Deux mois après son arrivée à la direction sportive de la JS Kabylie, Yazid Mansouri a animé, hier, sa première conférence de presse, à seulement trois jours du premier match de la nouvelle saison face au MBR au stade Hocine-Aït-Ahmed.
Le directeur sportif de la JSK a abordé plusieurs sujets liés à l’actualité du club, notamment le recrutement, les moyens financiers, l’effectif, le mercato, les objectifs et la reconstruction de l’équipe. Face aux journalistes, Mansouri a tenu un discours réaliste sur la situation du club, tout en affichant sa détermination à poser les bases d’une nouvelle dynamique. Sans citer de clubs ni entrer dans les détails des moyens financiers à la disposition de la JSK, Yazid Mansouri a reconnu indirectement que son budget pour le recrutement ne lui permettait pas de rivaliser avec certains concurrents sur le marché des transferts. Une situation qui explique certaines difficultés rencontrées durant ce mercato estival. « Concernant les moyens financiers, je n’ai pas le même budget que mes concurrents. C’est la réponse que je peux vous donner. Donc, c’est un peu difficile puisque les moyens sont là, mais il y a quand même des limites puisqu’on ne peut pas faire tout et n’importe quoi. Il faut rester mesuré, c’est le contexte qui veut ça, mais je m’adapte et je vais tout faire pour m’adapter, tout simplement », a déclaré le directeur sportif.
«Les moyens sont là, mais il y a des limites»
Mansouri a tenu à nuancer son propos concernant les finances. Il ne s’agit pas, selon lui, de dire que la JSK manque de moyens, mais plutôt d’expliquer qu’une gestion raisonnable reste indispensable. Le club ne peut pas, à ses yeux, dépenser sans compter simplement pour satisfaire les attentes du public. « Les moyens sont là, mais il y a quand même des limites puisqu’on ne peut pas faire tout et n’importe quoi. Il faut rester mesuré », a-t-il insisté. Face à des clubs qui ont déjà construit leurs effectifs et qui disposent parfois d’une puissance financière supérieure pour attirer certains profils, la JSK doit faire preuve de patience.
«Le marché des transferts en Algérie est totalement vide»
L’autre grande difficulté évoquée par Yazid Mansouri concerne la qualité et la disponibilité des joueurs sur le marché algérien. Pour le directeur sportif, les meilleurs éléments sont déjà sous contrat avec leurs clubs respectifs et il devient extrêmement difficile de les déloger. « Le marché des transferts en Algérie est totalement vide cette année. Les bons joueurs sont où ? Ils sont tous dans de grands clubs et tous sous contrat. Pour les déloger ou les faire venir, c’est vraiment très difficile », a-t-il expliqué.
«J’ai approché des clubs, mais c’est fermé partout»
Pour illustrer les difficultés du mercato, Mansouri a révélé avoir engagé des discussions avec certains clubs pour tenter d’attirer des joueurs. Mais les réponses obtenues n’ont pas toujours été favorables. «J’ai approché certains clubs pour des joueurs, ils m’ont dit qu’ils n’arrivent pas à recruter, donc ils ne peuvent pas me libérer leurs joueurs. C’est fermé partout », a-t-il confié. Cette situation complique considérablement la mission de la direction sportive. Même lorsqu’un joueur intéresse la JSK, les négociations peuvent rapidement être bloquées par la volonté de son club de le conserver.
«Le fait de ne pas jouer l’Afrique est aussi un handicap»
La JSK ne participe pas à une compétition africaine cette saison, un élément qui peut peser dans les négociations avec certains joueurs. Mansouri l’a lui-même reconnu, expliquant que la scène continentale représente souvent un argument important pour convaincre les meilleurs éléments. « Outre l’aspect financier, il y a aussi le fait que la JSK ne jouera pas une compétition africaine », a-t-il souligné. Pour un joueur ambitieux, participer à la Ligue des champions ou à la Coupe de la CAF peut constituer une motivation supplémentaire.
«La JSK est un grand club en Afrique et nous sommes là pour reconstruire»
Malgré les années difficiles traversées par le club, Mansouri n’oublie pas le statut de la JSK. Il considère que les Canaris restent l’un des plus grands noms du football africain, mais reconnaît que le club doit aujourd’hui se reconstruire pour retrouver progressivement sa place. «La JSK est un grand club en Afrique et le club est en difficulté depuis quelques années. Nous sommes là pour reconstruire », a-t-il déclaré. Le mot « reconstruire » est revenu à plusieurs reprises dans son intervention. Il résume parfaitement la mission confiée au nouveau directeur sportif et au staff technique.
«On a trouvé une équipe sans véritable ossature»
Mansouri a également expliqué la situation trouvée à son arrivée. La JSK ne disposait pas d’une ossature stable et plusieurs postes nécessitaient des ajustements importants. «À notre arrivée, il y avait un effectif décimé et il fallait installer un staff. Il fallait aussi faire l’état des lieux. Contrairement à nous, les autres clubs ont l’ossature et les joueurs, mais nous, on ne l’avait pas », a-t-il indiqué. La nouvelle direction a donc dû commencer par analyser l’existant avant de lancer véritablement son recrutement. Un travail important, d’autant plus que le temps était limité et que les autres équipes étaient déjà beaucoup plus avancées dans leur préparation.
«On veut créer quelque chose et lancer une nouvelle dynamique»
Au-delà de l’urgence du mercato et du début imminent du championnat, Mansouri veut inscrire son action dans un projet plus large.« Pour résumer, nous sommes là pour créer quelque chose et lancer une nouvelle dynamique », a-t-il résumé. L’idée est donc de poser les fondations d’un nouveau cycle. Cette dynamique devra passer par une meilleure organisation, un recrutement plus cohérent, une identité de jeu et surtout une stabilité retrouvée.
«L’effectif a besoin d’être encore étoffé et on va recruter»
À quelques jours de la fermeture du mercato, le directeur sportif a confirmé que le recrutement restait ouvert. Pour lui, l’effectif actuel demeure insuffisant et des renforts sont encore attendus.
« C’est une certitude que le groupe a besoin d’être étoffé. En matière d’effectif, nous sommes insuffisants et nous travaillons là-dessus avec le coach pour améliorer cela et ramener d’autres joueurs », a-t-il assuré. La direction sportive poursuit donc son travail en coulisses.
«Il fallait d’abord ressouder un vestiaire fissuré»
Mansouri n’a pas ignoré ce qui s’est passé durant les saisons précédentes. Sans entrer dans les détails, il a reconnu l’existence de certains problèmes au sein du groupe. « Nous savons qu’il y a des choses qui se sont passées dans les années précédentes, notamment des fissures dans le vestiaire, mais nous voulons rétablir cela, corriger », a-t-il confié. Le nouveau staff entend ainsi tourner la page et mettre en place de nouvelles règles. La discipline, la communication et le respect mutuel devront constituer les bases du fonctionnement de l’équipe.
«Nous voulons créer une famille et une vraie identité»
Cette ambition dépasse donc le simple aspect sportif. Mansouri veut que chaque membre du groupe se reconnaisse dans le projet et dans les valeurs du club. « C’est ce que nous essayons de mettre en place au quotidien avec le coach et le staff technique », a-t-il précisé. La reconstruction de la JSK devra ainsi passer par un véritable travail sur l’identité du groupe. Une équipe forte est avant tout une équipe unie, et c’est précisément ce que Mansouri souhaite retrouver.
«Je comprends la frustration et les exigences du public»
Mansouri sait parfaitement que les supporters ne se contenteront pas d’un simple discours de reconstruction. La JSK reste un club habitué aux titres et son public attend un retour rapide au sommet. «Je comprends la frustration du public qui a beaucoup d’attentes et beaucoup d’exigence. Depuis 2008, la JSK n’a pas gagné le championnat», a-t-il reconnu. Le directeur sportif considère cette exigence tout à fait légitime. Mais il demande également que la situation actuelle soit prise en considération, car le nouveau staff a hérité d’un chantier particulièrement important.
«Je ne vais pas vous dire que nous allons jouer le titre»
Interrogé par nos soins si la JSK est capable de jouer le titre cette saison, le directeur sportif s’est refusé à faire une promesse concernant le titre.«Je ne vais pas dire que nous allons jouer le titre, mais nous allons faire le maximum. Nous nous donnons les moyens pour pouvoir exister dans ce contexte.
«On essaye de créer une équipe homogène pour rivaliser»
Pour atteindre cet objectif, la priorité est de construire un groupe équilibré.
«Nous essayons de créer une équipe homogène pour pouvoir rivaliser», a-t-il souligné. La JSK devra donc progresser rapidement, trouver ses automatismes et profiter de la complémentarité entre ses différents joueurs. La direction espère que le travail réalisé avec Karim Belhocine permettra à l’équipe de monter en puissance.
«Le public aura un rôle important cette saison»
Le directeur sportif a également lancé un appel aux supporters, dont le soutien sera indispensable dans cette période de reconstruction. «Nous aurons besoin de nos supporters et ils vont avoir un rôle important cette année pour nous aider», a-t-il déclaré.
Avec la ferveur qui entoure le club et l’atmosphère qui peut régner au stade Hocine-Aït-Ahmed, le public pourrait constituer une véritable force supplémentaire.
«On ne va pas inventer des objectifs et mentir»
Cette prudence sur les objectifs résume finalement la philosophie adoptée par le nouveau directeur sportif. «On ne va pas inventer des objectifs et mentir, mais nous promettons de donner le maximum de nous-mêmes pour aller le plus loin possible », a-t-il insisté. Mansouri préfère donc juger son équipe sur son évolution et ses résultats plutôt que de multiplier les promesses.
«Pour Boualia, ce n’est pas une question financière»
Le directeur sportif a enfin évoqué le dossier de Koceila Boualia. Il a confirmé avoir rencontré personnellement le joueur lors du stage effectué en Tunisie. «Pour Boualia, je ne vais pas vous le cacher, je l’ai rencontré en Tunisie et nous sommes restés en tête-à-tête. Nous avons discuté très longtemps », a révélé Mansouri. Cette rencontre confirme que des discussions ont bien eu lieu entre les deux hommes, mais le retour du joueur ne s’est finalement pas concrétisé.
«Il a expliqué lui-même les raisons de son choix»
Mansouri a surtout tenu à préciser que le refus de Boualia de revenir à la JSK n’était pas lié à l’aspect financier. «Vous connaissez la cause puisqu’il en a parlé sur les réseaux sociaux, pour laquelle il a refusé de revenir à la JSK. Donc, ce n’est pas à cause du volet financier ni de rien d’autre. Il a expliqué son choix», a-t-il conclu.
M. H.





