Rafik Belghali éprouve de grandes difficultés dans cette Coupe du monde. Affichant des lacunes criantes, il pousse de nombreux spécialistes et supporters des Verts à réclamer la titularisation d’Achref Abada face à l’Autriche.
Face à l’Argentine puis à la Jordanie, le latéral droit de l’Hellas Vérone s’est imposé comme le maillon faible de l’arrière-garde algérienne. Une alternative semble désormais indispensable, notamment avant le rendez-vous décisif face à l’Autriche pour l’avenir des Verts dans ce Mondial. Aligné durant 180 minutes, le bilan statistique du défenseur apparaît particulièrement alarmant pour le haut niveau international. Rafik Belghali n’a pratiquement remporté aucun duel défensif, affichant un inquiétant total de zéro tacle réussi sur l’ensemble des deux rencontres. Contre Lionel Messi et l’Albiceleste, il a constamment été pris à revers. En concédant trois fautes majeures (deux contre l’Argentine et une contre la Jordanie), il a fragilisé à plusieurs reprises le repli défensif de l’équipe algérienne. Belghali a également offert, de manière évitable, plusieurs coups de pied arrêtés dangereux aux Argentins. Ses notes de match (5,30 contre l’Argentine et 4,98 face à la Jordanie) reflètent, si besoin est, son incapacité à s’imposer physiquement, lui qui n’a enregistré que trois dégagements défensifs en deux rencontres.
97 % de passes réussies, mais un apport offensif inexistant
Il faut reconnaître qu’il n’y a pas que des statistiques négatives dans le bilan de Belghali. Son taux de passes réussies est impressionnant et figure parmi les plus élevés de cette Coupe du monde. Toutefois, ses transmissions sont restées essentiellement latérales. Contrairement à Aït-Nouri, très actif dans son couloir gauche, Rafik Belghali ne compte aucun centre réussi sur quatre tentatives et a perdu six ballons. Face au défi athlétique que devrait imposer l’Autriche, le 27 juin prochain à Kansas City, reconduire Belghali pourrait constituer une erreur tactique majeure. Sur son côté, le latéral algérien devra notamment faire face à des joueurs comme Marcel Sabitzer, pensionnaire du Borussia Dortmund, ou encore Patrick Wimmer, de Wolfsburg, principale option de rotation à ce poste ou sur l’autre aile.
Même Abada a ses défauts…
Pour verrouiller son couloir droit, Vladimir Petkovic pourrait faire appel à Achref Abada. Le solide défenseur de l’USM Alger présente effectivement le profil de rupture requis pour ce match couperet. Le natif de Tibesbest, dans la wilaya de Touggourt, apporte une rigueur dans les duels aériens ainsi qu’une agressivité défensive qui font défaut à Belghali. Axial de formation, l’ancien joueur de l’ASO a prouvé sa valeur lors des matchs de préparation, notamment en inscrivant un but contre le Guatemala. Mais, même si sa fraîcheur physique et sa maîtrise technique constituent des atouts importants, sa discipline tactique laisse encore à désirer. Abada, habitué à évoluer dans l’axe, manque de repères sur le côté droit. Son placement est souvent fautif, laissant beaucoup d’espace entre lui et Aïssa Mandi. On l’a vu à plusieurs reprises se faire surprendre dans son dos et, même s’il compense souvent ce retard grâce à sa vitesse et à sa fougue, ce défaut demeure un point qu’il devra corriger s’il souhaite s’imposer durablement comme latéral chez les Verts.
Comme pour Boudaoui, Petko lui fait confiance
Mais est-ce réellement le constat du sélectionneur ? Jusqu’ici, le technicien bosnien nous a montré que ce que voient et pensent les observateurs n’est pas forcément partagé par lui et son staff. L’exemple le plus frappant reste celui d’Hicham Boudaoui. Transparent face à l’Argentine, il a pourtant été reconduit contre la Jordanie avant d’être remplacé par Nabil Bentaleb. Dans le cas de Belghali, nos sources affirment avec conviction que Vladimir Petkovic croit énormément, et à juste titre, aux qualités du joueur. Lors du dernier match, il l’a appelé à plusieurs reprises pour lui prodiguer des conseils et le recadrer, sans pour autant envisager son remplacement. La question de sa mise sur le banc dépend donc de l’analyse qu’a faite, et fera encore, le sélectionneur de ses prestations. D’autres paramètres entrent également en ligne de compte, comme la forme physique, l’aptitude du moment, mais aussi le mental et l’état d’esprit des joueurs au cours de ce Mondial.
De nos envoyés spéciaux en Amérique: Ouassel Mounir. Asma Halimi, Kamil Salhi et Halim Djender



