EN : Chaïbi, le nouveau moteur des Verts

Publié le : 29 Juin 2026

Tout le monde, à juste titre, parle de Mahrez et d'Aouar, auteurs respectivement de deux buts et de deux passes décisives, mais il y a un joueur, Farès Chaïbi en l'occurrence, qui, à notre sens, a autant, sinon plus, de mérite dans le retour de la sélection nationale à son niveau souhaité.

 

On l'a dit et écrit le lendemain du match face à la Jordanie : le numéro 10 des Verts a littéralement changé le visage et le calibre de l'équipe d'Algérie. Employé comme ailier gauche lors du premier match et durant la première mi-temps du second, Petkovic a eu la bonne idée de l'associer à Bentaleb dans l'entrejeu, un poste que le joueur de l'Eintracht Francfort connaît très bien pour l'avoir déjà apprivoisé sous le règne du précédent sélectionneur, qui voulait faire de lui le successeur de Sofiane Feghouli. On le dit sans hésitation aucune : Farès Chaïbi est le chaînon manquant. Il règle l'un des problèmes les plus complexes de Vladimir Petkovic.

 

Box-to-box

 

Avec sa technique, son physique et sa bonne culture tactique, Farès Chaïbi apporte au milieu de terrain stabilité et efficacité. Son entente avec Bentaleb est tout simplement parfaite. Il est également bosseur, généreux dans l'effort en position défensive et n'hésite pas à monter pour apporter son aide en attaque. C'est le milieu de terrain moderne par excellence. Sa polyvalence et son endurance lui permettent de couvrir l'intégralité du terrain, allant de sa propre surface de réparation (« box ») à celle de l'adversaire. Face à l'Autriche, l'enfant de Lyon a été un véritable moteur pour l'équipe. À chaque fois qu'il se projette vers l'attaque, il devient l'élément le plus dangereux de l'équipe. Il tente souvent des tirs ou délivre des passes décisives. Intelligent, Chaïbi sait aussi quand attaquer et quand défendre afin de ne pas déséquilibrer l'équipe.

 

Bentaleb joue mieux…

 

En parlant de son apport offensif, Chaïbi nous a démontré par le passé qu'il était l'un, sinon le meilleur joueur face au but adverse. Il est très adroit des deux pieds, connaît bien le chemin des filets et fait preuve d'adresse et d'application chaque fois qu'il décide de conclure une action. La manière avec laquelle il a trompé le gardien de l'Argentine sur son but annulé est digne d'un grand avant-centre de métier. Face à l'Autriche, il a failli inscrire un but de toute beauté d'un tir du pied gauche qui a fini sur le poteau. L'autre atout non négligeable de Chaïbi est l'impact qu'il a sur le rendement de Bentaleb. Ce dernier n'a jamais été aussi bon que durant les trois mi-temps passées à ses côtés. Complémentaires, ils bougent et permutent en toute fluidité, sans déséquilibrer l'équipe. Tout cela pour dire que Chaïbi est le digne successeur de Feghouli, peut-être pas encore dans le vestiaire, mais sur le terrain et, à seulement 24 ans, il est bien parti pour devenir l'un des patrons des Fennecs.

K. S.