NAHD : le Nasria à l’abandon

Publié le : 21 Février 2026

Rien ne va plus au Nasria. Et le malaise dépasse largement le simple cadre des résultats sportifs. Alors que l’ensemble des formations de Ligue 2 sont pleinement concentrées sur la 21e journée du championnat, programmée le week-end prochain, le NAHD semble, lui, plongé dans une inquiétante léthargie. 

 

Un rendez-vous capital attend pourtant les Sang et Or avec la réception du Ghali de Mascara au stade Omar- Benrabah de Dar El Beïda, une rencontre déterminante pour la suite du parcours des Nahdistes. Mais, au lieu de mobiliser toutes les énergies autour de cette échéance afin d’assurer le maintien le plus rapidement possible, le club donne l’impression d’être livré à lui-même. La démission de l’entraîneur Farid Zemiti, intervenue à l’issue de la défaite concédée mardi dernier à Oran face à l’ASMO, a laissé un vide que personne, pour l’heure, ne semble vouloir combler.

 

Les dirigeants n’ont donné aucun signe de vie

 

Depuis cette rencontre, c’est le silence total. Aucun signe de vie, aucune communication officielle, aucune réaction de la part des responsables nahdistes. Plus inquiétant encore, aucune disposition n’a été prise pour organiser la reprise des entraînements.

Abandonnée par ses propres dirigeants, l’équipe se retrouve sans cap, sans encadrement clair et sans préparation structurée à l’approche d’un rendez-vous crucial. Une gestion pour le moins préoccupante qui accentue la crise et plonge un peu plus le NAHD dans l’incertitude. À l’heure où les autres clubs peaufinent leurs réglages pour la prochaine journée, le Nasria, lui, lutte d’abord contre ses propres démons. Et l’urgence n’est plus seulement sportive : elle est institutionnelle.

 

Les joueurs de l’intérieur du pays menacent de ne pas revenir

 

Face à la situation critique que traverse le club, plusieurs éléments de l’effectif, notamment ceux résidant hors d’Alger et logés par le club dans deux appartements loués depuis le début de la saison, ont décidé de sortir du silence. Excédés par leurs conditions de vie, ces joueurs ont brandi la menace claire de ne plus revenir tant que la direction ne prendra pas en charge leurs doléances. Une prise de position forte qui en dit long sur le malaise profond qui règne actuellement au sein du groupe. Au cœur de la contestation : des conditions d’hébergement jugées indignes d’un club professionnel. Les joueurs concernés ont alerté à plusieurs reprises les responsables sur l’absence d’électricité dans leurs appartements, une coupure due, selon leurs déclarations, au non-paiement des factures auprès de Sonelgaz.

Une situation pour le moins embarrassante et révélatrice des difficultés financières et organisationnelles que traverse le Nasria. Mais ce n’est pas tout. En plein mois sacré, ces mêmes joueurs réclament également une prise en charge décente de leur restauration. Depuis quelques jours, ils ne bénéficient plus des repas assurés habituellement par le club, et ce, sur ordre d’un dirigeant. Inhumain.

 

Les voyants sont au rouge

 

À l’approche d’un match capital, le Nasria semble plus que jamais fragilisé, sur et en dehors du terrain. Aujourd’hui, tous les voyants sont au rouge au sein du club nahdiste. Et dans un contexte aussi alarmant, l’abandon ne peut en aucun cas être une option. À ce stade crucial de la saison, le NAHD a besoin d’un sursaut collectif, d’un engagement fort et d’un sens aigu des responsabilités. Les dirigeants, à leur tête le président Yacine Hanied, sont interpellés. Leur priorité absolue doit être claire : terminer la saison dans la dignité et assurer le maintien du Nasria en Ligue 2. L’heure n’est ni aux règlements de comptes ni aux départs précipités. Si certains souhaitent quitter leurs fonctions, cela ne pourra se faire qu’une fois la mission accomplie et la stabilité sportive garantie. Les conflits personnels entre responsables doivent impérativement être mis de côté. Le seul intérêt qui doit primer est celui du club. Car abandonner une équipe en plein cœur de la compétition, au moment où elle lutte pour sa survie, est une responsabilité que nul dirigeant ne peut se permettre d’éluder.

 

Mohamed Adrar