CAN 2013-Ce soir, la finale : Nigeria - Burkina Faso 19h

La finale de la 29ième CAN qui se joue ce dimanche à Soccer city est, à n’en point douter, l’une des plus inattendues. Elle est historique et cela lui donne un caractère aussi intéressant qu’excitant.

En effet, pour la première fois de son histoire, le Burkina Faso va disputer une finale de CAN. Les Etalons, alignés comme tocards au départ par les bookmakers, ont déjoué tous les pronostics pour s’inviter à Soccer City. Sur leur chemin, les favoris et autres outsiders ont mordu la poussière. A commencer par le champion en titre zambien. Les Burkinabè ont tenu en échec les Chipolopolo et les Super Eagles du Nigéria. Avant de battre l’Ethiopie. En route, ils perdent leur meilleur artificier. Alain Traoré, auteur de trois réalisations, se claque et fait ses adieux à la CAN Orange Afrique du Sud 2013. Mais en quarts de finale, les poulains de Paul Put ont du répondant. Le Togo d’Emmanuel Adebayor ne tient pas le duel ouest-africain. Balayé par un but assassin du maître à jouer des Etalons, Jonathan Pitroïpa lors de la prolongation (105’). Charles Kaboré et ses camarades égalent de ce fait le palmarès de leurs illustres aînés de 1998. Mais, ils ne comptent pas s’arrêter là. En demi-finale, ils sont héroïques. Aristide Bancé, timide jusque-là, rappelle à la planète football qu’il est un attaquant de race. Sa complicité avec Pit fait plier le Ghana qui finit par rompre lors de la séance des tirs au but. Après avoir consommé le temps règlementaire et les prolongations en parfaite égalité (1-1). Le Burkina Faso remporte son deuxième derby et est en finale. Mais cette historique qualification a un goût amer. Le sinistre arbitre tunisien, Slim Jedidi, auteur d’une partie scandaleuse, expulse injustement Pitroïpa là où il devait lui accorder un penalty. Après avoir perdu Alain Traoré, le Burkina Faso redoutait de perdre Pitroipa, suspendu après son expulsion. Finalement, l’appel du Burkina Faso auprès de la Caf va aboutir. Slim Jedidi ayant reconnu s’être trompé sur le second carton attribué à Pit, la Caf a l’annulé, levant ainsi la suspension du talentueux joueur des Etalons. C’est donc avec Pitroipa, mais sans Alain Traoré, que le Burkina Faso va tenter d’écrire une nouvelle page de son histoire. Ce qui signifie que les Dagano, Koné Bakary, Charles Kaboré, Panadetiguiri, Djakaridja Koné, Aristides Bancé et autres doivent être plus que bons ce dimanche. Face à un Nigeria qui a sorti la Côte d’Ivoire en quarts (2-1) et laminé le Mali en demi-finale (4-1), il faudra être à plus de 100%. Surtout que Stephen Keshi, l’enfant du pays, veut prouver qu’il peut offrir le graal au Nigeria. Et ce ne sont pas les hommes ou le moyen qui lui font défaut. En effet, dans ce match, ce sont bien les Super Eagles qui se trouvent dans la peau de favoris. Ce qui n’était pas le cas face à la Côte d’Ivoire et même face au Mali. Naturellement, cela change un peu les choses. Car, pour une fois, ce sont eux qui sont attendus et le Burkina Faso, qui a déjà gagné sa CAN, va jouer relâché et sans pression. Contrairement aux Aigles qui savent qu’ils ont là une occasion rare d’accrocher une troisième médaille à leur vareuse après celles de 1980 et 1994. Tout l’intérêt de ce match est là. Attaquer ou contre-attaquer ? Les techniciens Paul Put et Stephen Keshi choisiront. Le public, pour sa part, attend un beau spectacle digne du bon niveau du football africain. 

 

 

Enyeama : “Le Nigeria n’est pas favori !”

Vincent Enyeam, le gardien du Nigeria se méfie du Burkina Faso - “Non, il n’est pas question d’être considérés comme des favoris. Toute autre équipe allant jusqu’en finale est une grande équipe. Le Burkina Faso a été incroyable pendant tout le tournoi. Nous avons fait match nul (1-1) avec cette équipe au cours de la phase de groupes. Ils n’ont pas perdu de tout le tournoi. Nous les respecterons. “C’est vrai que je n’ai jamais joué dans une équipe aussi jeune. Ce qui est très positif pour le groupe, c’est que la plupart de ces jeunes veulent démarrer leur carrière à la CAN par un succès. Ils ont soif de succès et veulent se faire un nom. C’est un gros plus pour l’équipe”. “Je profite juste du moment, et de cette belle dynamique qui est la nôtre.”

 

Traoré assistera à la finale pour encourager le Burkina

L\'attaquant burkinabé Alain Traoré, de retour en France après s\'être blessé lors de la phase de groupes de la Coupe d\'Afrique des Nations (CAN), assistera dimanche à la finale de la compétition pour encourager ses coéquipiers face au Nigéria. Le joueur de Lorient, touché à la cuisse gauche le 29 janvier contre la Zambie, était rentré en Bretagne pour se soigner mais le parcours exceptionnel de sa sélection l\'a incité à reprendre l\'avion dans le sens inverse pour l\'Afrique du Sud. Avant de se blesser, le Burkinabé âgé de 25 ans avait largement contribué à la qualification de son équipe pour les quarts de finale en inscrivant trois buts en deux matches.

 

 

Keshi - Put : l’autre bataille Cette finale se jouera également sur les bancs de touche. Stephen Keshi, qui a enfin eu la reconnaissance de son pays, veut terminer en beauté et offrir au Nigéria le trophée continental. Cet ancien international de 51 ans sait qu’il va entrer dans l’histoire si au soir du 10 février les Super Eagles montent sur le toit de l’Afrique. Ancien défenseur central du Stade d’Abidjan (1985) et de l’Africa sport d’Abidjan (1986), Keshi a collecté 13 sélections en équipe nationale. Avant d’entamer une carrière d’entraineur. Son fait d’armes est d’avoir qualifié le Togo pour la coupe du monde 2006. Depuis 2011, il a eu la confiance des dirigeants du football de son pays certainement exacerbés par les insuccès des techniciens expatriés. A la tête des Super Eagles, Keshi entame une véritable révolution. Des cadres sont chassés de l’équipe et Mikel Obi devient le seul patron à bord. Adepte du contre, Stephen Keshi est réputé pour savoir piéger ses adversaires. La Côte d’Ivoire de Sabri en sait quelque chose. C’est cet entraîneur local, qui va tenter d’apporter de l’eau au poulain de tous ceux qui pensent qu’en Afrique il y a de la valeur. Dimanche, il aura à faire face au Belge, Paul Put. Ancien entraîneur de la Gambie, Paul Put a repris les Etalons à Paolo Duarte en mars 2012. Peu connu sur le continent, il a déjà réussi là ce personne n’avait jusque-là fait. Même pas le sorcier blanc, Philippe Troussier. En effet, en qualifiant les Etalons pour la finale de la CAN, Put a plus qu’atteint son objectif. A présent, il tentera le coup du sombrero en allant chercher cette couronne qui n’a jamais séjourné au pays des hommes intègres. Il misera certainement sur l’engagement de ses garçons. Et il n’hésitera pas à exploiter les moindres erreurs que pourraient commettre le Nigéria. Il sait qu’il ne part pas favori et que cela, loin d’être un handicap, peut être une autre source supplémentaire de motivation pour ses vaillants Etalons. Au total, la bataille entre le Burkina Faso et le Nigeria aura lieu sur le banc. Entre un entraîneur local qui veut faire mordre la poussière aux expatriés et un Belge décidé à se faire un nom. Rendez-vous est donc pris pour ce dimanche à Soccer City de Johannesburg. 

 

 

 

 

Emenike et Bancé, avec cœur et puissance

La finale de la CAN-2013 entre le Nigeria et le Burkina Faso, dimanche à Johannesburg, sera l\'occasion d\'un duel à distance entre les attaquants Emenike et Bancé, les puissants fers de lance offensifs des Super Eagles et des Etalons.

Emenike : le \"truc\" en plus des Super Eagles

Le robuste attaquant du Spartak Moscou (25 ans, 1,85 m, 75 kg), dont le style et la puissance physique rappellent étrangement le légendaire Daniel Amokachi, a connu un début de carrière mouvementé avant d\'éclater lors de la CAN-2013 dont il occupe la première place du classement des buteurs à égalité avec le Ghanéen Wakaso (4 buts). Formé au Delta Force (Nigeria) puis exilé en Afrique du Sud, Emenike s\'est réellement révélé en Turquie sous les couleurs de Karabukspor, mais c\'est surtout son implication dans une sombre histoire de matches truqués, juste après son transfert à Fenerbahçe, qui a fait parler de lui. Arrêté et interrogé par la police turque en juillet 2011, il a très vite été relâché faute de preuve avant d\'être inculpé avec 13 autres joueurs. Le grand club stambouliote a d\'ailleurs préféré immédiatement s\'en débarrasser en le cédant au Spartak Moscou pour 10 millions d\'euros sans l\'avoir fait jouer la moindre minute. Au-delà de ses ennuis judiciaires, la CAN-2013 a été l\'occasion pour lui de prouver qu\'il était avant tout un redoutable chasseur de buts, aux côtés de ses deux compères Victor Moses et Ideye Brown. Sa frappe lourde sur coup franc a été le prélude à la débâcle de la Côte d\'Ivoire de Drogba et Yaya Touré en quart de finale (2-1). Il a ensuite récidivé en demi-finale contre le Mali (4-1), son missile étant cette fois dévié dans les buts des Aigles. Avant d\'être l\'homme de la finale?

 

Aristide Bancé : le grand cœur

C\'est un joueur qui ne passe pas inaperçu, avec sa stature de colosse (1,92 m, 96 kg) et ses dreadlocks blondes. Mercredi contre le Ghana en demi-finale (1-1 ap, 3-2 tab), Bancé était omniprésent. \"Avant le match, quelques amis m\'ont dit que c\'était mon jour, raconte-t-il à l\'AFP. J\'ai cru en ma chance, je me suis dit que je devais faire la différence.\" Il profite d\'un trou dans la défense ghanéenne et d\'une belle passe de Kaboré pour égaliser. \"Je shoote peut-être huit fois au but et je marque une fois, ça arrive\", regrette-t-il cependant, en référence à ses nombreuses tentatives infructueuses, lui qui est plus à l\'aise dans le combat que dans la technique, lui qui montre plus de coeur que de finesse. Il marque aussi son tir au but, d\'une panenka osée. \"Je me suis dit que le gardien allait bouger, j\'ai vu sa position, et ça a marché.\" A 28 ans, Bancé vivait son jour de gloire. \"J\'ai reçu beaucoup d\'appels, il y a des gens qui sont allés chercher ma mère et qui ont crié mon nom\", avance-t-il, ému. Il n\'a pas toujours eu cette reconnaissance, avec sa carrière chaotique après une expérience plutôt réussie à Lokeren en Belgique suivie d\'épisodes frustrants. \"J\'ai fait une belle saison à Mayence (en 2008-2009, ndlr), j\'ai marqué 14 buts et l\'équipe est montée, se souvient-il. En première division, j\'ai marqué 10 buts.\" Il se perd ensuite dans le Golfe et revient en Allemagne à Augsbourg, où il n\'a pas marqué en 15 apparitions en Bundesliga cette saison. Son rêve, la France, qui n\'a \"pas un championnat mauvais\", comme il le dit en riant.

 

 

 

Palmarès de la Coupe d\'Afrique des nations

1957 : Egypte (au Soudan), 4-0 contre l\'Ethiopie

1959 : Egypte (en Egypte), première de la poule finale

1962 : Ethiopie (en Ethiopie), 4-2 ap

contre l\'Egypte

1963 : Ghana (au Ghana), 3-0 contre le Soudan

1965 : Ghana (en Tunisie), 3-2 ap contre la Tunisie

1968 : Congo-Kinshasa (actuelle RDC) (en Ethiopie), 1-0 contre le Ghana

1970 : Soudan (au Soudan), 1-0 contre le Ghana

1972 : Congo (au Cameroun), 3-2 contre le Mali

1974 : Zaïre (actuelle RDC) (en Egypte), 2-0 contre la Zambie

1976 : Maroc (en Ethiopie), premier de la poule finale

1978 : Ghana (au Ghana), 2-0 contre l\'Ouganda

1980 : Nigeria (au Nigeria), 3-0 contre l\'Algérie

1982 : Ghana (en Libye), 1-1 ap, 7-6 tab contre la Libye

1984 : Cameroun (en Côte d\'Ivoire), 3-1 contre le Nigeria

1986 : Egypte (en Egypte), 0-0 ap, 5-4 tab. contre le Cameroun

1988 : Cameroun (au Maroc), 1-0 contre le Nigeria

1990 : Algérie (en Algérie), 1-0 contre le Nigeria

1992 : Côte d\'Ivoire (au Sénégal), 0-0 ap, 11-10 tab contre le Ghana

1994 : Nigeria (en Tunisie), 2-1 contre la Zambie

1996 : Afrique du Sud (en Afrique du Sud), 2-0 contre la Tunisie

1998 : Egypte (au Burkina Faso), 2-0 contre l\'Afrique du Sud

2000 : Cameroun (au Ghana et Nigeria), 2-2 ap, 4-3 tab contre le Nigeria

2002 : Cameroun (au Mali), 0-0 ap, 4-2 tab contre le Sénégal

2004 : Tunisie (en Tunisie), 2-1 contre le Maroc

2006 : Egypte (en Egypte), 0-0 ap, 4-2 tab contre la Côte d\'Ivoire

2008 : Egypte (au Ghana), 1-0 contre le Cameroun

2010 : Egypte (en Angola), 1-0 contre le Ghana

2012 : Zambie (au Gabon), 0-0 ap, 8-7 tab contre la Côte d\'Ivoire

 

Ont gagné la compétition :

7 fois : Egypte

4 fois : Cameroun et Ghana

2 : Nigeria et République démocratique du Congo (RDC)

1 : Afrique du Sud, Algérie, Congo, Côte d\'Ivoire, Ethiopie, Maroc, Soudan, Tunisie, Zambie

Avis des Algériens

Djadaoui : «Pour moi, ce sera le Nigeria»

Avant la finale de la CAN prévue ce soir à Johannesburg entre le Burkina Faso et le Nigeria, nous avons jugé utile de contacter l’ex-sélectionneur national Abdelghani Djadaoui pour avoir ses impressions : «Malgré la bonne surprise du Burkina Faso qui m’a fait forte impression contre le Ghana, je suis beaucoup plus favorable au Nigeria dans cette finale. Les hommes de Keshi ont beaucoup de qualités offensives et je pense qu’ils pourront faire la différence ce soir contre les Burkinabés», a le membre de la cellule de recrutement du FC Sochaux.

 

Laroum : «L’équipe la plus motivée l’emportera»

Pour l’ex-international, Boualem Laroum, on va assister à une finale intéressante entre deux styles de jeu différents, mais avec un seul objectif, celui de remporter le trophée. «A mon avis, les deux sélections méritent de disputer la finale, car, à partir du second tour, elles ont passé la vitesse supérieure. Je pense qu’on va assister à une opposition intéressante avec une bataille tactique entre les deux coaches. Je crois que l’équipe la plus motivée et qui a plus envie aura toutes les chances d’être sacrée championne d’Afrique», a-t-il indiqué.

 

Kadir : «Mon favori est le Nigeria»

Pour le milieu de terrain de l’OM, Foued Kadir, le Nigeria est le mieux placé pour remporter le trophée ce soir à l’occasion de la finale de la CAN 2013, dans une déclaration accordée au site officiel de Marseille : «Mon favori est le Nigeria qui a plus d’expérience sur la scène africaine, même si le Burkina Faso a beaucoup d’atouts à faire valoir. Je pense que l’opposition sera très intéressante et le public appréciera le spectacle.»

 

Djelloul : «Le Nigeria est plus complet»

L’ex-entraîneur adjoint des Verts, Djelloul Zoheir, penche pour le Nigeria qui reste le grand favori de la finale de ce soir. «Comme en 2012, la Zambie a créé la sensation en l’emportant face à la Côte d’Ivoire. Pour l’édition 2013, le Burkina Faso a surpris tout le monde en arrivant pour la première fois de son histoire en finale. Pour la confrontation de ce soir, je pense que le Nigeria a beaucoup de chances de décrocher le trophée. Les Super Egales ont une équipe complète équilibrée dans ses compartiments avec un jeu porté vers l’avant. Même si le Burkina a montré de belles choses jusque-là, mon pronostic penche pour le Nigeria.», a affirmé l’ex-coach d’Al-Nasr d’Oman.

K. H.

 

 

 

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