Le 2 décembre prochain, la Fifa se prononcera sur l'attribution des Coupes du monde 2018 et 2022. Parmi toutes les candidatures, celle des Anglais se détache et a d'ailleurs fait l'objet, mercredi, de l'admiration du président de la Fédération internationale en personne. De bon augure, même si la concurrence ne s'avoue pas vaincue…
Après l'Amérique du Nord en 1994 (Etats-Unis), l'Amérique du
Sud en 2014 (Brésil), l'Afrique en 2010 (Afrique du Sud), l'Asie en 2002
(Japon-Corée du Sud), le Mondial pourrait à nouveau faire escale en Europe en
2016, douze ans après l'Allemagne et vingt après la France. En effet, le 2
décembre à Zurich, la Fifa annoncera le nom de l'organisateur pour 2016 et, Ã
vrai dire, l'Angleterre est archi-favorite.
Une position très favorable qu'a confirmée le président de
la Fédération internationale, Sepp Blatter, en déplacement à Londres mercredi.
Reçu en grande pompe par le Premier ministre britannique, David Cameron, le
Suisse s'est montré dithyrambique. «L'Angleterre est la mère du football et lui
a beaucoup donné. (Sa) candidature m'a personnellement impressionné.
L'Angleterre peut organiser la Coupe du monde demain, il n'y a pas de
problème», a déclaré Sepp Blatter hier.
La Russie en outsider
Economiquement, le projet anglais est solide. Mais pas
seulement. Du point de vue des infrastructures, il s'appuie sur des stades
ultramodernes, à l'image de Wembley, refait à neuf, et de l'Emirates Stadium
d'Arsenal. Côté personnalités, Didier Drogba, David Beckham et Steven Gerrard
soutiennent l'Angleterre. Pas mal. «Tout ce que je peux faire pour le moment,
c'est de vous souhaiter bonne chance», a ainsi conclu Blatter. Mais les Anglais
en auront-ils vraiment besoin, le 2 décembre, tant leur candidature sort du lot
? Tant que rien n'est acté…
Qu'en est-il d'ailleurs du côté de la concurrence ? Les
Etats-Unis, l'Australie, l'Espagne avec le Portugal, mais aussi les Pays-Bas
avec la Belgique semblent en retrait. En revanche, la Russie a des atouts Ã
faire valoir. Défendue par l'ancien Bordelais Alexei Smertine, aujourd'hui
député, la candidature russe tient parfaitement la route sur les aspects
technique, infrastructurel et économique. Le Premier ministre Vladimir Poutine
viendra d'ailleurs défendre en personne son pays au siège de la Fifa en
décembre.
Hooliganisme, avantage Angleterre !
Mais une faille de taille persiste dans le projet russe : le
racisme, à l'image de ce que subissent certains étrangers de couleur dans le
championnat national. «Donnez-nous le temps de régler nos problèmes. Il en
existe ici, comme dans tous les pays du monde. Nous apprenons», clamait le mois
dernier le ministre des sports, Vitali Moutko, interrogé par le consultant de
RMC, Philippe Auclair.
Reste que l'Angleterre, elle, n'a plus ces problèmes. «Vous
avez apporté la sécurité dans les stades, soulignait hier encore Blatter. Si
toutes les fédérations et les ligues avaient des stades comme les vôtres, nous
aurions davantage de fair-play dans notre sport.» Encore une déclaration qui
tend à offrir le Mondial 2018 aux Britanniques. Le Mondial 2022, qui sera aussi
attribué le 2 décembre, penche cette fois vers le Qatar. A la faveur du
«turn-over des continents», les Qataris, soutenus par Zinédine Zidane, ont
l'avantage.
Attention à la «jurisprudence JO» …
En attendant, la décennie sportive sera européenne. Outre
l'Euro 2016 en France, Londres accueillera préalablement les Jeux Olympiques en
2012. Seulement six ans avant le Mondial promis à l'Angleterre ? A priori, cela
ne semble pas lui porter préjudice, même si le verdict définitif n'est attendu
que le 2 décembre. Pour les JO 2012, Londres avait coiffé le favori parisien
sur le poteau. Un coup que les Russes se verraient bien jouer à leurs homologues
anglais…