Mellouli : « J’en ai assez d’être harcelé »

Publié le : 21 Septembre 2026 Par : Fares R.

Coup de théâtre à la fin du derby entre l’ESS et le CSC, qui s’est joué avant-hier soir au stade du 8-Mai-1945 de Sétif ! Alors que joueurs et supporters savouraient comme il se doit le large succès obtenu avec l’art et la manière devant le CSC (5-1), Farid Mellouli s’est rapproché des micros des représentants des médias pour annoncer sa démission. 

 

Une annonce qui a laissé plus d’un perplexe parmi les présents. « Effectivement, j’annonce officiellement ma démission du poste de directeur sportif de l’ESS. Je suis venu avec les meilleures intentions, celles de tenter de redorer le blason de notre club et de lui rendre la place qui lui sied. On a fait avec les moyens du bord pour former une équipe capable de dire son mot. Nous n’avons certes pas bénéficié des moyens d’autres clubs, mais cela n’empêche qu’avec l’aide d’autres dirigeants, on a réussi tout de même à faire un bon recrutement et à ramener de bons joueurs », a-t-il déclaré d’emblée.

 

Sans pour autant donner plus de précisions sur les raisons exactes de ce retrait, auquel personne ne s’attendait, d’autant qu’il est intervenu juste après une éclatante et historique victoire devant le voisin et rival constantinois, le CSC en l’occurrence, après deux revers de suite concédés lors des deux premiers matches de la saison face à l’ESBA à domicile, puis contre le CRB au stade du 5-Juillet-1962, l’ancien défenseur central de l’ESS, sacré champion d’Afrique en 2014, a affirmé que, depuis son installation, il n’avait pas cessé de faire l’objet de critiques allant même jusqu’à toucher sa personne. « Écoutez, je ne suis pas venu pour m’enrichir ni pour me faire un nom. Je n’accepte pas, en outre, qu’on me colle des choses que je n’ai pas faites. Comme tout le monde le sait, depuis que je suis venu, je me suis investi corps et âme afin de pouvoir atteindre les objectifs que je me suis assignés. Malheureusement, j’étais pratiquement harcelé. Que ce soit au cours de l’été, c’est-à-dire lors du recrutement, ou après le début de la compétition officielle, certaines personnes tentent, par tous les moyens, de me mettre des bâtons dans les roues. Je tiens à dire à ces personnes-là qu’elles peuvent venir prendre ma place. Moi, c’est bon, je ne suis plus en place », a-t-il souligné, avant de revenir sur « la révolte » de son équipe à l’occasion du derby face aux Sanafir.

 

« Face au CSC, on a prouvé qu’on avait une équipe qui a de la personnalité »

 

« C’est une victoire que nous avons amplement méritée. Ce soir, nous avons prouvé que nous avions un groupe qui a de la personnalité. Ce n’est pas donné au premier venu de revenir dans un match pareil alors que vous êtes mené au score. Les joueurs ont été à la hauteur, ont pu sortir le match qu’il fallait et aller chercher cette belle victoire. C’est vrai aussi que nous avons raté notre entame de saison en passant à côté lors de nos deux premiers matches, une situation qui peut arriver à n’importe quel autre club au monde. On a continué à croire en nos moyens et le résultat de ce derby en est la preuve. Cela dit, le plus dur reste à faire. Je laisse une équipe dans des conditions idéales sur le plan mental. Cela va lui permettre de préparer au mieux la suite du parcours, à commencer par le prochain déplacement à Oran pour affronter le MCO », a encore dit Farid, qui a tenu, pour conclure, à s’excuser auprès de sa famille, des personnes qui lui font confiance et des supporters. « Je suis vraiment désolé pour tous les désagréments que j’ai causés aux gens qui m’ont soutenu et qui ont travaillé avec moi. Aux supporters également, et surtout à ma famille. »

Reste maintenant à savoir quelle sera la réaction de la direction du club, via la SSPA/Black Eagles, filiale du groupe Sonelgaz et propriétaire du club, face à cette démission qui intervient décidément au mauvais moment. D’après ce que nous avons appris, en tout cas, Mellouli aurait reçu un coup de fil juste après cette déclaration, émanant de Nabil Kebaïli, qui lui aurait ouvertement fait savoir qu’il refusait catégoriquement sa démission.

F. R.