MCO : le recrutement ne fait pas l'unanimité

Publié le : 16 Juillet 2026 Par : Adem O.

À quelques semaines seulement du coup d'envoi du championnat 2026-2027, le MC Oran traverse une période particulièrement délicate sur le plan administratif.

 

Alors que les supporters nourrissaient de grandes ambitions pour leur équipe après une saison encourageante, la direction mouloudéenne fait aujourd'hui face à une vague de critiques qui ne cesse de prendre de l'ampleur. Si la quatrième place obtenue la saison dernière n'a pas permis au club de décrocher une qualification continentale, elle avait néanmoins redonné espoir aux supporters. Le travail réalisé lors de la seconde moitié du championnat avait permis aux Hamraoua de renouer avec une certaine dynamique positive, au point de raviver la flamme dans les tribunes. Nombreux étaient ceux qui imaginaient un mercato ambitieux susceptible de permettre au MCO de franchir un nouveau palier et de se mêler à la lutte pour le titre dès cette saison. Mais les attentes des supporters semblent aujourd'hui loin de correspondre aux choix effectués par les dirigeants oranais. Une situation qui fragilise davantage une administration déjà sous pression.

 

Une intersaison qui soulève bien des interrogations

 

Depuis l'ouverture du mercato, la direction du MC Oran, représentée par le président du conseil d'administration, Hicham Guenad, et le directeur sportif Cherif El Ouazzani, a privilégié un recrutement basé sur des profils qu'elle juge compatibles avec les besoins du club et son projet sportif. Six nouveaux joueurs ont ainsi rejoint les rangs des Hamraoua. Il s'agit de Saadi, en provenance de la JS Saoura, Ghenam, arrivé du CR Témouchent, Baouche, ancien joueur du CS Constantine, Matouti, qui évoluait à l'USM Khenchela, Soufi, prêté par l'USM Alger, ainsi que Keniche, qui portait les couleurs du MC El-Bayadh.

 

Si les responsables mouloudéens estiment avoir effectué des choix réfléchis, force est de constater que ce recrutement n'a pas suscité l'enthousiasme des supporters. Ces derniers attendaient davantage l'arrivée de joueurs confirmés et de premier plan, capables de faire franchir un cap sportif au club. Cette politique de recrutement a également provoqué des remous au sein même de l'administration du MCO. Le dossier est d'ailleurs au cœur du différend qui oppose les principaux décideurs sportifs du club au président du CSA, Baroudi Belelou. Comme annoncé précédemment, ce dernier a décidé de prendre ses distances avec la gestion de l'équipe première. Selon plusieurs indiscrétions, Baroudi Belelou reprocherait à Hicham Guenad de ne pas avoir fait le nécessaire afin de satisfaire les attentes des supporters à travers un recrutement plus ambitieux.

 

Le cas de Youcef Belaïli illustre parfaitement cette divergence de vision. Les dirigeants du MCO avaient effectivement manifesté leur intérêt pour l'international algérien, sans toutefois parvenir à concrétiser cette piste. Les échanges entre les différentes parties se seraient alors tendus, poussant certains dirigeants à rappeler que la gestion de l'équipe première relevait exclusivement des prérogatives du conseil d'administration et de la direction sportive. Une sortie qui aurait été mal accueillie par Baroudi Belelou, lequel a choisi de prendre du recul en effectuant un séjour en Espagne.

 

Le retrait de Belelou en dit long sur le malaise interne

 

Les conséquences de cette situation dépassent désormais le simple cadre du mercato. En l'espace de quelques semaines, la direction du MC Oran s'est retrouvée confrontée à une double crise : celle de la contestation des supporters et celle des tensions internes entre ses principaux responsables. Le retrait, même temporaire, de Baroudi Belelou ne constitue pas un détail dans la vie du club. Tous ceux qui suivent de près l'actualité du MCO savent que le président du CSA a toujours joué un rôle actif dans la gestion quotidienne du club, notamment en apportant un soutien constant à Cherif El Ouazzani dans les moments les plus difficiles.

 

Son implication dans plusieurs dossiers importants avait contribué à maintenir une certaine stabilité au sein de l'administration mouloudéenne. Son éloignement laisse donc apparaître des fissures qui pourraient fragiliser davantage un équilibre déjà précaire. À cela s'ajoute une relation de plus en plus compliquée avec les supporters, dont une grande partie continue de réclamer un recrutement plus ambitieux. Ces derniers craignent que le club ne soit pas suffisamment armé pour rivaliser avec les grosses cylindrées du championnat au cours du prochain exercice.

 

 

Un bloc administratif plus fissuré que jamais

 

Cette politique de recrutement n'a pas uniquement suscité la colère des supporters et créé des divergences avec Baroudi Belelou. Elle est également à l'origine du départ de Zoubir Ouasti de son poste de manager général du club. Ce dernier avait d'ailleurs annoncé sa démission à travers une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, expliquant implicitement ne plus partager la vision sportive des dirigeants concernant le mercato estival. Le MC Oran se retrouve ainsi à un moment charnière de son intersaison. Plus que les résultats sportifs, c'est désormais la cohésion de son administration qui semble mise à l'épreuve. Hicham Guenad et Cherif El Ouazzani devront rapidement trouver les solutions pour apaiser les tensions internes et rassurer les supporters.

A. O.