EN : à la Casbah, la mentalité va changer !

Publié le : 27 Septembre 2026

L’affaire Aït-Nouri n’est que le premier acte d’une remise à plat qui dépasse largement le terrain. « Il faut changer la mentalité à la Casbah. » La célèbre réplique d’Ali la Pointe, dans La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo, résonne aujourd’hui d’une manière particulière dans les rangs de la sélection nationale. 

 

À l’époque, elle appelait à une rupture avec les anciennes habitudes, à la discipline et à la mobilisation au service d’une cause commune. Aujourd’hui, sans confondre les contextes, c’est bien cette idée de rupture qui semble guider Brahim Hemdani. Le nouveau sélectionneur veut changer les mentalités, assainir le groupe et remettre les choses à leur place. L’échec du Mondial a révélé des lacunes techniques et tactiques, visibles aux yeux de tous. Mais derrière cette partie émergée de l’iceberg, d’autres dysfonctionnements, plus difficiles à cerner, semblent avoir affecté la vie du groupe. Hemdani a rapidement compris que le chantier ne se limitait pas au rectangle vert. Des joueurs qui ne se saluent pas, des comportements individualistes, l’utilisation parfois excessive des casques Bluetooth : autant de détails qui, mis bout à bout, finissent par dessiner le visage d’un collectif qui a perdu une partie de ses repères.

 

L’incident Aït-Nouri n’est donc qu’un épisode parmi d’autres, mais il a eu le mérite de mettre à nu une réalité que le nouveau staff entend désormais affronter. En sanctionnant le latéral de Manchester City, Hemdani a envoyé un premier signal fort : le statut, le nom ou le club d’un joueur ne lui confèrent aucun privilège face aux règles collectives. Le pouvoir décisionnel appartient au staff, et à lui seul. Plus de clans, plus de nababs, plus de passe-droits. C’est dans cet esprit que le sélectionneur entend conduire sa mission. La sélection n’est ni un quartier ni une addition d’individualités où chacun impose ses habitudes. C’est une maison commune, avec ses exigences, ses règles et ses responsabilités. Hemdani veut que chaque joueur, en franchissant les portes du CTN, ait le sentiment d’entrer chez lui, mais qu’il comprenne aussi qu’il doit respecter ceux avec lesquels il partage ce lieu.

 

L’intégration des nouveaux passe nécessairement par là : leur offrir un environnement sain, loin des mauvaises habitudes et des rapports de force. Le nouveau patron des Verts semble avoir rapidement identifié ce déficit comportemental qui, au-delà des insuffisances sportives, a pu peser sur le rendement de l’équipe. On ne construit pas un collectif performant avec des clans, des susceptibilités et des statuts intouchables. On ne redresse pas une sélection sans rétablir d’abord une hiérarchie claire et une autorité reconnue de tous. La décision prise à l’encontre d’Aït-Nouri prend ainsi une dimension qui dépasse le cas individuel. Elle constitue un avertissement adressé à l’ensemble du groupe et la première illustration concrète de cette volonté de changement. Le coup est rude, mais le message est limpide : personne n’est au-dessus de la sélection, pas même ses joueurs les plus prestigieux.

 

À Hemdani et à Anthar Yahia désormais de transformer cette première démonstration d’autorité en véritable culture de groupe. Car changer les mentalités ne se décrète pas en une journée. Cela exige de la constance, de la cohérence et la même exigence envers tous. La reconstruction des Verts commence aussi par là : dans les vestiaires, dans les couloirs du CTN et dans ces petits comportements qui font, ou défont, une équipe. À la Casbah, la mentalité va changer. Et chez les Verts, le nouveau staff entend bien que cette fois, le message soit compris par tout le monde.

S. M. A.