Pour entamer notre entretien avec l’ancienne gloire du Nasria et de l’Equipe nationale, nous lui avons demandé de commenter la situation actuelle du Nasria.
Il nous dira avec amertume : «Sincèrement, ça me fait mal de voir le NAHD se morfondre dans les problèmes. Il n’y a plus de formation au club, il y a beaucoup de problèmes. C’était d’ailleurs le premier club qui a bénéficié d’une société nationale durant les années 1970 et ce n’est plus le cas, pourquoi ? je ne sais pas. Aujourd’hui, il faudrait que tous les anciens se réunissent. On les a vu tous présents lors de l‘hommage rendu à Ammar Boudissa, c’était une occasion de parler du NAHD, j’en ai parlé, Boudissa a également parlé de la formation, Ighil a aussi parlé, maintenant il faut agir. Aujourd’hui, il y a une direction en place, mais ceux qui sont aux commandes doivent ouvrir les portes du club, pour que l’on puisse chercher des solutions. Certains disent que Merzekane est loin du club, non ! désolé, je ne suis pas loin, je suis très proche, je me suis récemment rapproché des staffs des jeunes catégories avec lesquels je me suis réuni, il y a tout juste quelques jours. J’ai pu voir les problèmes qu’ils rencontrent, ils n’ont même pas de contrats, ce n’est pas normal».
« On a malheureusement abandonné la formation »
Pour Chabane Merzekane, le premier problème du NAHD, celui qui a mené le club vers cette situation, c’est le fait d’avoir abandonné la formation, il dira : «Le problème du NAHD aujourd’hui, c’est le fait d’avoir abandonné la formation. Le NAHD est un club de quartier, le club a toujours misé sur les enfants du quartier. On a toujours été un club qui allait dans les quartiers, lors des matchs inter-quartiers, des tournois qui sont organisés ici et là dans les cités et les fiefs du club. Le NAHD a toujours été le vivier de l’Equipe nationale, la preuve lors de cette Coupe du monde, deux joueurs issus du club seront présents avec l’Equipe nationale».
« Si Ighil veut reprendre le club, je suis à sa disposition pour l’accompagner »
Alors que le nom de Meziane Ighil revient avec insistance à Hussein Dey, Merzekane semble valider le nom de son ancien coéquipiers, lui qui se dit disposé à l’accompagner et l’aider, tout en affirmant qu’il reste à la disposition du NAHD. «Vous savez, ce n’est pas parce qu’on n’est pas au club, qu’on ne va ps s’impliquer, au contraire, je suis là au service du NAHD. J’ai d’ailleurs pris attache avec le président Hanied, avec qui j’ai pris rendez-vous, pour discuter exclusivement du NAHD. On est et on restera toujours de fidèles supporters du NAHD, on essaye d’aider, mais à condition que les gens nous laissent travailler et nous mettent dans un environnement propice. Aujourd’hui, que ce soit Meziane Ighil ou autre, on est là pour aider le NAHD, pas les personnes. Si Meziane Ighil veut réellement prendre les destinées du club, je serais le premier à l’aider et l’accompagner. L’objectif premier doit être de remettre l’équipe sur les rails, Meziane a peut-être un vécu et un projet pour le faire, on est là pour l’aider et l’accompagner, penser à remettre le NAHD en Ligue 1 dans un projet sur 3 ans, par exemple, tout en revenant vers la formation.»
« Hanied, vous avez été élu pour trouver des solutions, pas pour endetter le club »
Chabane Merzekane a voulu lancer un message à la direction du club et à sa tête le président Yacine Hanied et il n’y va pas avec le dos de la cuillère : «J’ai un message pour l’actuelle direction : si vous n’êtes pas capables de gérer un club comme le NAHD, laissez rapidement votre place. Mais un problème se pose très souvent, celui qui est partant, il vient réclamer son argent qu’il a soi-disant prêté au club. Ecoutez moi bien, personne ne t’a demandé de prêter de l’argent au club. Tu as pris le club, tu devais chercher des sponsors, des sources de financements, tu n’as pas à endetter le club. Maintenant vous êtes partant, et vous laissez des dettes à hauteur de 10 milliards de centimes ! ce n’est pas normal, qui va venir prendre le club avec de telles dettes ? C’est impossible. Vous dites que le club vous doit de l’argent, moi aussi j’ai des créances au club, mais je n’ai jamais réclamé cet argent et je ne le ferai pas, mais s’il y avait un ordre de priorité, je suis prioritaire, car je suis passé avant vous. J’ai un message clair pour cette direction, vous n’êtes pas une banque pour prêter de l’argent au club. Le jour où l’on vous a élu président, c’est pour trouver des solutions pour le NAHD, pas pour endetter le club !».
« Assumez vos choix »
Poursuivant dans le même sens, Merzekane a vivement critiqué la politique de recrutement massif prônée par la direction du club, qui, selon lui, est la cause de cette situation critique qui prévaut au club. «Vous savez, si le club était resté dans sa vocation première, à savoir la formation, en misant sur ses jeunes pour l’équipe première, on ne serait pas arrivé à recruter chaque saison 20 joueurs, et on ne serait pas aujourd’hui endetté comme on l’est aujourd’hui. Vous avez opté pour cette politique de recrutement massif, alors assumez vos choix. Vous savez, la formation ne nécessite pas de gros moyens, voyez juste les anciens internationaux, Madjer est issue du quartier Vauban, moi de la Cité Amirouche, Aït El-Hocine de Mer et Soleil, Lazazi de Djenane Mebrouk. On a un mini-championnat des U11 et des U13, venez voir nos joueurs, ils sont mieux que ceux du NAHD. Autre anomalie au club, l’école de football au NAHD est payante ! Comment ça ? Et les joueurs pétris de qualité qui n’ont pas d’argent, on ne les prend pas donc ! C’est ça la formation ? De plus, c’est une association sportive, un club amateur, on n’a pas le droit de faire payer les gens, c’est strictement interdit !»
« J’ai vu des choses invaisemblables au NAHD »
Visiblement bien amer par rapport à la situation du club, Chabane Merzekane n’a pas manqué de mettre en avant d’autres anomalies, qui ont, selon lui, plombé le club, il poursuit : «J’ajouterai quelque chose aussi au sujet de la formation, j’ai vu des choses incroyables au NAHD, les vestiaires supérieurs du complexe Bensiam ont été transformés en dortoir pour des jeunes qu’on a recrutés d’un peu partout. Ce n’est pas normal, je ne suis pas contre cette politique, mais lorsque tu as les moyens. On dit qu’on n’a pas les moyens et on va chercher des joueurs d’ailleurs, alors qu’on a une immense pépinière de jeunes. A Hussein Dey, Léveilley, El Harrach, Bach Djarah jusqu’à Belcourt, tu peux rassembler un nombre incalculable de jeunes talentueux, sans aller chercher ailleurs. Si tu n’as pas les moyens, tu ne vas pas transformer les vestiaires en dortoir, tu as, par contre, la matière pour mettre en place une véritable formation. De plus, il y a près d’une dizaine d’écoles de football à Hussein Dey, où l’on a créé un championnat entre les écoles qui se joue à Lafarge, mais malheureusement, jamais un dirigeant ni un technicien du NAHD n’est venu superviser ces jeunes, qui, je le répète encore une fois, sont meilleurs que ceux du NAHD. Tu as le stade Bensiam qui a fait émerger les plus grands noms du football national lorsqu’il était en tuf, aujourd’hui, c’est un bijou avec tous les moyens. En principe, on doit fournir deux ou trois joueurs à l’Equipe nationale dans chaque catégorie».
« Les dirigeants actuels doivent rendre des comptes »
Pour clore cet entretien avec Chabane Merzekane, l’ancien latéral droit du Nasria a tenu à lancer un nouveau message aux dirigeants du club, en leur faisant comprendre qu’ils doivent rendre des comptes au lieu d’endetter le club et demander de l’argent, il dira : «Le NAHD est un club formateur, on doit rester dans la formation, pourquoi aller recruter toute l’équipe sénior de l’extérieur, ça coute vraiment très cher, et avec les dettes qui s’accumulent cette politique s’est avérée défaillante. Ceux qui sont à la tête de l’équipe doivent rendre des comptes, et non pas demander de l’argent. Tu as pris le club, tu as failli, tu pars et tu ne prends pas un sou, c’est ta politique qui a été défaillante, et il faut l’assumer. Aujourd’hui, on va supposer qu’il y a quelqu’un qui va reprendre le club, tu vas lui demander de rembourser les 10 milliards de dettes ? Moi, ces 10 milliards, je les investis pour la reconstruction du club et de l’école du NAHD, pas pour rembourser l’argent de ceux qui ont failli. Ces dettes ne font que mettre les bâtons dans les roues de celui qui viendra reprendre le club, alors qu’on leur a plutôt déroulé le tapis rouge à leur arrivée au club. Vous avez échoué, partez et ne parlez plus de dettes, vous n’êtes pas des banques !».
M. A.





