canada occupait la première place du groupe B avant de céder son fauteuil à la Suisse. Ce succès helvétique a finalement offert un autre avantage à l'Algérie : éviter un stade entièrement acquis à la sélection locale. À Vancouver, les supporters algériens seront bien présents, même si la ville est située à près de 3 700 kilomètres de Montréal, où réside une importante communauté algérienne. Cette distance est comparable à un déplacement entre Alger et Lagos, au Nigeria, un voyage que les Verts ont déjà effectué à plusieurs reprises lors des éliminatoires africaines. En revanche, Vancouver est plus facilement accessible depuis plusieurs villes de l'ouest des États-Unis, d'où de nombreux supporters devraient faire le déplacement. L'ambiance ne sera sans doute pas aussi spectaculaire que celle observée à Kansas City, mais les tribunes devraient progressivement se garnir de supporters algériens venus de différentes régions d'Amérique du Nord.

 

Continuer à défier les distances

Le voyage vers Vancouver confirme une autre particularité de cette Coupe du monde : l'équipe nationale reste l'une des sélections qui parcourent le plus grand nombre de kilomètres entre ses différents matches. Depuis le début du tournoi, les hommes de Vladimir Petkovic sillonnent l'Amérique du Nord d'un stade à l'autre, une contrainte supplémentaire dans une compétition déjà éprouvante.

Ce déplacement vers la côte pacifique canadienne constitue un nouveau défi logistique. Mais grâce à cette deuxième place, l'Algérie a au moins gagné ce qui est devenu une ressource précieuse dans un tournoi aussi dense : du temps. Du temps pour récupérer, pour préparer sereinement le rendez-vous face à la Suisse et pour repartir avec l'ambition de poursuivre une aventure mondiale qui fait déjà vibrer tout un peuple.

 

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L'EN reste exemplaire sur le plan disciplinaire

Avant même le dernier match de la phase de groupes, nous évoquions l'importance du classement du fair-play, un critère susceptible de départager deux équipes à égalité parfaite lorsque tous les autres paramètres sont identiques. L'équipe nationale abordait déjà cette rencontre face à l'Autriche avec un bilan disciplinaire particulièrement encourageant.

 

Zerrouki, le seul averti

En trois rencontres du premier tour, un seul joueur algérien a été averti : Ramiz Zerrouki, sanctionné à la 44e minute du match remporté contre la Jordanie. Ce carton jaune est resté le seul reçu par les Verts depuis le début de la compétition. Le milieu de terrain a d'ailleurs débuté la rencontre contre l'Autriche sur le banc.

Son erreur lors du précédent match avait déjà contrarié Vladimir Petkovic, mais le sélectionneur ne pouvait pas non plus ignorer le fait que son joueur évoluait sous la menace d'une suspension en cas de nouvel avertissement. En le préservant, il évitait ainsi le risque de le perdre pour les seizièmes de finale.

 

Une maîtrise qui se confirme

La bonne nouvelle est venue à l'issue du duel face aux Autrichiens. Malgré l'intensité de la rencontre, les nombreux duels et la tension des dernières minutes, aucun joueur algérien n'a écopé d'un carton jaune. Le bilan disciplinaire reste donc inchangé, avec le seul avertissement de Zerrouki. Cette statistique illustre les progrès réalisés par les hommes de Vladimir Petkovic dans la gestion de leurs émotions. Le staff technique insiste depuis plusieurs mois sur le contrôle de soi, la maîtrise des protestations et l'engagement dans les duels sans excès. Une évolution qui se traduit désormais dans les chiffres.

 

Un atout pour la Suisse

Cette discipline est d'autant plus remarquable que l'effectif algérien compte plusieurs joueurs réputés pour leur engagement, à l'image de Ramy Bensebaïni ou Mohamed Amine Tougaï, souvent très combatifs dans les duels. Jusqu'à présent, tous ont su trouver le bon équilibre entre agressivité et maîtrise. À l'approche du rendez-vous face à la Suisse, cette gestion des cartons constitue un avantage supplémentaire. Hormis Hichem Boudaoui, toujours à l'infirmerie, Vladimir Petkovic devrait disposer d'un groupe quasiment au complet. Les joueurs pourront aborder ce seizième de finale avec davantage de sérénité, sans la pression d'une éventuelle suspension immédiate pour la majorité de l'effectif, tandis que seul Zerrouki devra continuer à évoluer sous la menace d'un deuxième avertissement jusqu'à l'annulation des cartons plus tard dans la compétition. Une donnée loin d'être anodine dans une phase à élimination directe où chaque détail peut faire basculer une qualification.

 

Mohamed Amokrane Smail