DOUKHA :  «J’ai la conscience tranquille»

Il aura été un des principaux acteurs de cette finale de coupe d’Algérie pour avoir effectué un contrôle raté qui a permis à la JSK de mener par un but à zéro jusqu’au coup de sifflet final. Lui c’est Azzedine Doukha, le gardien de but harrachi. Dans cet entretien, il nous parle de cette fameuse douzième minute et de ce but qui restera dans l’histoire.

 - Doukha, on imagine votre déception après la défaite d’hier (entretien réalisé lundi après-midi, ndlr). Ça doit être dur à digérer, non ?

- Perdre une finale est toujours difficile à digérer. On va jouer une finale de coupe en caressant le doux espoir de revenir à la maison avec le trophée dans ses bagages, alors quand on perd, c’est forcément la déception. Et puis, on est très triste aussi par rapport à nos supporters qui avaient tellement rêvé de ce trophée et qui étaient venus en nombre impressionnant nous soutenir. Nous sommes vraiment désolés pour eux, puissent-ils comprendre combien nous sommes tristes pour eux.
- Forcément, on va parler du but inscrit par Hamiti…
- Je m’attendais à ce que cette question fuse, c’était inévitable.
- Oui, bien sûr, parce que cette faute de votre part et ce but ont été le principal fait saillant de cette rencontre. Racontez-nous comment cela s’est passé ?
- Je voudrais tout d’abord dire que c’est le football et ce sport est ainsi fait. S’il n’y a pas de faute, il ne peut y avoir de but. Je ne suis pas en train de me justifier ou de jeter la balle à autrui, ce n’est pas du tout ma nature, mais je pense qu’il faut qu’on comprenne aussi que ce jeu, il est fait ainsi. Je ne tirerai pas la couverture vers moi, je n’accuserai personne, comme jamais je n’essayerai de cacher la vérité. Nous sommes parvenus en finale, alors qu’au début de la saison, personne n’avait misé le moindre sou sur nous. Nous sommes une équipe qui joue avec le cœur. Il est des équipes, comme l’ESS, l’USMA, le MCA et certainement d’autres aussi, dont la finale de coupe est un objectif écrit noir sur blanc en début de saison, ce qui est loin d’être notre cas, mais quand même avec la volonté des joueurs et de tous les membres du staff, nous sommes parvenus à atteindre la finale, ce qui n’est pas rien.
- Vous ne racontez pas l’action qui a amené le but...
- Le but ? C’est d’abord un coup franc pour nous dans les dix-huit mètres, plein axe. Je prends la balle et je joue à terre pour Adlane (Griche, ndlr) qui se trouvait à ma gauche. Au même moment, je demandais aux hommes du milieu et à nos attaquants de remonter. Moi, si je ne dégage pas loin, c’est parce que nous devons remonter la balle et, à aucun moment, je n’attendais le retour de balle et voilà qu’Adlane me la redonne, et comment ? La balle arrive en cloche, ce qui donne le temps à l’attaquant de la JSK, Hamiti, d’arriver à grandes enjambées. Là, tout s’enchaîne, j’essaye de contrôler, je rate mon contrôle, Hamiti surgit, la suite, tout le monde connaît.
- Vous ne vous êtes pas parlé, Griche et vous ?
- Sur l’action ? Non, parce que comme je viens de vous le dire, au moment où je lui donne la balle, je parle aux hommes qui sont devant et je leur demande de remonter. Je pense que nous n’avions pas le moindre mot à nous dire. On joue le coup franc, si c’était pour dégager loin, je l’aurais fait quand j’avais la balle et que je devais jouer le coup franc, j’aurais pu le faire tranquillement, mais dès lors que je donne la balle à un de mes défenseurs, c’est pour qu’on la remonte à terre. Donc, en plus que nous n’avions rien à nous dire, je ne m’attendais pas du tout au retour de balle, mais là, c’est arrivé, je tente le contrôle et je le rate. Et là, certains vont me demander pourquoi je ne remballe pas directement sans contrôle ? Et bien, la réponse est simple : si je frappe sans contrôle et sans appui, le risque de rater la balle est grand et si je fais ça et que je rate, on me demanderait de faire le contrôle, c’est un cercle vicieux, voyez-vous. Moi, je dis : c’est le football, on a commis une faute, on la paie cash, un point c’est tout.
- On a vu votre capitaine, Griche, venir vous embrasser sur la tête après le but. Qu’est-ce qu’il vous a dit ?
- Il est venu s’excuser. C’est un geste honnête de sa part, quand même. Adlane est un garçon correct, j’ai beaucoup de respect pour lui. A la mi-temps, il s’est excusé auprès de tous les joueurs, mais on ne lui en veut pas, parce que nous savons que c’est la loi du football. Cela dit, moi, je pense que la défaite est collective, nous devons tous assumer. Comme toutes nos victoires ont été collectives, nos défaites le sont aussi. Personnellement, je ne pense pas qu’on puisse imputer cet échec à un ou deux joueurs.
- Vous paraissez très serein…
- Oui, je le suis, parce que j’ai la conscience tranquille. J’ai toujours honoré mes engagements, j’ai toujours mouillé le maillot comme on dit. Dieu merci, je n’ai de problème avec personne.
M. O.

 

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